‹ Physique socialeChapitre 39 sur 244 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

pays différents, sans que celle de la population fût la môme ; dans les pa}'s, par exemple, où la prévoyance rend les mariages moins nombreux, il y aura moins de naissances. Au contraire, dans dns pays dont les habitants sont imprévoyants, comme aussi dans des pays nouveaux, où les immigrations sont nombreuses et où les établissements sont formés par des personnes généralement en âge de se reproduire, on remarquera une fécondité très-grande, eu égard à la population. Ce sont des distinctions importantes à faire pour éviter toute espèce d'erreur soit dans les évaluations, soit dans les rapprochements de nombres (i).

Une autre erreur assez commune aux ouvTages de statistique est celle qui provient d’une évaluation fautive de la population; on n’y a peut-être pus eu assez égard jusqu’à présent. Quand les recensements ne se font pas avec exactitude, on obtient, en général, pour valeur de la population, un chiffre trop faible, et celui de la fécondité qu’on en déduit doit paraître trop élevé. C'est une erreur que je signale ici parce que, moi-même, je l’ai faite dans mes premiers essais sur la statistique et en parlant de la fécondité dans l’ancien royaume des Pays-Bas ; il en est résulté que certaines provinces se trouvaient dans un état très-défavorable comparativement à d’autres; mais un examen plus approfondi m’a fait voir ce qui pouvait donner lieu à des méprises, et m’a porté à solliciter avec de vives instances, auprès du gouvernement, un recensement devenu nécessaire, et qui eut etfectivement lieu en

Il e.xiste un cas particulier pour lequel le rapport entre

(I) En Bavière, par exemple, il faut, pour ae marier, faire preuve d'un certain revenu; cette circonstance donne lieu à beaucoup de naisaancea illégitimes.

la fécondité d’un pays et celle d’un autre pays demeure exactement le même, soit qu’on l’estime d’après la population, soit qu’on le prenne d’après le nombre annuel des mariages, c’est quand les populations d’un pays que l’on compare sont homogènes ou composées des mêmes éléments; quand, des deux parts, on compte annuellement un même nombre de mariages pour un même nombre d’habitants (i).

J’ai cru devoir présenter les observations précédentes sur l’évaluation de la fécondité, avant d’examiner tout ce qui se rapporte aux naissances. Nous pourrons procéder, du reste, d’une manière plus sûre, en cherchant à apprécier successivement l’influence qu’exercent sur les naissances les causes naturelles et les causes perturbatrices.

(1) Quelque» Ugnee de calcul feront facilement comprendre ce que J'aTance. Soit fia fécondité d'un pays, n le nombre annuel des naissances légitimes, m celui des mariages, c le restant de la population ; et f, n', m' et c' respecti?ement les mêmes nombres pour un autre pays; on aura, pour la fécondité des mariages, la proportion

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Maintenant, si les populations sont homogènes, comme nous le supposons, on aura aussi

Or, si nous multiplions les deux termes du dernier rapport de la proportion par cette égalité, nous aurons

riaulUt conforme & ce qui eat avancé dans le texte, puisque les termes du dernier rapport représentent la fécondité de la population.

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