LIVRE DEUXIÈME
SOUS les yeux, à Madrid, en 1817, il mourait soit à l’hospice, soit à la campagne, 67 enfants sur 100; à Vienne, en 1811, 92; à Bruxelles, de 1812 à 1817, 79. A cette époque, l’hospice, peu vaste, mal aéré, malsain, fut transporté dans un autre quartier de la ville, et depuis lors on a remarqué un abaissement dans le terme moyen dés décès, qui est cependant encore de 56 sur 100 (i). »
Ce qui précède montre assez quelle influence peuvent avoir, sur la vie et la mort des enfants trouvés, les soins bien entendus des administrations. Ce n’est point ici le lieu d’examiner jusqu’à quel point on peut approuver les institutions où ces infortunés sont recueillis; mais il peut être intéressant de connaître combien, depuis leur propagation, les enfants trouvés et abandonnés se sont multipliés. A Paris, par exemple, le rapport de leur nombre avec celui des naissances suit, depuis un siècle, la progression que voici (2) :
AoiHMfl.
Hipport «t
De 1710 A 1720
On voit que la proportion monte rapidement dans les
(1) J'ai trouvé, par 1rs réauItaU moyens des hait années de IKI5 A 1822, que la mortalité de l'hospice de Bmxelles était de 66,38 sur 100; c'était A cette époque la mortalité la plus forte que l'on remai'quAt dans les 19 hospices que comptait le royaume ; les hospices ont donné pour mortalité moyenne 45,07 sur 100. (Voyez Recherches sur les naissances, etc., par A. Quetelet, in-8“.)
(2) Considérations sur les enfants trouvés, page 29.
dernières années du règne de Louis XV ; elle diminue de plus des deux tiers sous la Convention ; elle augmente de nouveau sous le gouvernement impérial, et paraît stationnaire depuis la révolution (1834).
M. de Châteauneuf, à qui j’emprunte la plupart des renseignements qui précèdent, donne les rapports suivants, pour quelques-unes des principales villes de l’Europe:
Lisbonndf de 1815 à 1819
Madrid
Rome, 1801 & 1807 . .
Paris, 1815 à 1821 . .
Bmxelles, 1816 & 1821 .
Vieone, 1815 à 1821 . .
Pétersbourg, 1820 . .
Moscou
Dans le comté de Nice .
En Savoie
KnfinU trouvr*.
26,28 sur 100 naissancea.
Ainsi, dans la plupart des villes citées précédemment, on expose environ le quart des enfants. Cet état de choses est bien propre à faire naître de tristes réflexions sur la misère et la démoralisation des grandes villes. Paris produit annuellement environ 21 enfants trouvés pour 100 naissances; tandis que le reste de la France n’en produit que 3,52. Il est vrai que cette disproportion serait bien moins forte si, par toute la France, on avait la même facilité qu’à Paris d'envoyer les enfants aux hospices ; et il est juste de dire aussi que l’on envoie à Paris beaucoup d’enfants qui n’appartiennent pas à la ville. En Belgique, on a obtenu les valeurs suivantes, d’après les résultats des dix années qui ont précédé 1833 (i) :
(I) Voyez Coi-respoiidance matAématitue el physigu», tome VllI, 2* livraison, page 135.