‹ Physique socialeChapitre 80 sur 244 · I.IVRE DEfXlKME · texte numérisé non relu

I.IVRE DEfXlKME

exercer sur lu fecondiU! le découragement et l’imprévoyance (i). Quand l’homme ne raisonne plus, qu’il est démoralisé par la misère et qu’il vit au jour le jour, les soins de la famille ne le touchent pas plus que ceux de sa propre existence, et, poussé par le seul plaisir du moment, il se reproduit, sans inquiétude pour l’avenir, eu remettant, pour ainsi dire, à la Providence, qui l’a nourri luiméme, le soin des enfants auxquels il donnera l’existence.

La prévoyance doit rendre aussi les mariages moins féconds, parce que l'homme cherche moins à se reproduire s’il peut craindre que sa famille, en devenant trop nombreuse, sente un jour les atteintes du besoin ou même se ■ trouve dans la nécessité de s’impose!' des privations et de renoncer à une certaine aisance à laquelle elle était habituée. Je ne doute point que des recherches spéciales, entreprises dans la vue d’éclaircir ce point intéressant, ne viennent un jour continuer ces conjectures; elles seraient I de la plus grande utilité pour indique!' la marche à suivre i dans tout ce qui se rapporte à l’instruction qu’il convient I de donner au peuple.

Un des exemples les plus frappants des effets de l’indolence, de la pauvreté et de la démoralisation d’un peuple, nous est donné par la province deGuanaxuato, au Mexique, où l’on compte annuellement 100 naissances pour 1608 habitants, et 100 décès pour 1970. “ Tel voyageur, dit M. D’ivernois, qui a observé au Mexique le triste concours d’une excessive mortalité, d’une excessive fécondité et d’une excessive pauvreté, l’attribue au bananier, qui assure presque aux Mexicains une alimentation suffisante ; d’autres en accusent la dévorante chaleur du climat, qui

0) Voyez un article de M. D’Uernoi!<, inséré dan» la ftihliothfique univet’selle de Genète^ mars IKJO.

inspire une insurmontable aversion pour le travail, et laisse, en quelque sorte, les habitants de cette zone d’indolence insensibles à tout autre besoin qu’à celui qui pousse les deux sexes l’un vers l’autre. De là les myriades d'enl'ants dont la plupart n’arrivent point au sevrage, ou n’apparaissent sur les registres que pour faire jiresque immédiatement place à d’autres, dont les survivants commencent l’inerte et courte existence de leurs devanciers, victimes comme eux de la part'sse, de l’apathie et des perpétuelles tribulations d’une misère à laquelle ils s’habituent, sans éprouver, plus que leurs pères, le besoin d’en sortir. Pour se faire une idée de ce qui se passe dans cette républiijiie, il faut lire le rapport d’un Suisse qui l’a visitée en 1830. Rien n’égale la ina.sse de souillures physiques, morales et politi«[ues dont il a dressé le hideux tableau. Quoiqu’il ait négligé de s’enquérir du nombre des naissances, il l’a deviné, puisqu’il appelle le Mexique une Chine barbare. »

Los documents de la justice criminelle en France ont fait connaître un résultat assez curieux, c’est que l’époque du maximum des conceptions coïncide à peu près avec celle où l’on compte le plus de viols et d’attentats à la pudeur. M. Villermé observe avec raison, à ce sujet, que cette coïncidence peut faire naître la pensée que les coupables y sont parfois portés d’une manière irrésistible, et sans avoir tout leur libre arbitre. Cette conjecture acquiert le [dus grand degré de probabilité par les recherches que j’exposerai plus loin sur le penchant au crime ; on y verra combien ce sujet est digne de l’attention des philosophes et des législateurs.

La production des enfants illégitimes mérite, de son côté, une attention particulière ; sous le rapport politique surtout, elle devrait faire l’objet des recherches les plus

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