TEMPÉRATURE DES POISSONS
Excès
de lu température Nom
EKSiGNATiON DE l'ANImAl. do rimimul de roLscrvoteiir.
sur (elledu milieu ambiant.
Brochet S^SS Krafft (1).
Carpe 1,94 J. Hunier (2).
Id 0,93 Broussonnet (3).
Petits poissons de 0,62 à 0,93 ïd.
Anguille 0,93 Id.
Carpe 3,00 Buniva (4).
ïd 0,86 Despretz (5).
Tanche 0,71 Id.
Id 0,50 Becquerel (6).
(1) Prœlectiones in physicam theoricam, 1750.
(2) OEuvr es complètes, t. lY, Y). 220 '22 \.
(3) Mém. de VAcad. des sciences, 1785.
(4) Mém. de l'Acad. des sciences de Turin , t. XII, an x et xi.
(5) Ann. de chim. et de phys., 2' série, t XXVI, p. 338. (G) Traité do jjhynquc, t. Il, p. 67,
126 PHYSIQUK MÉDICALE.
Excès
de la température Nom DÉSIGNATION DE l'ANIMAL de l'unimul de Toi. sei valeur.
sur celle dumilieu amljianl.
Requin. 1 °30 J. Davy (1).
Truite 1,10 Td.
Poisson volant 0,20 Id.
Ablette. 0,55 Martine (2).
Truite... 0,55 Id.
Grondin gris 0,65 Martins (3).
La température propre des poissons , très variable selon les espèces, a oscillé entre 0%20 (poisson volant) et 3%88 (brochet). Nous devons nous arrêter ici d'une manière spéciale sur deux faits très importants observés par J. Davy, et qu'à dessein nous n'avons pas placés dans le tableau précédent. Sur une bonite , pêchée dans les mers inter tropicales, J. Davy a constaté {U) que la température de l'animal, mesurée dans l'épaisseur des masses musculaires, l'emportait de 10" sur celle de l'eau de la mer, qui était elle-même à 27%20. Plus tard, il fit pêcher à l'entrée de la mer de Marmara (5) plusieurs pélamides, espèce de poisson migrateur. L'air était à 21% 67, la surface de la mer à 20% et le courant sous-marin dans lequel nageaient ces poissons à 16%67. Dans l'abdomen de la pélamide, le thermomètre monta à 22% 78, et dans l'épaisseur des masses musculaires à 23%89. En comparant la
(1) Ann.de chini. et de phys.f 2* série, t. XXXIII, p. 195.
(2) Loc. cit.
(3) Ann. dlxUl. nat., 3* série, Zoologie, 1840 t. V, p. 187. (i) Ann. dechim. elde phys.y 2*" série, t. XXXilI, p. 195. (5) Ann. f'e chim. etdephys., 3^ série, t. XIII, p. 174.
TEMPÉBATUKE DES ANIMAUX. 127
température de ces poissons à celle du courant sousmarin dans lequel ils vivaient, nous trouvons donc que leur température propre était de 6", 11 dans l'abdomen, et de 7%22 dans l'épaisseur des muscles du dos. Ces deux faits ont une grande importance, parce qu'ils mettent hors de toute contestation la production de chaleur chez les poissons, et prouvent en même temps que, chez eux, les masses musculaires jouissent, comme chez les mammifères et les oiseaux, d'une température supérieure à celle des autres parties du corps.
§ II — Température des articulés et des annélides.
S\vammerdam(l), sans fournir aucune évaluation thermométrique, dit que, même en hiver, la température des ruches d'abeilles est fort élevée au-dessus de celle de l'atmosphère. Réaumur (2), en hiver, par une température extérieure de — 3^75, a vu le thermomètre s'élever à -|- 12% 5 dans l'intérieur d'une ruche d'abeilles. Huber (3) a constaté des faits de même genre. Newport {U% par un froid extérieur de — 8°, 05, constata que l'intérieur d'une ruche était à — 1",1 ; les abeilles, ayant été éveillées et excitées, s'agitèrent, et la température monta à 21", 11. L'air extérieur étantà + 1",39, le même observateur trouva une température de 38%89 dans l'intérieur d'une ruche dont les abeilles étaient agitées. D'après
(1) Collection académique ^ savants étrangers, t. V, p. 2o8.
(2) Mém. pour servir à l'Iiist. des insectes, t. V, 13" mémoire.
(3) Nouvelles ohserv. sur les abeilles, t. U, p. 33C.
(4) Tra):sacii))is p]4'osopli]ues, 1 837, 2* partie.
les recherches de Newport, c'est en mai et en jum que les ruches d'abeilles, à l'état de repos complet, acquièrent le maximum de température propre. Il a vu l'excès de température s'élever à 15^56 dans un nid de guêpes, à 5", 55 dans un nid de Boinbus lapidarws, à 8", 33 dans un nid de Bombas sylvdrum, et à 12° dans une fourmilière de Formica herculanea, dans laquelle ces insectes étaient très agités. Evidemment cette élévation de température si considérable des ruches d'abeilles, des nids de guêpes et des fourmilières, résulte en grande partie de l'accumulation d'un grand nombre d'êtres vivants dans un espace très limité. Ces faits ne peuvent donc pas servir à donner une mesure iexacte de la température propre de ces animaux ; mais ils n'en démontrent pas moins d'une manière incontestable la faculté dont ils jouissent de produire delà chaleur, et, sous ce rapport, leur importance est très grande dans la question qui nous occupe.
Nobili et Melloni (1) ont cherché à déterminer la température propre des insectes à l'aide de l'appareil thermoélectrique dont nous avons donné plus haut une description sommaire. Ces deux habiles expérimentateurs n'ont relaté , dans leur mémoire, aucun des résultats particuliers de leurs observations; ils se sont contentés de dire : « Nous avons opéré sur plus de ^0 espèces indigènes » prises dans toutes les classes et dans tous les états de )) métamorphose où se trouvent successivement ces aniwmaux... Tous les écarts de l'aiguille furent positifs, » c'est-à-dire dans le sens calorifique de l'insecte; il n'y
(I) Ann.declim. et dephrs., 2"^ série, t. XLVIH, p. 209.
tempêràture des animaux. 129
» eut pas d'exception à cet égard. » Une affirmation aussi positive dans la bouche de deux physiciens aussi consciencieux et d'une habileté aussi éprouvée ne peut laisser subsister aucun doute sur la réalité de l'existence d'une température propre chez les insectes.
Dans son grand travail sur la température des insectes, Newport a constaté que la température propice est plus élevée chez les insectes volants, et parmi eux chez les abeilles et les sphinx, que chez tous les autres articulés. Nous aurons de fréquentes occasions de revenir sur ce mémoire important qui mériterait d'être cité en entier. Nous nous contenterons, pour le moment, de mettre sous les yeux du lecteur un tableau général des principaux résultats dont la science s'est successivement enrichie ; il suffit pour démontrer que tous les articulés et tous les annélides, placés dans des conditions normales, ont, pendant leur vie, une température supérieure à celle du milieu qui les environne.
TEMPÉRATURE DES ARTICULÉS ET DES ANNÉUmES.
DÉSIGNATIOÎÎ DE L' ANIMAL.
Excès de la tempi'rature
de l^uiirnal sur celle du milieu ambiant.
Nom de l'oljservaleur
Haussmann (1)
Id.
J. Davy (2).
Id.
Id.
(1) De miimaUum respiratione, 1803.
(2) Loc. cil.
DÉSIGNATION DE L' ANIMAL
Excès
delà tempéiatuie Nom
de ranimul de snr celle du milieu Tobservateur.
ambiant.
J. Davy.
Berthold (1).
Becquerel (2).
Id.
Chenille de ver à soie
Id.
Larve de Sphiox Atropos • • • t <
Id.
Bombus terrestris
Newport (3).
HcinnetoD •..
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Gryllus viridissimus. • •
Id.
TîrtmViiis liinîrifiriiic
Dutrochet (4).
Bombus hortorum • • • •
Id.
Id.
Hanneton
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
(1) Loc. cit.
(2) loc. cît,
(3) Transactions philosophiques, 1837, 2^ partie.
(4) Ann.d'hist, nat.y 2^ série, Zoologie, t. XIII.
DÉSIGNATION DE L'ANIMAL
Excès de la température
de runînial sur celle du milieu a ml^itiiitt
Nom de
l'observateur,
Dutrochet.
de 0,12 à 0,18
Id.
Id. .
Id.
Id.
Id.
Id. ^
Id.
de 0,56 à 0,85
Hunter (1).
Id.
Valentin (2).
Id.
Maja squinado (portant des œufs).
Id.
Nous devons cependant encore ajouter un mot. M. Regnault (3), dont l'autorité est si grande en pareille matière, a vu un thermomètre, maintenu au milieu d'un grand nombre de hannetons renfermés dans un sac à claire-voie^ monter à une température supérieure de 2" à celle de l'air environnant. Parmi les faits contenus dans le tableau précédent et empruntés à Valentin, nous devons faire remarquer celui qui se rapporte à une Maja squinado portant des œufs ; nous nous demanderons avec cet habile physiologiste, si l'élévation de la température
(1) Loc. cit., t. IV, p. 220.
(2) Répert. d'aiiat. et de phys.^ 1839, t. IV, p. 359. Dans ces observations de Valentin , la température de Uanimal est comparée à celle de l'eau de la mer.
(3) Ann. de chim. et de phys.^ 3^ série, t. XXVI, p. 517.
propre, dans ce cas, ne traduit pas une iniloence particulière exercée par l'état physiologique de Tanimal sur sa faculté de produire delà chaleur.
§ lîl. — Température des mollusques et des zoophytes.
mollusques. — Les obscrvatious bien faites ne manquent pas non plus pour démontrer que les mollusques, dans les circonstances habituelles de leur existence et de leur développement, produisent de la chaleur. Pour ne pas nous exposer à répéter continuellement les mêmes choses, nous devons nous contenter de réunir ici, dans un tableau, les principaux résultats de la comparaison de la température de ces animaux avec celle du milieu ambiant que nous avons trouvés dans les meilleurs recueils d'observations.