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LIVRE DEUXIÈME

Les termes maximum et minimum ne se présentent pas aux mêmes époques dans tous les climats ; ils semblent même avoir été déplacés dans quelques pays par suite de la civilisation, qui a fait disparaître des causes locales d’épidémies. Ces épidémies naissent surtout à la suite de fortes chaleurs, ou dans des lieux marécageux, ou dans l’enceinte des villes. M. Villermé en a signalé un exemple bien frappant, pour la ville de Paris (Annales d'Hygiène), dans le tableau suivant, où l’on trouve l’ordre des mois rangés entre eux, pour différentes époques, d’après le nombre décroissant des décès d’un jour moyen.

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Ce tableau est fondé sur deux millions de décès. « 11 en résulte, dit M. Villermé, que par l’effet de la diminution progressive des épidémies qui jadis, à la fin des étés, désolaient si souvent Paris, l’époque annuelle du maximum de

la mortalité, dans cette ville, a été déplacée. Pendant les années du xvii' siècle, pour lesquelles on a des renseignements, ce viaximutn tombait en automne, et maintenant c'est au printemps. Jadis, le minimum s'observait au commencement de l'été, et de nos jours, c'est un peu plus tard. Cette preuve des amélioTations qui ont eu lieu à Paris, depuis la fin du règne de Louis XIV, poursuit le même savant, suit dans l’état sanitaire de la ville elle-même, soit dans le sort, dans la condition de ses habitants, est décisive ; car on peut affirmer que les changements que nous venons de constater tiennent, non à un accroissement de mortalité pendant la saison qui en offre aujourd'hui le maximum, mais à ufie diminution durant la saison qui comptait autrefois le plus de décès. »

M. Villermé fait observer que les épidémies qui résultent de la disette exercent surtout leurs ravages aux époques annuelles où les aliments sont les plus rares, les plus difficiles à se procurer, ou les maladies qui dépendent des conditions pénibles de la vie, pour un grand nombre d'hommes, sont le plus multipliées ou bien le plus aggravées; et elles cessent après la moisson, qui ramène l’abondance. Par exemple, dans l’ancien royaume des Pays-Bas, à la suite de la mauvaise récolte de 1816, l’excès des décès devint très-sensible pendant l’année suivante, et particulièrement pendant les mois qui précédèrent la moisson nouvelle.

Quant aux épidémies, indépendantes des disettes, elles semblent se lier d’ordinaire avec l’été ou les chaleurs, et avec la première moitié de l’automne, du moins dans nos climats. C’est ce qui semble particulièrement résulter des recherches de M. Friedlander pour Londres, Dantzig, Malte, La Valette et Alep (i).

(I) I)€s épidémieSt etc. {Annales (VHygi^te, page 27 .

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