‹ Physique mécaniqueChapitre 93 sur 124 · BAG + T · texte numérisé non relu

BAG + T

Il ne s'agit donc que de mesurer ces deux angles, ce qui n'a aucune difficulté; cependant si l’on voulait trouver ce rapport avec une extrême précision, il faudrait employer pour n une formule plus

(i) Démonstration. La formule GMN — ( n — ij BAC, serait rigoureusement exacte, si les angles eux-mêmes, et non pas leurs sinus, étaient entre eux comme n * i. Dans cette supposition, et en observant que DEH = LEM , on a

LEM : LEF = zi : i ;

d’où l’on tiie

MEF ; LEF = t» — i : i ; de même, à l’autre surface, GFIv = LFM , et Fou a

LFM : LFE — n \ i ,

par conséquent ,

MFE : LFE = n — I : I .

De la deuxième et de la quatrième proportion , on déduit

MEF -f MFE : LEF -f LFE = n — i : i ,

on a de plus ,

MEF -f MFE = GMN,

LEF + LFE = ILF ,

par conséquent

GMN : ILF = n — i : x ;

or, ILF est supplément de ET-F ; et comme le quadrilatère AELF a deux do ses angles en E et en F, qui sont droits, ELF est supplément de EAF ; par conséquent ILF est égal à EAF, ou à l’angle réfringent du prisme. Ainsi la proportion précédente se change dans la suivante :

GMN I BAC = n — i : r,

GMN = {n —

d'où l'on tira

i ) BAC.

rigoureuse. On peut consulter sur ceci des ouvrages plus considérables. ( Voyez Gehler et Fischer, article Prisma et la Diop trique analytique de Kliigel.)

§ 6. Ce qui est dit aux articles 4 et 5, sur les phénomènes qui se* produisent au moyen du prisme, doit suffire pour en donner une idée claire.

Concevons un observateur dont l’œil soit place' en G, (fig. 1 1 4 ) > le point U duquel vient le rayon DEFG, lui paraîtra dans la direction GF, plus bas qu’il ne l’est réellement. Cependant si chaque rayon qui passe par le prisme, n’éprouvait qu’une déviation égale à ~ BAC, dans sa direction primitive , il est clair que tout l’effet du prisme, consisterait seulement en ce que tous les objets paraîtraient détournés de leur place d’une quantité égale à l’angle indiqué. Mais notre théorème (p. 3^3, $ 4:)? n’est applicable qu’aux rayons qui passent dans un plan perpendiculaire au prisme. Au contraire, les rayons qui , lorsqu’on regarde dans le prisme de la manière rapportée à l’article 2, viennent des objets placés de côté, sont plus fortement réfractés, parce qu’ils parcourent un plus grand espace à travers le prime , et parce qu’arrivant plus obliquement sur sa surface, ils doivent faire dans son intérieur un plus grand angle de réfraction. Ainsi, lorsqu’on regarde à travers un prisme une ligne droite horizontale et parallèle au tranchant du prisme, elle doit paraître arquée, et ayant ses extrémités dirigées \crs le bas , puisque la lumière qui vient de ces extrémités, est plus fortement détournée de sa direction primitive.

D’après ce qui a été dit sur les phénomènes qu’on observe dans une chambre obscure (pag. 3-J2 , § 3), on conçoit facilement la formation du spectre iiisé.

§ q. Lorsqu’on ôte le prisme BAC, {fig. 112), et qu’011 laisssc s tomber immédiatement sur la paroi opposée la lumière qui passe par la petite ouverture D , on ne Voit en GI1 qu’une image du soleil , ronde, blanche et mal terminée (pag* 3o5, (j i3). Maintenant, s’il ne se faisait aucune dispersion de couleurs par la réfraction , tout l’effet du prisme consisterait eu ce que cette image paraîtrait eu 1 A R, avec la meme couleur et avec une forme et une grandeur à peine | différentes. La figure alongéc de l’image YR; démontre donc incon- . tes table ment

Que la lumière réfractée FYR a une réfraction non uniforme $ puisque la partie qui est amende en V, par la réfraction, est déviée plus fortement de sa direction primitive, que la partie qui arrive en R; mais, en outre, comme limage montre une couleur différente à chaque point, il s^en suit

Que la lumière blanche du soleil , est divisée par la réfraction , en rayons de diverses couleurs , et que la lumière de chacune des couleurs , a un rapport de réfraction qui lui est propre.

Newton trouva dans l’espèce de verre dont était fait son prisme, le rapport de réfraction :

De la lumière violette i ,56 : i ,

De la lumière intermédiaire verte.. i,55 : i,

De la lumière rouge la plus extérieure i,5q ; i (i).

$ 8. Si toute la lumière qui passe par le prisme, était violette et d’une égale réfrangibilité, on verrait seulement en V, une image du soleil violette et ronde ; si cette lumière était uniquement rouge, on verrait en R une image rouge, et ainsi de même pour toutes les autres couleurs. Par là on peut se convaincre que l’image obi on g ue VR, {fig- 1 13) , consiste proprement en une quantité infinie d'images du soleil, rondes et placées les unes au-dessus des autres, de manière que chacune d’elles se trouve un peu plus haut que celle qui

(i) Ii es rayons verts qui sont, placés au milieu du spectre, ont, comme leur situation le démontre, une réfrangibilité intermédiaire entre les rayons extrêmes ‘ et. c’est par conséquent à eux seuls que la dénomination de rayons de réfrangibilité moyenne , semblerait devoir être appliquée. Cependant on a coutume dy joindre les jaunes les plus inférieurs, parce que la lumière est plus faible vers le côté V , qu’elle ne 1 est du côté R : les rayons jaunes sont donc réellement les rayons moyens, non pas , à la vérité par rapport à la situation , mais par rapport à l’éclat. Newton trouva pour leur rapport de réfraction dans le verre 17* 11, ou 1,5404 ! 1 j et c’est le rapport de réfraction qu’on a coutume d’employer pour les recherches où l’on n’a pas égard à la dispersion des couleurs.

On peut en effet, sans craindre aucune erreur, employer dans le calcul des pouvoirs réfringens, le rapport qui est donné par la lumière jaune; car, en observant avec des prismes dont l’angle est fort petit , et qui ne produisent par conséquent aucune dispersion sensible, 011 trouve précisément le même résultat, ainsi que j’ai eu l’occasion de m’en assurer.

ta précède. Dans la fig. \ i5, on n’a représente' ; pour l’intelligence du phénomène , que les images du soleil que produisent les sept principales couleurs; mais on voit aisément quels spectre solaire, (fig. 1 13) , lie peut pas être simplement formé de sept semblables cercles, mais d’une quantité innombrable, puisqu’autrement les lignes latérales AB et CD ne pourraient pas paraître droites (i).

§ 9. Ces principes se confirment par une foule d’expériences. Si, à quelque distance du prisme, on recueille avec un verre de convergence un peu large, la lumière colorée, on trouve de la lumière blanche au foyer du verre; au-delà du foyer , les diverses couleurs reparaissent dans un ordre inverse. Si l’on place un second prisme très-près du premier, mais dans une situation contraire, toute la lumière est de nouveau réfractée vers le bas, dans le même rapport qu’elle Bavait été vers le haut par le premier, et la lumière sort blanche du second prisme. On peut faire des expériences sur chacune des couleurs en particulier, en plaçant à quelque distance derrière le prisme, une surface noire ou sc trouve une petite fente horizontale très-étroite, à travers laquelle passe seulement une section mince et unicolore du spectre solaire. On isole encore mieux chaque couleur, en plaçant une seconde surface percée de même horizontalement à quelque distance derrière la première; de sorte que, par la seconde fente, il passe encore une ligne plus mince de la lumière que la première a transmise. On a ainsi la possibilité de faire des expériences sur la lumière d’une couleur quelconque; on peut l’examiner avec un prisme; on peut lui faire de nouveau traverser ce prisme, et évaluer son rapport de réfraction ; on peut , après avoir isolé de la même manière : deux ou un plus grand nombre de couleurs, les réunir ensuite avec un verre de convergence, ou avec un miroir métallique, etc.

§ 10. On a beaucoup agité la question suivante : en combien de couleurs la lumière blanche du soleil est-elle divisée par le prisme? Newton, dans son Optique, a toujours reconnu qu’elle l’est en nuances innombrables depuis le violet le plus sombre jusqu’au rouge le plus vif, et que chacune do ces nuances, telle faible qu’elle soit ,

( 2 ) La ligne droite est la tangente commune de tous ces cercles, parce qu'ils ont un égal diamètre , et elle est produite par leurs continuelles intersections.

a toujours un rapport de réfraction particulier. Ce sentiment est ïe seul soutenable pour quiconque a répété les expériences de Newton , et même pour quiconque les a étudiées avec attention. C’est pourquoi nous ne nous arrêterons point à expliquer les systèmes dans lesquels on veut regarder la lumière comme composée seulement de trois couleurs primitives , car ces systèmes sont contraires aux faits.

§ i u Les observations de Newton prouvent que les corps qui nous paraissent blancs, réfléchissent également toutes les couleurs du specke; au lieu que les corps qui nous paraissent colorés, sont tels, parce qu’ils réfléchissent plus abondamment certains rayons, et absorbent le reste : les corps qui nous semblent noirs, sont ceux qui absorbent presque entièrement la lumière qu’ils reçoivent. Ces remarques ne sont pas hypothétiques; mais elles reposent sur des faits rigoureusement constatés.

§ 12. On observe que les corps sont d’autant plus susceptibles d’être échauffés par la lumière du soleil, qu’ils la réfléchissent moins^ Comparez ceci avec ce qui a été rapporté ci-dessus dans la section de la Chaleur (pag. 99 et 100, §5).

Des Iris produits par les lames très-minces.

§ 14. Le prisme n’est pas l’unique moyen que nous ayons de décomposer la lumière solaire en diverses couleurs : des lames trèsminces de corps transparens, produisent aussi des effets semblables, ainsi que des bulles de savon ( 1). Newton fît beaucoup de recherches sur ce sujet , et il reconnut que cet effet est commun à toutes les lames minces de corps transparens, même sans en excepter l’air. 11 montra que, dans chaque circonstance, la couleur esten rapport avec l’épaisseur de la lame; et que, par conséquent , pour chaque épaisseur différente, il y a , dans la situation des couleurs, un ordre déterminé:

( 1 ) Ce que dit ici l’auteur demande une explication. A la vérité , les lames , minces et polies décomposent la lumière blanche qui tombe sur leur surface ; mais elles ne la résolvent pas dans ses ra}X)ns simples ; le prisme seul a cette faculté. Les couleurs réfléchies par les lames minces sont composées , et se laissent diviser parle prisme. Je pense aussi que, dans la théorie de ces couleurs , Newton est allé beaucoup plus loin que ne le suppose M. Fischer. J'ai ajouté quelques détails sur 90 sujet , à la fin du livre.

DE LA LUMIÈRE. 3~q

mais il n’est parvenu, ni lui ni aucun de ceux qui l’ont suivi h ramener la formation de ces couleurs à un principe aussi clair et aussi simple que celui de la formation des couleurs du prisme. Par conséquent, on doit se contenter, relativement à ce phénomène, de la considération générale suivante : c’est qu'il doit y avoir dans une lame mince et transparente, des réfractions et des réflexions très-variées ; et ceci fait concevoir pourquoi on y observe une décomposition des couleurs.

$ 1 5. Newton déduisait de ces observations une hypothèse sur les couleurs : il admettait que chaque corps est composé de lames transparentes très-minces, et que chacune de ces lames donne une couleur particulière, en raison de son épaisseur : effectivement, il y a des phénomènes qu’on ne peut guère expliquer autrement : les couleurs changeantes de la nacre de perle, de la pierre de Labrador, etc., doivent avoir une cause semblable : le verre et tous les autres corps transparens et incolores paraissent blancs, lorsqu’ils sont infiniment pulvérisés, parce que chacune des petites particules envoie de la lumière décomposée, et que la lumière blanche est produite parleur mélange, etc. Cependant il se présente beaucoup de difficultés, lorsqu’on veut généraliser les applications de cette hypothèse. Scion toutes les apparences, il existe une sorte d’attraction chimique, au moyen delaquelle chaque corps attire de certains principes constituais delà lumière, et les combine avec lui, de sorte que les autres seulement peuvent êtré réfléchis selon les lois de la mécanique de la lumière (i).

Observations générales sur la théorie des couleurs de Newton.

§ 16. La partie essentielle de cette théorie, consiste dans des faits incontestables et dans les conséquences qui s’en déduisent naturelle*, ment : ainsi ce qu’elle a de plus important reste invariable ; mais fréquemment elle a été mal comprise et faussement appliquée.

Surtout on a souvent confondu les couleurs qui sont produites par la décomposition de la lumière solaire, avec celles des substances maté-

( i ) Cette manière d’envisager les phénomènes , paraît en effet plus simple au premier coup-d’oeil ; mais quand on l’approfondit , on trouve qu’elle est infiniment moins probable que celle de Newton } c’est cc que j’ai tâché de prouyer dans mon Traité de Physique.

rielles, et on a appliqué à celles-ci, ce que Newton avait avancé pour les autres. A la vérité, les couleurs de toutes les matières colorantes, sont indubitablement produites par la réflexion des diverses lumières colorées ; mais comme il est probable qu’aucun corps, et par conséquent aucune substance colorante, ne réfléchit la lumière d’une seule couleur fondamentale simple , on ne peut pas attendre que les couleurs de ces substances , suivent les memes lois que les couleurs du spectre solaire. On démontre cependant que les couleurs artificielles les plus pures, ressemblent, jusqu’à un certain point , aux couleurs de la lumière solaire: pour cela, on se sert d’un plateau partagé en sept divisions, et où les couleurs principales du spectre solaire, sont imitées aussi exactement qu’il est possible ; lorsqu’on tourne le plateau avec une grande rapidité , il paraît tout-à-fait blanc. Ceci s’explique de la manière suivante : les impressions successives que reçoit la rétine, ne disparaissent pas instantanément ; en conséquence, nous éprouvons presque le meme effet, lorsque plusieurs couleurs se succèdent très-vite , que lorsque leurs rayons parviennent ensemble dans l’œil et s’y confondent réellement.

Lorsqu’un point lumineux infiniment petit est vu par réfraction à travers un prisme triangulaire, chaque espèce de rayon simple qui émane de ce point, en donne une image colorée de sa teinte particulière : l’inégale réfrangibilité des rayons de cette espèce, fait que ces images sont séparées et placées à côté les unes des autres, dans l’ordre que leurs couleurs occupent sur le spectre, celles qui sont formées des rayons les plus réfrangibles, étant les plus déviées. Maintenant si au lieu d’un seul point radieux infiniment petit, on regarde plusieurs points disposés les uns à côté des autres, chacun d’eux produit encore un spectre pareil; mais ces spectres peuvent se superposer en partie; de manière à produire du blanc dans le lieu de leur mélange: c’est ce qui arrive en général, quand on regarde des objets d’une dimension sensible. Aussi quand la surface des objets est blanche et également lumineuse, les parties intérieures de l’image réfractée , paraissent blanches, et la coloration de l’image ne se fait sentir qu’aux extrémités, dans le sens général de la réfraction (*).

On explique de la même manière tous les iris qu’on voit à travers un prisme.

(i) Nous avons substitué ce passage à celui cle l’oiiginal.

Effets de la dispersion des couleurs dans les verres optiques .

§ 17. Soit AB , [fig. 1 16), un verre de convergence; à une grande distance au-devant de lui, soit un objet CD dont la lumière blanche vient frapper le verre : il se produit dans ce cas , selon ce qui a été dit ci-dessus (pag. 344 et 345, § 16 et 18), une image renversée KH au foyer postérieur du verre mais : maintenant il est facile de concevoir sans calcul, que la distance focale d’un verre, est dépendante du rapport de réfraction, et quelle est d’autant plus courte que le pouvoir de réfraction est plus considérable : en outre, nous avons vu que les rayons violets sont plus fortement réfractés que les rouges : il est donc clair que les diverses couleurs qui composent la lumière, ne peuvent avoir un meme foyer. Soit donc Vie foyer des rayons violets, et R le foyer des rouges; on conçoit que la lumière blanche de l'objet CD, fera en V une image violette FG de cet objet, en R une image rouge LM; et, entre les deux, des images de chacune des couleurs prismatiques intermédiaires; de sorte qu’entre FG et LTVI , il y aura une quantité innombrable d’images superposées et colorées diversement. D'après cela, si l’œil de l’observateur est placé au-delà de LM, et qu’il regarde cette image, il ne la verra parfaitement terminée dans aucune de ses parties; l’indétermination s’accroîtra depuis le centre jusqu’aux bords, la couleur rouge dépassera toutes les autres, et l’image entière paraîtra entourée de couleurs irisées.

Cet effet doit avoir lieu dans tous les phénomènes produits par les miroirs sphériques, et il est d’autant plus frappant que la lumière est réfractée davantage, c’est-à-dire, d’autant plus que l’on grossit davantage l’objet.

§ 18. Nous connaissons donc maintenant deux causes de l’indétermination que l’on observe dans tous les instrumens d’optique.

i.° La première dépend de ce qu'il n’y a aucune courbure dans laquelle tous les rayons qui viennent d’un point, soient, en chaque circonstance, exactement réunis de nouveau en un seul point , et que, particulièrement, la courbure sphérique qu’on donne aux surfaces des verres, ne peut jamais effectuer parfaitement une réunion semblable de rayons de la meme nature. Les verres et les miroirs ont cette imperfection commune; on la nomme Y aberration de sphéricité ,

2.° La seconde cause de confusion , dépend du phénomène dont on vient de parler tout-à-l’heure : elle tient à ce que, pour un seul objet, dès que sa lumière est composée, il se produit plusieurs images diversement colorées et de diverses grandeurs, placées les unes derrière les autres. Cette dernière cause d’indétermination est, sans comparaison, plus importante que l’autre; mais elle n’a lieu que pour les verres , et non pas pour les miroirs de métal : on la nomme Y aberration de réfrangibilité,

§ 19. L’expérience montre cependant que l’œil supporte de trèsfortes aberrations des deux genres, sans qu’elles nuisent à la netteté autant qu’on devrait le supposer d’après les principes théoriques. Néanmoins, dans la fabrication des instrumens d’optique , on conserve, à cause de ces défectuosités, certains rapports entre la distance focale et l’ouverture du verre objectif, et ce soin ne peut être négligé, sans qu’il en résulte dans la netteté une diminution sensible. Aussi, la confection d’un instrument d’optique composé est-elle un travail difficile, et qui demande une connaissance approfondie de la théorie.

§ 20. Le beau phénomène de l’arc-cn-ciel s’explique complètement par les lois de la réfraction et delà dispersion des couleurs; mais toute la théorie qui s’j rapporte, est mathématique, cl appartient moins à la Physique mécanique qu’à la partie de la Géographie physique qui traite des phénomènes lumineux de l’atmosphère. ( Voyez 1 Optique de Newton , et la Physique de Ilai/y : voyez aussi le Traité de Physique de M. Biot . )

ADDITION

« i.° Si on fait converger les sept couleurs du prisme sur une même surface , au moyen de sept miroirs, on reforme du blanc : si Ton réunit d’un côté trois de ces rayons et de l’autre côté les quatre autres, on obtient deux nuances qui sont complémentaires Tune de l’autre, ou dont la réunion forme le blanc. Chacune des couleurs du prisme , est bien réellement une couleur simple , puisqu’on ne réussit plus à la décomposer : néanmoins quelques-unes de ces couleurs peuvent être produites artificiellement par la réunion de deux autres ; c’est ainsi que le jaune et le bleu donnent du vert ; le rouge et le jaune de l’orangé ; le bleu et le violet de l’indigo; le bleu et le rouge un beau violet : en sorte que quelques physiciens n’ont voulu reconnaître que trois couleurs primitives, savoir : le rouge , le jaune et le bleu ; mais on conçoit aisément comment la réunion de deux couleurs

toisînes, peut imiter la couleur intermédiaire. Il est essentiel d’observer que les rayons lumineux que l’on décompose par le prisme, ne fournissent pas toujours la totalité des couleurs du prisme ; il faut pour cela qu’ils soient composés d’une lumière parfaitement blanche. Ainsi le soleil à son lever ou à son coucher, ou une lumière artificielle , ne donnent jamais un spectre complet. Il y a des circonstances où le rayon qui colore la surface d’un corps , excite en nous la sensation d’uno couleur différente, où, par exemple , une surface naturellement blanche, nous paraît verdâtre ; une surface verte agit sur l’œil comme une surface bleue, etc. Ces couleurs qui n’ont lieu qu’en vertu de certaines conditions particulières , ont été nommées couleurs accidentelles , pour les distinguer des couleurs naturelles. Le célèbre Bujfon est un de ceux qui aient fait le plus de recherches sur les couleurs accidentelles, le comte de Rumford , Prieur (de la Côte-d’or) , et autres. Si sur un morceau de papier, d’étoife ou de verre d’une couleur rouge, par exemple , on tient une petite bande de carton blanc , parallèlement à la surface colorée et très-près de cette surface, le carton paraîtra bientôt d’un vert bleuâtre, et si on le fait mouvoir avec vitesse, en le tenant toujours à une petite distance de la surface colorée et même en contact avec elle, la couleur devient plus intense. Pour hâter la production de cet effet, on pourra tenir la substance colorée élevée au-dessus du niveau de l’œil et un peu inclinée en avant. On rendra cette expérience plus piquante, en découpant une carte blanche sous la forme d’un petit arbrisseau que l’on colle ensuite sur un papier rouge : si l’on donne à ce papier la position que nous venons d’indiquer, on verra le petit arbrisseau verdir à l’instant. La couleur accidentelle de la petite bande blanche, que nous avons employée plus haut , varie suivant la couleur naturelle de celle qui lui sert comme de fond : ainsi placée sur un papier bleu , elle donne l’orangé rougeâtre } sur un papier violet, le blanc verdâtre ; sur un papier vert, le violet rougeâtre} sur un papier orangé , le bleuâtre. La bande de carton peut avoir une couleur déterminée différente de celle du fond : une bande verte devient bleue sur un fond jaune } si elle est orangée , elle deviendra rouge sur le même fond. Le père Scherjfer , savant jésuite , paraît être le premier qui ait entrepris de donner la théorie de ces apparences singulières ( Journ . de Phys., mars 1780, pag. i^5 et suiv.), à cet effet, il part de la construction ingénieuse imaginée par Newton ( Opt . Lucis. Lib. I, Pars If, Prop. VI, Probl. II) pour déterminer l’espèce de couleur composée qui doit résulter d’un mélange de couleurs primitives dont les qualités et les quantités relatives sont données. Cependant l’explication de Scherjfer , toute ingénieuse qu’elle est, n’est pas exempte de difficultés ; M. Laplace en a proposée une autre. Pour qu’on puisse juger l’une et l’autre opinion, reprenons la petite bande blanche placée sur un fond rouge, laquelle excite dans l’œil l’impression du verd bleuâtre, c’est-àdire, la couleur qu’offrirait réellement la petite bande, si de sa blancheur on soustrayait la couleur du fond, ou le rouge, en observant que la couleur blanche est donnée par le vert bleuâtre et le rouge : suivant Scherff'er, lors -

qu'un sens reçoit à la fois deux impressions du mérne genre, l’une beaucoup plus vive que l’autre, celle-ci est comme neutralisée par la première : or , ici la couleur rouge du fond agissant avec moins de force sur l’œil que la couleur verte, qui est l’autre composante de la couleur blanche de la bande, l’œil n’est sensible qu’à l’impression de la couleur verte. Suivant M. Laplace , il existe dans l’œil une certaine disposition en vertu de laquelle les rayons rouges compris dans la blancheur de la petite bande, au moment où ils arrivent à l’œil, sont comme attirés par la couleur rouge prédominante du fond ; ensorte que les deux impressions n’en font plus qu’une, et que celle de la couleur verte se trouve en liberté d’agir comme si elle était seule. Suivant cette manière de concevoir les choses, la sensation du rouge décompose celle de la blancheur ? et tandis que les rayons homogènes s’unissent ensemble, l’action des rayons hétérogènes qui se trouvent dégagés de la combinaison, produit séparément son effet. On consultera avec fruit le Traité de Zuonomie par Darwin ; traduit de l’anglais par M. le professeur Kluyskens.

i.° M. Morichini , professeur de chimie à Rome, avait annoncé en iSi3, que de petits barreaux d’acier, exposés aux rayons violets du spectre solaire, acquéraient la vertu magnétique : ces expériences ont été répétées sans succès par M. Configliachi , de Pavie, ainsi que par M. Bérard, de Montpellier. Mist.rsa Somerville vient de publier sur ce point un mémoire qui a été lu à la Société royale de Londres , le 2 février 1826, et qui a pour titre : Sur le pouvoir magnétique des rayons du soleil , les plus réfrangibles ( Voyez Corr. Math, et Phys. Tom. Il, pag. 161 et suiv.). Nous ne pouvons ici que rapporter la conclusion de la série d’expériences faites par cette femme célèbre : Des résultats que J ai obtenus , je suis induite cl croire que les rayons les plus réfrangibles du spectre solaire , ont une influence magnétique , même dans nos climats septentrionaux. Elle annonce qu’elle remettra ses expériences ultérieures jusqu’à ce que le retour de l’été lui permette de les reprendre. M. Arago se propose de répéter les expériences de Mist.rss Somerville qui doivent l’étre aussi à Bruxelles et à Gand. Outre ces propriétés magnétiques des rayons solaires, on a distingué i.° leurs propriétés calorifiques ; 2.0 leurs propriétés chimiques ; 3.° leurs propriétés éclairantes. D’après les expériences de Rochon, physicien ingénieux, le rayon rouge possède la propriété d’échauffer au plus haut degré, et le rayon violet est celui qui échauffe le moins; il a assigné pour leur rapport celui de 8 * 1 et le célèbre astronome Herschell a trouvé 7 * 2 pour le même rapport ; suivant MM. Leslie et Bérard ; ce rapport serait de 1 G * 1. M. Leslie a répété les expériences de MM. Rochon et Herschell avec son Photomètre. MM. Scheele, Sennebier, IVollaston, Ritter, Beckmann, Bérard, Bailly ont constaté par des observations et des expériences l’action delà lumière solaire sur les phénomènes chimiques : on a recherché si cette propriété réside au même degré dans tous les rayons, M. Bérard a reconnu que du chlorure

d’argent tenu pendant deux heures dans la lumière rouge condensée , n’éprouvait pas d’altération sensible , tandis qu’en moins de cinq minutes, il se colorait assea fortement dans la partie violette. Si les expériences d’ Her schell sont confirmées, le rayon jaune possède le maximum de clarté ; le rayon vert jouit de cetta propriété à-peu-près au meme degré ; il y a ensuite Une dégradation sensible jusqu’au violet où se trouve le minimum.

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