C. L.e Microscope composé
§ i6. Le microscope composé fut connu bientôt après l’invention
(i) M. Arcigo a récemment imaginé, pour mesurer le grossissement des instruinens d’optique, un procédé très-ingénieux, fondé sur la double réfraction , et que j’ai exposé dans mon Précis de Physique.
du télescope- mais son inventeur est ignoré. ( Gehler , III, i\ 5; Fischer > III , 579.)
Par rapport au grossissement, le microscope composé n’a aucun avantage sur le microscope simple; mais il a plus de champ, plus de lumière, et il est d’un usage plus commode pour considérer de petits objets.
On peut le former de deux, de trois ou de plusieurs verres. L’objectif est toujours une petite lentille de convergence, dont la distance focale n’est jamais de plus d’un demi-pouce : ordinairement on a plusieurs de ces lentilles dont les distances focales décroissent graduellement, parce qu’ici, comme dans le microscope simple, le grossissement est d’autant plus fort que la distance focale de l’objectif lenticulaire , est plus petite.
On place l’objet tout près devant le foj'cr antérieur de la lentille objective; conséquemment il se produit, à une grande distance derrière la lentille , une image de l’objet grossie et renversée (pag. '345, § 1 8 5 98) : on peut voir cette image au travers d’un verre de
convergence d’un oude deux pouces, comme au travers d’une loupe (pag. 345, § 18 jfig. 96). Telle est la construction du microscopes deux verres.
Mais la réunion de trois verres est préférable: on ne laisse pas se former l’image que produirait l’objectif lenticulaire , et qui s’effectue dans le microscope que nous venons de décrire; mais 011 la recueille avant sa formation a\ec un verre large d’environ trois pouces; de manière , que d’après ce qui est dit à l’article 5 (pag. 364 , fig. 108 ), il se produit derrière ce verre une petite image de l’objet, qui alors peut être vue comme avec une loupe au moyeu du deuxième oculaire, dont ladistancc focale et d’environ un pouce.
il n’est pas utile de réunir plus de verres, parce que la lumière eu est affaiblie. Le microscope perd même de sa netteté lorsque l’assemblage n’est pas calculé très-exactement.
§ 17. Le mécanisme extérieur du microscope composé, est fait li èsdifléremment par les divers artistes; c’est une partie assez essentielle pour la perfection de cet instrument. Il faut chercher des détails sur ceci , dans les Dictionnaires de Physique , et dans les autres grands ouvrages.
§ 18. Dans un microscope composé, le grossissement, le champ, etc. t
DE LA LUMIERE. 3- j
se calculent de meme que pour un télescope , par les distances locales des verres et leur éloignement; mais cette recherche théorique doit être omise ici, par la même raison que nous avons donnée en traitant du télescope (pag. 368, § i3).
Le grossissement s’évalue par l’expérience suivante : on met dans le microscope un petit objet d’une dimension exactement connue; on regarde avec un œil dans l’instrument, et avec l’autre , vers la pointe d’un compas qu'on tient à la distance de la vision distincte; on ouvre les pointes de ce compas, jusqu’à ce qu’elles paraissent éloignées l une de l'autre de la valeur du diamètre de l’objet vu par le microscope : on mesure cette distance sur un échelle de réduction, et on la divise parle vrai diamètre de l’objet. On emploie aussi pour le même but , la mesure de grossissement, décrite [§ 1 4? pag. 368) , et absolument de la même manière que pour le télescope; seulement, le nombre que donne la mesure de grossissement, lequel sera dans ce cas l’unité, ou plutôt même une fraction, doit être multiplié par la distance de la vue distincte, c’est-à-dire par huit pouces environ (pag. 3 1 3 et 3i4>$3) et divisé par la distance focale de l’objectif lenticulaire.