INFLUENCE DES SEXES
Il est un fait remarquable et observé depuis longtemps, quoiqu’on n’en connaisse point encore les véritables causes : c’est qu’il naît annuellement plus de garçons que de filles. Comme du reste le rapport des naissances masculines aux naissances féminines s’écarte peu de l’unité pour les différents pays où il a été calculé, il a fallu recourir à des observations nombreuses pour le déterminer avec quelque précision. Ajoutons encore que la mortalité des enfants du sexe masculin est beaucoup plus marquée pendant et après les premiers temps de la naissance. D’après plus de quatorze millions et demi d’observations faites en France, depuis 1817 jusqu’en 1831, la valeur de ce rapport a été de 106,38 à 100, et sa valeur moyenne a peu varié en passant d’une année à l’autre (i).
Pour savoir si le climat influe sur le rapport dont il est question, on a considéré séparément une trentaine de départements les plus méridionaux de la France. Les naissances, dans ces départements, depuis 1817 jusqu’en 1831, ont été de 2,119,162 garçons et de 1,990,720 filles; le rapport du premier nombre au second est celui de 105,95 à 100, à peu près comme pour la France entière. Ce résultat porterait donc à conclure que la supériorité des naissances des garçons sur les naissances des filles ne dépend pas du climat d’une manière sensible (2).
Pour mieux apprécier cependant l’influence qui pourrait être exercée par le climat, il convient d’étendre nos recherches au delà des limites de la France. En prenant nos
(1) Annuaire du Bureau des Longitudes, 1834.
(2) Ibid., 1834.
données dans les principaux États de l’Europe, nous trouvons les résultats suivants, d’après M. le capitaine Bickes, qui a recueilli plus de 70 millious d’observations (i).