LIVRE PREMIER
résultaute de différentes forces qu’il serait iioii-seulemeiit impossible d’estimer individuellement, mais qu’on ne saurait même énumérer d’une manière complète. Ainsi, l’on est disposé à croire que les forces qui ont prolongé à Genève la durée de la vie moyenne , proviennent de ce que l’homme y a rendu ses habitations plus saines, plus commodes ; de ce qu’il a amélioré son état d’aisance, sa nourriture, ses institutions; de ce qu’il est parvenu à se soustraire à l’influence de certaines maladies, etc. : il peut sc faire môme que l’homme, par sa force perturbatrice, ait fait varier la nature du climat, soit par des déboisements, soit par les dérivations des eaux, soit par d’autres changements quelconques.
10. OBJET DE CET OUVRAIIE ; DIONITÉ DES RECHERCHES RELATIVES A l’hOMME.
L’objet de cet ouvrage est d’étudier, dans feurs effets, les causes, soit naturelles, soit perturbatrices, qui agis- , sent sur le développement de l'homme ; de chercher à mesurer l’influence de ces causes et leur mode d’action réciproque.
.le n’ai point en vue de faire une théorie do l’homme, mais seulement de constater les faits et les phénomènes qui le concernent, et d’essayer de saisir, par l’observation, les lois qui lient ces phénomènes entre eux.
L’homme que je considère ici est, dans la société, l’analogue du centre de gravité dans les corps ; il est la moyenne autour de laquelle oscillent les éléments sociaux : ce sera, si l’on veut, un être fictif pour qui toutes les *- choses se passeront conformément aux résultats moyens obtenus pour la société. Si l’on cherche à établir, en quelque sorte, les bases d’une physique sociale, c’est lui
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qu'on doit considérer, sans s’arrêter aux cas particuliers ni aux anomalies, et sans rechercher si tel individu peut prendre un développement plus ou moins grand dans l’une de ses facultés.
Supposons, par exemple, qu’on cherche à savoir quelle est l’influence perturbatrice de l’homme pour modifier sa force physique. Au moyen du dynamomètre, on pourra estimer d’abord la force des mains ou des reins d’un grand nombre d’individus de différents âges, depuis l’enfance jusqu’à la vieillesse, et les résultats obtenus de cette manière, pourun pays, donneront deux échelles de forces qui mériteront d’autant plus la confiance que les observations seront plus nombreuses et auront été faites avec plus de soin. En comparant plus tard les échelles obtenues par les mêmes moyens et sous les mêmes influences, mais à des époques différentes, on reconnaîtra si la quantité do force a diminué ou augmenté par l’action perturbatrice de l’homme. Cest cette variation que subit tout le système qu’il importe de signaler dans une physique sociale. On pourrait encore déterminer de la même manière les variations qu’ont subies les différentes classes de la société, mais sans descendre jusqu’aux individus. Un homme, par une taille colossale ou par une force herculéenne, fixera l’attention d’un naturaliste ou d’un physiologiste; mais, dans une physique sociale, son importance disparaîtra devant celle d’un autre homme qui, après avoir reconnu d’une manière expérimentale les moyens de développer avantageusement la taiUe ou la force, parviendra à les faire mettre en pratique et produira ainsi des résultats qui deviendront sensibles dans tout le système ou dans une de ses parties.
Après avoir considéré l’homme aux différentes époques et chez les différents peuples, après avoir déterminé succes-
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