INFLUENCE DES INSTITUTIONS FOLITIQÜES ET REI.I- OIEUSES
Rien ne parait plus propre à multiplier la population d’un Etat, sans lui porter préjudice, que de multiplier les
< 1) Dans ces nombres ne sont pas compris 10^ et 10CT> enfants reconnus et légitinu^s postérieurement à leur naiseanre.
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produits de l’agriculture et de rinduslrip, et de lui assurer une sage liberté (|ui soit un garant pour la confiance publique. L’absence d’institutions libérales qui excitent l’activité de l’homme et augmentent son énergie en même temps que son aisance, doit amener ce qu’on ob.serve en Orient, une population qui languit et décroît. Dans les États-Unis, au contraire, la population augmente avec une rapidité dont nous n’avons pas d’exem[)le en Europe. M. Villermé observe (i) qu’à l’é[)Ofjue de la révolution française, “ quand on venait de su[)primer la dirae, les impôts sur le vin, sur le sel, les redevances féodales, etc., les maîtrises et jurandes (c’est-à-dire à l’époque où les petits ouvriers, les petits cultivateurs, en un mot, les prolétaires, la classe incomparablement la plus nombreuse de la nation, se trouvant tout à coup dans une aisance inaccoutumée, qu’ils célébraient, dans la plus grande partie du territoire, par des fêtes, des repas et une meilleure nourriture), le nombre des naissances augmenta, pour diminuer plus tard, r
Les années de guerre et de paix ont également une influence marquée sur la population ; nous n’en citerons qu’un seul exemple. Du temps des guerres de l’empire, on avait cherché à insinuer que la population française, loin de diminuer, ne faisait que prendre do nouveaux accroissements. M. D'Ivernois, qui a réussi à se procurer les nombres des naissances et des décès pour cette é|>oque, a cherché à vérifier cette assertion, qui a été souvent répétée, et il a trouvé qu’elle était essentiellement inexacte; il est parvenu de plus à constater deux faits remarquables (2). - Celui qui concerne les naissjinces ap-
(1) Sur la distribution par mois, etc.
'2) Jiihliothéffue unirersrlle de Oen^e
prend que, dès le retour de la paix, les habitants de la Normandie s’occupèrent à réparer le plus vite possible les brèches de la guerre. 11 nous apprend de même qu’aussitôt queces brèches furent comblées, les naissances y ont si bien rei)ris ce qu’on peut regarder comme leur ancienne allure, qu’en 1830, dernière année dont le relevé soit connu, leur excédant sur les décès ne s’est pas même élevé à cinq mille tètes, ce qui, sur 2,010,798 habitants, présente l'accroissement sans coniiiaraison le plus faible que l’on connaisse. Les faibles oscillations qu'ont manifestées les registres norniands pendant un tiers de siècle, et leur fixité depuis l'année 1819, autorisent à regarder ce mouvement de population comme la .loi qui, dans la Normandie, avait longtemps régi et probablement régira longtemps encore le renouvellement des générations. Le second fait, relatif aux décès, nous apprend de même que, loin d'avoir diminué pendant la paix, ils ont éprouvé une légère augmentation. Toutefois, et pour ne point e.xagérer celle-ci, on ne doit pas perdre de vue que, sous le règne de Napoléon I", les militaires morts au dehors ou dans les hôpitaux de l’intérieur n’étaient jamais j>ortés sur les registres de l’Ktat; tandis qu’à dater de la restauration, le bureau de l’état civil y a inscrit tous les militaires décédés, sauf j)eut-être ceux qui ont péri dans les courtes expéditions d’Espagne et d’Alger. >•
Les prtjugés politiques et religieux paraissent avoir été de tout temps favorables à la multiplication de l’espèce ; et l’on trouvait, dans une grande fécondité, des signes non équivoques de la bénédiction céleste et d’un état prospère, sans considérer si les naissances étaient en rapport avec les moyens d'alimentation (i). Ce qui peut éton-
(1) n était reçu que quand il naissait un septième fils, le prince le tenait