LIVRE DEUXIEME
trouverons, d’après deux de ses statisticiens les plus estimés (i) :
HabiLioU pour 1 dre».
1800 inclusivement.
D’après ces nombres, il y aurait en effet un décroissement de mortalité très-sensible; mais on sait que des omissions assez nombreuses ont eu lieu dans les chiffres mortuaires. M. Rickman lui-même pense que, psir suite de ces omissions, il ne faut compter que 1 décès sur 49 habitants au lieu de 1 sur 51, pour les cinq dernières années ; buidis que, d’après M. Hawkins, la mortalité aurait été de 1 sur 60, pour 1822 {2). Du reste, le recensement peut avoir été fautif; et ces ine.xactitudes, si elles étiiient corrigées, ne mettraient probablement que mieux en évidence une plus grande différence encore de mortalité , puisque le chiffre mortuaire est généralement d’autant plus faible qu’on mot plus de négligence à le recueillir. Cela supposerait toutefois que le chiffre de la population est exact.
Les changements survenus dans les grandes villes méritent surtout de fixer l’attention. En 1697, par exemple, le nombre total des décès s’élevait à Londres à 21,000; cependant, un siècle après, en 1797, le nombre n’était que de 17,000, malgré l’augmentation do population (3). Ces
(I) M. Marschal donne, pour la population de l'Angleterre et du pays de Galles, en 1700 et 1750, les nombres 5,475,000 et 6,4(57.000 et pour les décés 132,728 et 154,686. Les autres rapports sont puisés dans le dernier ouvrage de M. Rickman.
(2j Eléments of medical Statislics, by F. Bisset Hawkins, page 17.
(3) Eléments of medical Statistics^ page 18.
avantages ont été obtenus surtout depuis 50 à 60 ans, depuis que la ville a augmenté avec tant de rapidité sa population et ses limites. En remontant aux siècles précédents, on ne peut juger qu’avec les plus grands doutes sur les chitfres de population des villes et dos campagnes, même dans les pays les plus avancés pour la civilisation.
Les villes de Manchester, de Liverpool et de Birmingham ont présenté à peu près le même décroissement de mortalité que Londres. 11 est difficile de croire cependant qu’il ne se soit pas glissé quelque erreur dans de pareilles estimations.
La France a éprouvé, comme l’Angleterre, une diminution de mortalité, si l’on peut s’en rapporter aux documents anciens (i). Selon M. Villermé, on comptait, en 1781, 1 décès sur 29 habitants; on 1802, 1 sur 30; et actuellement, on en compte 1 sur 40 (2).
En Suède, de 1755 à 1775, il y avait 1 décès sur 35 habitants; de 1775 à 1795, 1 sur 37; et, en 1823, 1 sur 48.
De môme, à Berlin, de 1747 h 1755, la mortalité annuelle était de 1 sur 28; et, de 1816 à 1822, dans un rapport un peu moindre que 1 sur 34.
M. Moreau do Jonnès, dans une notice sur la mortalité en Europe, a présenté le tableau suivant, qui tend également à prouver l’inlluence de la civilisation sur le nombre
(1) M. FinlaysoD a réussi à ao procurer les registres des toDtiniers, tant en France sous Loue XIV qu'en Angleterre sous Guillaume III, et il s’est assuré que la vie desîtontiniers français était alors plus longue que celle dee tontiniers anglais. (Voyez à ce sujet les observations de sir F. D’Ivernois, Bibliothèque unizerselle de Genète» octobre 1833, p. 140.)
(2) Il est bon de prévenir néanmoins que la mortalité calculée pour le commencement de ce siècle est extrêmement douteuse. On peut voir à cet égard les Judicieuses observations de sir F. D’Ivernois dans la Bibliothèque nniterselle de Genève^ 1833.
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