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LIVRE DEUXIÈME

cherches, exerça de la manière la plus active ces génies féconds.

Les nombres relatifs à la mortalité varient beaucoup, et surtout vers l’époque de la naissance. La différence de ces nombres est telle, que plusieurs statisticiens exercés ont cru no devoir faire commencer leurs tables de population qu’à partir de l’âge de quatre à cinq ans. Les résultats qui précèdent cette époque diffèrent effectivement d’une manière extraordinaire, soit par le défaut de soins nécessaires à la première enfance, soit par l’insouciance des parents, soit par les difficultés locales qu’on rencontre encore pour inscrire exactement la mortalité des premiers âges.

Ces motifs avaient attiré mon attention, en rédigeant l’article Tables de mortalité dans le Dictionnaire d’économie • politique de France (i). J’avais eu soin d’indiquer les différences considérables qu’on peut y rencontrer, surtout dans lamortalité de la première enfance, selon qu’on réunit toutes les classes de la société, ou qu’on les sépare sous le rapport des professions, des degrés d’aisance, des sexes ou des pays. 11 y a de l’intérêt alors à vérifier l’opinion qu’exprimait le célèbre Gauss sur le même point : on trouve l’homme habitué à l’exactitude, et prompt à se transporter dans ses recherches sur le terrain qui le séduit. Il est intéressant surtout de lui voir faire l’examen des nombres fournis par la Belgique, dont il croit, et avec raison, les documents réunis avec tout le soin désirable. C’est un point qu’on peut lui accorder pour tout ce qui concerne les naissances , les mariages et les décès : peu d’Etats, je pense, à cause de leur peu d’étendue, ont des chiffres aussi

(1) Dictionnaire de réconomie politique , article Tables de morlalitêf tome II, pages 700 et suirantes, io-S**. Paris, OuiUaumîn et C*, 1853.

30i QUALITÉS PHYSIQUES.

e.xacts et aussi complets. Voyons quelques conclusions qu’il en a déduites :

“ J'ai pris la liberté, dans ma lettre au conseiller intime Collin, d’exprimer quelques vœux, notamment que la mortalité des enfants dans les premiers âges pût être partagée en périodes plus courtes. J’ai été amené à exprimer ce vœu par la remarque, que j’ai faite depuis longtemps, que la table donnée par Ad. Qiielelet (dans son Annuaire de 1844, page 193, et de 1846, page 185) peut la représenter, pour les si.x premiers mois, par une formule avec une précision presque merveilleuse. J’ai ajouté dans la lettre une autre proposition, que je pourrais modifier un peu, parce que je ne sais pas précisément sur quels faits reposent les données de l’auteur. Après avoir fini et cacheté cette lettre, je trouvai dans l’ouvrage de Quetelet sur l'homme, page 144 de la traduction allemande de Rieke, des nombres relatifs à la Flandre occidentale, qui paraissent avoir servi de base aux chiflfres de ï Annuaire. Je n’ai cependant pas voulu rouvrir et changer ma lettre (i).

“ Peut-être verrez-vous avec intérêt cette formule, si je la joins ici. Le dernier membre est représenté, pour les six premiers mois, par l’expression

(où log A = 3,98273 et n représente le nombre des mois) ; elle est donnée avec un degré d’exactitude que l’on ne rencontre pas dans les tables ordinaires de mortalité. Ensuite, de un à quatre ans, la formule donne plus que la table ; au contraire après cinq ans, elle donne moins. J’explique-

(1) Briefwechsel zioischen C.-F,Gauss und Schumacher. Corn»' poDdance de Qauu et Scbomacher, publiée par Peters, 5* vol.,

p. 3^, in-8^, 1863. Altona.

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