‹ Physique socialeChapitre 218 sur 244 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

.‘Vvec un état civil bien tenu et avec des registres de population organisés comme ils le sont depuis le recensement général de 1846, il sera toujours possible de se rendre compte, quand on le voudra, de l’état et de la force de la population. Des recensements ultérieurs ne deviendront nécessaires qu’à de grandes distances : un pareil résultat était d’autant plus désirable que les recensements ne se font qu’avec les plus grandes difficultés et au moyen de fortes dépenses. Toutefois, le gouvernement ne doit pas perdre de vue que tout réside dans la tenue régulière des registres de population et dans des inspections périodiques, sévères, qui en assurent la stabilité. Des négligences à ce sujet compromettraient tout le service (i).

Je ne m’arrêterai pas à mettre eu évidence quelques résultats qu’on peut déduire de la table précédente, ni à rechercher jusqu’à quel point deux tables de population obtenues par la voie du recensement et par les chiffres des décès peuvent s’accorder entre elles (a).

Quand une population est stationnaire, c’est-à-dire quand on compte annuellement autant de décès que de naissances, les tables de mortalité sont considérées comme de vraies tables de population. Ainsi, d’après la table générale donnée plus haut, pour 1 ,000,000 <le naissances, on compterait 975,946 enfonts de plus d’un an, 952, 196 de plus de deux ans, 928,745 de plus de trois ans, et ainsi de suite (3).

(1) Un noQveau recensement a été fait en 1856; mais les résultats nont fait que confirmer ceux obtenus précédemment* Nous ne connaissons pas encore les nombres du dernier recensement de 1866.

(2) On pourra consulter avec avantage, sur les recensements, difTérents écrits , et spécialement : Census of ihe population , par M Babbage, Edinhurgh Hevievo^ n* 97 ; Letter to llis Grâce the duke of Hamilton and Brandon ^respecting the parochial Registers of Scotland, par M. J. Cleland. Glaaco'w,’l834, in 8®.

(3) *■ Ce partage de la population, suivant les âges, est peut-être le résultat le plus important & considérer, dans l’estimation de la prospérité d'un

Il suffirait, d’après la théorie, qu’une population fût stationnaire, c’est-à-dire que le nombre des naissances annuelles fiU égal à celui des décès et constant, pour pouvoir déduire la table de la population de celle de la mortalité. Cette seule condition toutefois n’est pas suffisante : il faut de plus qu’à chaque âge corresponde annuellement le même nombre de décès, afin que la proportion des survivants reste, aux différentes époques de la vie, à peu prés invariablement la même, et que les nombres consignés dans les tables de mortalité de chaque année se reproduisent identiquement. Pour faire sentir la nécessité de cette condition, supposons qu’on forme une table de mortalité d’après une période triennale pendant laquelle la population aurait été stationnaire ; et supposons de plus que, par une cause quelconque, la mortalité ait frappé de préférence, pendant cette période, les individus de trente ans, en épargnant par compensation ceux qui venaient de naître, puis que tout se rétablisse dans l’ordre accoutumé. 11 arrivera que la table de population qu’on déduira de cette table de mortalité ne représentera pas véritablement l’état habituel des choses ; elle indiquera, pour trente ans, une population trop faible, et pour les enfants- en bas âge

Eut, si, coicmo MalthuH parait l'avoir prouvé, le nombre dea naissaDcea, augmentant beaucoup des qu'il e’e&t fait un vide dans la population, mémo à la auite de fléaux destructt urg, n'est pas propre à faire juger des pnigréa de cette population et de sa force réelle. En effet, cette dernière tient au nombre d'individus dans la vigueur de l'âge, et dont toutes les facultés sont développées autant que le pei-met l'état de la civilisation, secondé par une bonne distribution de moyens d’existence. Une nation parvenue à cet état doit rem|>orter sur celle où il naîtrait plus d’enfants, dont la perte, tresmultipliée, se réparerait aussi trés-aisément ; mais qui, par cette destruction prématurée, fournirait en proportion moins de sujets pour l'àge adulte. Un accroissement dans cette partie de la population n'est qu'une charge pour l'État. " (Lacroix, Traité élémentaire du calcul des probaOililés, p. 207, 1833.)

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