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LIVRE DEUXIÈME

parant soit au chiffre de la population, soit au nombre annuel des mariages. Dans le premier cas, on a la mesure de lu fécondité de la population, et dans le second cas, celle de la fécondité des mariages. Les statisticiens se servent de l'une et de l’autre do ces deux mesures, qui demandent néanmoins à n’étre employées qu’avec de grandes précautions (i).

Quand on met en parallèle deux pays, sous le rapport de la fécondité des mariages, il faut avoir soin de ne comparer que le nombre des naissances légitimes au nombre des mariages. On conçoit, en effet, que si Ton rapportait indistinctement toutes les naissances au nombre des mariages inscrits, la fécondité devrait paraître trop forte, et l’erreur serait d’autant plus grande qu’il y aurait plus de naissances illégitimes et moins de mariages régulièrement constatés. Le conti-aire pourrait avoir lieu dans un pays

CM n'est le môme que pour les miliciens pris à un Age déterminé ; mais les résultats présentent la même similitude dans l'arrangement des grandeurs. L'abscisse 09 indique, par sa longueur, 9 mois; et l'ordonnée 9 a indique, par sa hauteur, le nombre d'enfants nés À cet âge. De même, pour 7, 8, 10 et 11 mois; les deux coordonnées rectangulaires marquent Yàÿe et le nombre d’en^anis viables nés â cet âge. En d'autres termes, \e jourbe a pour coordonnées l'âge des enfants et leur nombre respectif

(i) Voyez la manière de calculer, psges 439 et suiv. du Mémoire Sur le physique^ le moral et Vinielligence de Vhomme, 8* volume des Bulletins de LA Commission de statistique de Belgique, in-4'>, 1860.

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OÙ l’on mettrait plus d’importance à établir le nombre annuel des mariages que celui des naissances. En général, il faut se défier du nombre qui exprime la fécondité des mariages d’un pays, quand les livres de l’état civil sont mal tenus ou quand les inscriptions ne s’y font pas d’une manière uniforme. Je crois pouvoir signaler particulièrement les anciens renseignements de l’Angleterre comme présentant des nombres qui ont souvent induit en erreur les écrivains qui s’en sont servis (i).

Malthus fait observer que le rapport des naissances aux mariages, pris pour mesure de la fécondité, suppose une population stationnaire; si la population était croissante, par exemple, plus son accroissement serait rapide et plus la fécondité réelle des mariages surpasserait le rapport des naissances aux mariages. Cet habile économiste signale encore plusieurs autres circonstances auxquelles il convient d’avoir égard dans l’estimation de la fécondité, telles que les mariages en secondes et troisièmes noces, les mariages tardifs consacrés par des habitudes locales, et les émigrations ou les immigrations fréquentes (s).

Sous le rapport de l’économie politique, le chiffre qui exprime la fécondité d’une population a peut-être plus d’importance que celui qui exprime la fécondité des mariages. L’économiste, en effet, s’occupe généralement plus des accroissements que reçoit la population que de la manière dont ces accroissements s’opèrent. La fécondité des mariages pourrait être exactement la même dans deux

(1) Malthut, Essai sur U principe de population, tome II, page 2IS, édition de Oenéve, 1830. Cependant lea naiaaancea aujourd'hui aont conatatéea avec science, bien que la législation ne donne pas encore toutes les assurances désirables.

(2/ Ibid., tome II, page 219.

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