‹ Physique médicale [electronic resource]Chapitre 42 sur 46 · de graine sèche de trèfle (ton · texte numérisé non relu

de graine sèche de trèfle (ton

tenant, avant la ô^mmnafion. . 0,508 0,060 0,360 0,072 Après la germination , ne pèse

que 0,833, et ne contient plus

que 0,394 0,050 0,317 0,072

Pertes 0,114 0,010 0,043 0,000

Hydro-

CarLone. gène. Oxygène. Azole.

1 de graine sèche de froment Q^on-

tenant, avant la ô'ermma/iow. . 0,466 0,058 0,441 0,035 Après la germination , ne pèse

que 0,841, et ne contient plus

que 0,397 0,051 0,357 0,036

Pertes 0,069 0,007 0,084 —0,001

Il résulte de ces analyses que les graines, pendant la germination, détruisent une partie de la matière organique qui les compose. Les graines de trèfle ont perdu moyennement les 0,167 et les graines de froment ont perdu les 0,159 de leur poids. Cette perte porte inégalement' sur le carbone, l'hydrogène et l'oxygène. La quantité d'azote reste la même; la légère différence trouvée dans les graines de froment rentre dans les limites des erreurs possibles et doit être négligée.

La perte de carbone, dans les deux cas et surtout pour le trèfle, est telle que, conforménaent aux expériences de de Saussure, la graine a dû emprunter de l'oxygène à l'air pour faire de l'acide carbonique. Mais il est remarquable de voir que l'oxygène et l'hydrogène perdus ne sont pas dans les proportions convenables pour faire de l'eau. Pour la graine de trèfle, l'oxygène éliminé n'est pas en suffisante quantité pour brûler l'hydrogène : c'est le contraire pour la graine de froment.

Dans l'acte de la germination , tout ne se borne donc pas, comme le pensait de Saussure, à une élimination d'acide carbonique et d'eau. Les phénomènes chimiques de cette première période de la vie du végétal sont plus complexes. Les analyses de M. Boussingault démontrent qu'une portion du carbone, de l'hydrogène et de l'oxygène perdus est éliminée sous forme d'une combinaison ternaire non gazeuse. M. Boussingault, ayant constaté une réaction acide en faisant germer des graines sur du papier de tournesol, pense que le corps ternaire ainsi formé est un acide qui s'échappe sous forme de vapeurs, lorsqu'on dessèche la graine germée avant d'en faire l'analyse.

Dans un travail sur la germination (1), de Saussure a démontré que les graines oléagineuses brûlent une partie des matières grasses qu'elles renferment. Dans ce cas, le volume de l'oxygène absorbé l'emporte notablement sur celui de l'acide carbonique exhalé. La graine oléagineuse, pendant la germination, brûle évidemment du carbone et de l'hydrogène.

(1) Biblîoth. univ. de Genève. 1842, t. XL, p. 368.

Tout démontre donc que, pendant la germination, la graine absorbe une certaine quantité de l'oxygène de l'air, et brûle ainsi une partie de son carbone et de son hydrogène. Cette réaction est certainement la véritable source de la chaleur que dégagent les graines réunies en tas plus ou moins considérables dans les germoirs , et rend compte de l'excès de température qu'elles acquièrent.

B. Floraison. — De Saussure a très bien étudié l'influence exercée par les fleurs sur l'atmosphère (1). Il a placé des fleurs sous un récipient de verre plein d'air, et renversé sur un bain de mercure ; il les y a laissées vingtquatre heures, et au bout de ce temps il a analysé le gaz contenu dans la cloche. Les fleurs ont constamment absorbé de l'oxygène et exhalé de l'acide carbonique. Le volume du gaz exhalé s'est trouvé, dans l'immense majorité des cas, égal à celui de l'oxygène absorbé. Dans les cas rares, d'ailleurs, où la compensation n'a pas été exacte, c'est toujours l'acide carbonique qui a fait défaut, et la différence était assez minime pour qu'on doive l'attribuer à l'effet que la fleur produit sur ce gaz comme corps poreux et gorgé de liquides. La respiration des fleurs ne paraît donc pas s'accompagner de formation d'eau. D'ailleurs, de Saussure n'a jamais trouvé aucune trace d'hydrogène dans l'air qui a servi à la respiration des fleurs. Ses premiers essais lui avaient fait penser qu'elles exhalaient de l'azote, mais ses recherches ultérieures n'ont pas confirmé ce résultat.

(1) Ann. de chtm» et de phys.^ 3« série, t. XXI, p. 279.

En prenant, pour unité ^ le volume de la fleur ellemême, il a trouvé qu'en vingt-quatre heures, les diverses fleurs essayées ont absorbé l'oxygène dans les rapports suivants :

Volume de roxygène absorbe' par la fleur.

Giroflée simple (variété rouge) 11

Giroflée double (variété rouge) 7,7

Tubéreuse simple 9

Tubéreuse double ' 7,4

Capucine simple 8,5

Capuciue double 7,25

Datura arborea 9

Passiflora serratifolia 18,5

Carotte (ombelles de) 8,8

Hibiscus speciosus 8,7

Millepertuis 7,5

Courge (fleurs mâles) , 12

Courge (fleurs femelles). 3,5

Lilium candidum 5

Massette (chatons mâle et femelle) 9,8

Châtaignier (Chaton mâle) 9,1

Ces résultats indiquent qu'à volume égal, les fleurs absorbent des quantités d'oxygène variables avec l'espèce végétale à laquelle elles appartiennent. Il résulte aussi de ce tableau que les fleurs mâles consomment plus d'oxygène que les fleurs femelles^ et que les fleurs simples sont aussi plus actives que les fleurs doubles. Il devenait intéressant de comparer les fleurs de même espèce parvenues à des degrés divers de développement, et aussi les diverses parties qui composent une même fleur. Cette étude a été faite avec beaucoup de soin par de Saussure.

Comparaison des fleurs épanouies avec les fleurs en bouton :

Une fleur de Passiflora serratifolia^ en bouton, mise

en expérience dans les 12 heures qui ont précédé voL l'épanouissenient, a absorbé, en 12 heures 6 d'oxyg.

Une fleur de même espèce, épanouie, a absorbé, en 12 heures 12

Une fleur d'Hibiscus speciosus, en bouton, mise en expérience 48 heures avant l'épanouissement, a absorbé, en 24 heures 6 —

Une fleur de même espèce, épanouie, a absorbé en

24 heures 8,7 —

voL

en bouton 7,4 d'oxyg.

épanouie et fraîche ... . 12 —

commençant à se flétrir. 10 —

Une fleur mâle de courge a absorbé en 24 heures

Ces observations démontrent que plus les parties vertes £ont abondantes dans la fleur et plus la consommation d'oxygène est faible.

Comparaison des fleurs de sexe différent et des diverses parties constituantes des fleurs.

1" Fleurs de courge mises en expérience pendant dix heures :

vol.

/ par les fleurs mâles 7^6

\ par les fleurs femelles 3,5

Gaz oxygène absorbé. .< par les étamines 11,7

i par les pistils séparés de l'o-

\^ vaire 4,7

2° Chatons de massette mis en expérience pendant vingt-quatre heures :

vol.

ipar le chaton mâle. - 15 par le chaton femelle 6,2 par les chatons mâle et femelle réunis 9,8

536 PHYSIQUE MÉDICALIÎ

3° Fleurs de blé de Turquie mises en expérience pendant vingt- quatre heures :

Gaz oxygène absorbé. . \ P^»^'^^,^ « fleurs mâles. ..... t's

''^ (epis femelles avec leur tunique. 5,2

/t" Fleurs de giroflée simple mises en expérience pendant vingt- quatre heures :

Oxygène absorbé.

Î fleur entière iivoi. organes sexuels 18

5° Fleurs de capucine simple mises en expérience pendant vingt-quatre heures :

X Oxygène absorbé. . ,

vol.

fleurs entières 8,5

organes sexuels 16,.^

6" Fleurs de millepertuis mises en expérience pendant vingt-quatre heures :

vol.

1 fleurs entières 7,5

( organes sexuels 8,5

Oxygène absorbé.

7" Fleurs d'Hibiscus speciosm mises en expérience pendant douze heures :

vol.

^ . , , . I fleurs entières 5,4

Oxygène absorbé... j^^g^^^^^^^^^,^ g 3

Fleurs de Cobœa scandem mises en expérience pendant vingt-quatre heures :

vol.

Oxveène absorbé . i ^^"^^ ^"^^^''^^ ^'^

uxygene aosoroe. . . j ^^ganes sexuels 7,5

9° Fleurs mâles de courge mises en expérience pendant vingt-quatre heures :

vol.

Oxygène absorbé. . .

j fleurs entières ( étamines ....

De Saussure a fait des expériences de même genre sur trois espèces d'arum ; les résultats qu'il a obtenus présentent un grand intérêt.

1" Arum maculatum. Une fleur entière^ placée dans une cloche pleine d'air et renversée sur le mercure, exhala assez de vapeur pour obscurcir, en peu d'instants, les parois du vase. Cette fleur, laissée en expérience pendant vingt- quatre heures, absorba 30 volumes d'oxygène.

La même fleur ayant été replacée une seconde fois sous la même cloche, n'absorba plus, dans les vingt-quatre heures, que 5 volumes d'oxygène.

Cette observation est un fait important, en ce qu'elle démontre que l'absorption de l'oxygène suit, dans l'arum, la même marche paroxystique que la température propre de la plante.

Une fleur à! Arum maculatum fut divisée en trois parties; chacune d'elles fut mise séparément en expérience pendant vingt-quatre heures :

2° Arum dracunculus. De Saussure se contente de dire qu'il a obtenu des résultats du même genre avec cette espèce d'Arum, originaire des îles Baléares.

y Gouet serpentaire. La fleur entière, mise en expé-

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