‹ Physique mécaniqueChapitre 5 sur 124 · BIOT · texte numérisé non relu

BIOT

Membre de l’Institut.

Août 1806.

§ i. science naturelle universelle, c’est-à-dire, l’ensemble de nos connaissances sur la nature, est, ou historique, et se nomme alors Histoire naturelle ; ou dogmatique, et porte le nom de Physique dogmatique.

§ 2. L’objet particulier de l’Histoire naturelle, est la recherche de tout ce que nous pouvons observer immédiatement sur les corps, afin d’en déduire leur classification. Cet examen conduit à partager cette science en trois grandes divisions : la Minéralogie , la Botanique, la Zoologie ; divisions déterminées par les différences essentielles qui existent entre les substances inorganiques et les êtres organisés.

§ 3. La physique dogmatique s’occupe de la recherche des forces naturelles et des lois d’après lesquelles s’opèrent les changemcns d’état des corps. Mais il faut d’abord apprendre à connaître les forces naturelles isolément et d’une manière abstraite, avant d’oser jeter ses regards sur les ^apports généraux de tous les phénomènes naturels. La première de ces considérations constitue la Physique théorique ; la seconde, la Physique appliquée .

5 4* La Physique théorique traite ou des forces naturelles qui agissent sur la nature organique, ou de celles qui agissent sur la

nature inorganique; elle est, d’après cette distinction, ou Physique organique , ou Physique inorganique.

§ 5. Tous les changemens qui arrivent dans les corps inorganiques , peuvent être classés en deux divisions : ce sont des changemens de l’ëtat extérieur des corps, ou de leurs propriétés matérielles internes. L’examen des premiers constitue la Physique mécanique ; l’étude des autres, la Physique chimique.

$ 6. Les phénomènes organiques dépendent des forces physiques modifiées par l’action de la vie; mais les principes et les lois de ces modifications ne sont encore connus que d’une manière très-imparfaite, qui se réduit presque à la simple observation. Sous ce rapport, la physique organique se divise en trois parties: l’une mécanique, Y Anatomie des corps organisés ; une autre, chimique, la Chimie des corps organisés ; et une troisième, particulièrement explicative, la Physiologie des corps organisés.

§ n. La Physique appliquée considère l’ensemble des phénomènes naturels dans leurs rapports réciproques , soit sur cette terre , et elle s’appelle alors Géographique physique; soitdans les cieux, et elle prend le nom d’ Astronomie physique. On y ajoute une troisième partie, mais qui existe plutôt spéculativement qu’en réalité ; elle tente de rechercher l’origine et l’état actuel delà nature: onia nomme Cosmologie. Ce qu’on présente sous le nom de Géologie , ou de Gèogonie, n’est qu’un fragment très-imparfait de cette science.

§ 8. D’après le plan de cet ouvrage, nous devons y traiter de la Physique mécanique que, jusqu’ici, en y mêlant quelque peu de Chimie et des élémens incomplets d’Astronomie et de Géographie, on a nommée exclusivement Physique , ou Science de la nature ; dénomination à laquelle, dans l’état actuel des connaissances naturelles, aucune partie ne peut avoir droit préférablement aux autres. La Physique mécanique est, dans ses élémens essentiels, presqu’entièrement mathématique: et, en général, à mesure que l’on s’avance plus profondément dans la connaissance de la nature, chaque partie de la

Physique proprement dite, acquiert une liaison plus intime avec les Mathématiques. Mais comme une exposition rigoureusement mathématique serait trop difficile pour le premier enseignement, on l’évite autant que possible, en employant le secours des expériences, c’està-dire, qu’on présente historiquement les résultats que les mathématiques démontrent, et qu’on les confirme par les expériences : de là l’idée d’une Physique expérimentale .

§ g. Le but particulier de la Physique mécanique, est de considérer l’état extérieur des corps inorganiques, ou, plus exactement, d’examiner les phénomènes du repos et du mouvement qui s’observent dans ces corps.

§ i o. Mais il y a deux genres de mouvemens très-différens : i.° le mouvement des corps produit par des causes sensibles, ç’est-à-dire, dont l’existence peut être constatée par nos sens ; 2.0 les mouvemens produits par certaines modifications des corps, et que nous apercevons sans avoir une idée nette de la cause motrice. De ce nombre sont les effets de la chaleur, de la lumière, de l’électricité, etc. , etc. On attribue, non sans vraisemblance, les phénomènes de ce genre à de certaines matières non perceptibles, que l’on nomme le calorique , la lumière , la matière électrique. D’après cette distinction, la Physique mécanique se divise en deux parties : i.° l’étude des corps perceptibles, 2.° et l’étude des substances non perceptibles.

L’étude des corps perceptibles est divisée en quatre sections qui traitent :

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