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LIVRE DEUXIÈME

D’après Wargentin, le maximum de la mortalité pour Stockholm se présenterait au mois d’août ; et il en serait de môme pour Montpellier, d'après Mourgue. Le déplacement du maximum dans ces vüles ne tiendrait-il pas à des influences locales? Il parait, au moins par l'exemple de la plupart des contrées de l'Europe, que le maximum des décès se présente assez régulièrement à la fin de l’hiver, et le minimum vers le milieu de l’été.

Mais cette observation était trop complexe pour qu’on ne dût pas chercher à analyser les faits particuliers quelle résumé. Il était intéressant de rechercher si les rigueurs de l’hiver sont également funestes à tous les âges, et si les nombres maxima et minima des décès tombent invariablement dans les mêmes mois, aux différentes époques de la vie, ou s’Us varient selon ces époques.

J’ai examiné avec soin cette question épineuse, malgré les calculs longs et fastidieux auxquels j’ai dû me livrer. Pour compléter autant que possible mes recherches, j’ai eu égard au séjour des villes et des campagnes et à la distinction des sexes, de manière que les tableaux que j’ai formés sont à la fois des tables de mortalité pour les différents mois, pour les hommes et pour les femmes, pour les villes et pour les campagnes (i). Je ne pense pas que ce sujet ait jamais été embrassé d’une manière aussi générale : il existait cependant quelques ouvrages spéciaux, et particulièrement sur la mortalité des enfants nouveau-nés. MM. Villermé et Milne Edwards avaient remarqué que la mortalité des nouveau-nés augmente par les chaleurs de

(1) Cei recherches sont basées sur les documents officiels qui m'ont été confiés au bureau de statistique établi prés du ministère de l'intérieur. Elles comprennent environ 400»000 observations concernant les différents Ages, et se rapportent à toute la Belgique et aux cinq années de 1827 A 1831. Cependant l'occupation de Maestricht et de Luzembourga laissé des lacunes dans les tableaux dressés pour la partie orientale du royaume.

l'été et plus encore par le^ rigueurs de l’hiver (i) ; mais leurs nombres, relatifs aux trois mois qui suivent la nais- • sance, n'établissaient pas de distinction pour chaque mois en particulier, ni pour les mois plus avancés.

D’après les recherches faites en Belgique, le maximum des décès de l’été n’est pas sensible pendant le premier mois qui suit la naissance ; mais, à partir de cette époque, il se place au mois d’août et se prononce le plus fortement vers le milieu de la première année; les deux minima, qui étaient confondus pendant le premier mois, se séparent ensuite de plus en plus jusqu’à cinq et six mois de distance, et vont se placer, l’un en avril et l’autre en novembre ; puis ils se rapprochent de nouveau pour venir se confondre encore, après la première année, et former un seul minimum en septembre. Ce résultat singulier se reproduit quand on considère séparément les tableaux de mortalité pour les deux sexes ; il se reproduit encore en faisant la distinction des villes et des campagnes ; mais le maximum de l’été se manifeste dans les villes dès le premier mois qui suit la naissance.

Quand on considère le nombre des décès qui suivent de près la naissance, il devient nécessaire de tenir compte de l’excès des naissances qui a lieu après l’hiver ; or, en tenant compte de cet excès, on trouve qu’il n’intlue pas d’une manière sensible sur les résultats énoncés précédemment. Il reste donc toujours vrai de dire que la plus grande mortalité, dans la première année qui suit la naissance, s'observe pendant l’hiver, qu’elle diminue au printemps, augmente un peu pendant les chaleurs de l’été, et subit ensuite une nouvelle diminution jusqu’aux approches de l’hiver ; de sorte qu’une température douce est celle

(I) Annales tTHygiènet 1829,

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