‹ Physique sociale, ouChapitre 174 sur 238 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

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Il est assez diflBcile de s’expliquer les différences que présentent les provinces d’un pays tel que la Belgique, à moins d’en rechercher les causes dans la facilité que trouvent les mères, dans certaines localités, d’exposer leurs enfants. On peut lire à ce sujet les observations de M. de Gouroff, l'un des hommes qui se sont occupés avec le plus de soin de tout ce qui concerne les enfants trouvés (2). “ La ville de Londres dont la population est de 1,250,000 habitants, dit cet auteur, n’a eu dans l’espace de cinq ans, depuis 1819 jusqu’à 1823, que 151 enfants exposés ; et le nombre des enfants illégitimes, reçus dans quarante-quatre maisons de travail (work-houses), ne s’est élevé, dans le même espace de temps, qu’à 4,668 ; et encore un cinquième environ de ces enfants sont-ils entretenus aux dépens de leur père. Par un contraste frappant, Paris, qui n’a que les deux tiers de la population de Londres,

(1) Sans les provinces de Liège et de Luxembourg.

(2) Estai sur l'histoire des enfants trouvés, in-8°, Paris, 1829.

a compté, dans les cinq mêmes années, 25,277 enfants trouvés, tous entretenus aux frais de l’Etat.

“ Veut-on une preuve plus certaine encore de l’influence qu’ont les maisons d’enfants trouvés pour multiplier l’abandon des nouveau-nés? Mayence n’avait pas d’etablissement de CO genre, et depuis 1799 jusqu’à 1811, on y exposa trente enfants. Napoléon ordonna d’établir un tour dans cette ville. Le tour fut ouvert le 7 novembre 1811, et subsista jusqu’au mois de mars 1815, où le grand-duc de Hesse-Darmstadt le fît supprimer. Pendant ces trois ans et quatre mois, la maison reçut 516 enfants trouvés. Une fois (qu'elle fut supprimée, comme l’habitude de l’exposition n’était pas enracinée dans le peuple, tout rentra dans l’ordre ; on ne vit, dans le cours des neuf années suivantes, que sept enfants exposés, r

En proposant la réforme des hôpitaux d’enfants trouvés, M. de Gouroff ne veut pas que l’on agisse précipitamment. “ 11 faut, au contraire, dit-il, de la réflexion, du temps et de la patience pour préparer et exécuter peu à peu les mesures qui doivent la précéder, et ne pas faire la faute de quelques villes de la Belgique, qui, en 1823, pour ne pas avoir à leur charge les enfants qu’on apportait du dehors, supprimèrent les tours. Bientôt la vie de plusieurs nouveau-nés fut compromise , et la clameur publique fit donner l’ordre par le gouvernement de les rétablir «

Les principales conclusions du travail de M. de Gouroff sont ;

1° Que dans les pays catholiques, ou mieux dans ceux où l’on a ouvert des asiles à tous les enfants indistinctement qui sont abandonnés à leur naissance, ces petits infortunés sont beaucoup plus communs, beaucoup plus nombreux qu’ailleurs.

2" Qu’il règne dans ces asiles une mortalité épouvan-

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