LIVRE DEUXIÈME
lier, c’est que des économistes instruits partagent les mêmes idées. Cela ne tient-il pas, chez plusieurs d'entre eux, à ce qu’ils confondent l’etfet avec la cause? Quoi qu’il en soit, quand une nation, ajirès avoir langui, reprend un état prospère, on voit généralement une augmentation de fécondité; mais on aurait tort de conclure que cette augmentation de fécondité, qui n’est (juiine conséquence de l’état meilleur qu’un peuple est parvenu à se procurer, puisse nu contraire en être la source.
On ne saurait douter que ranéantisscment des grandes corporations religieuses dans plusieurs pays, que la suppression d’un grand nombre de fêtes consacrées anciennement par l'Eglise, qu’une observation moins rigoureuse du carême, et que d’autres causes semblables n’aient modifié do nos jours ce qui se rapporte à la fécondité. Il résulte des recherches de M. Villermé que, dans presque tous les pays catholiques, le carême, tel qu’on l'observe et surtout tel qu’on l’observait autrefois, paraît bien évidemment diminuer le nombre de conceptions, du moins pendant qu’il dure (i).
Nous avons déjà vu que les époques auxquelles on se marie influent sur le nombre et l’espèce des naissances que produisent les mariages. M. Villermé a recherché si, pendant les différents mois de l’année, le nombre des mariages qui se contractent a un rajiport direct avec celui des conceptions, et il est parvenu à ces conclusions : 1° que ce rapport n’est presque point sensible; 2® que néanmoins les mariages paraissent être un peu plus féconds, mais e.xtrêmement peu, pendant les premiers mois qu’après;
eur les foots biiptisniaus. Cette habitude ne s'est point perdue en
et l'oQ peut citer divers exemples oii le monarque s’est fait représenter dans
de pareilles circonstances par un magistrat ou l’un de ses itfllciers.
(1) Annales it Hygiène. la etc.)
et 3° qu’il n’est pas prouvé, tout vraisemblable que cela est, qu’il y ait plus de chances qu’une feinine deviendra enceinte dans les premiers jours ou dans les premières semaines de son mariage, quand celui-ci a lieu en avril, mai, juin et juillet, que s’il a lieu à toute autre épispie de l’année (i).
Nous possédons aujourd’hui des documents qui jettent plus de lumières sur ces importantes questions : c’est surtout en considérant la statistique sous son point de vue le plus relevé, qu’on peut le mieux juger de son intluence. Les listes des naissances et des décès sont les instruments les plus siïrs qui marquent l’activité et la vie des peuples. Selon la hausse ou la baisse de ces nouveaux thermomètres, on peut juger, sans crainte de se tromper, si le développement des nations s’exerce utilement ou non; si les peuples sont dans un état prospère ou tombent en décadence. On ne saurait en douter : les listes des naissances et des décès sont de l’utilité la plus grande, mais il faut savoir y lire et comprendre leurs indications (2).
(1) Annales (TJfygihie. {Sur la distrilmtiojtf etc.)
{2) On trouvera plus loin des détails développés à cet égan).