‹ Physique sociale, ouChapitre 176 sur 238 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

’ trouverons, d’après deux de ses statisticiens les plus estimes (i) ;

Avtiéit. HibiUnU pour 1 drcc».

1776 i 1800 inclusivemeiit.

1806 ft 1810

D'après ces nombres, il y aurait en effet un décroissement de mortalité tiès-sensible ; mais on sait que des omissions assez nombreuses ont eu lieu dans les chiffres mortuaires. M. Rickman lui-même pense que, par suite de ces omissions, il ne faut compter que 1 décès sur 49 habitants au lieu do 1 sur 51, pour les cinq dernières années; tandis que, d’après M. Hawkins, la mortalité aurait été de 1 sur 60, pour 1822 (2). Du reste, le recensement peut avoir été fautif; et ces inexactitudes, si elles étaient corrigées, ne mettraient probablement que mieux en évidence une plus grande différence encore de mortalité , puisque le chiffre mortuaire est généralement d’autant plus faible qu’on met plus de négligence à le recueillir. Cela supposerait toutefois que le chiffre de la population est exact.

Les changements survenus dans les grandes villes méritent surtout de fixer l’attention. En 1697, par exemple, le nombre total des décès s’élevait à Londres à 21,000; cependant, un siècle après, en 1797, le nombre n’était que de 17,000, malgré l’augmentation de population (3). Ces

(1) M. Marscbal donna, pour U population de l'Angleterre et du pays de Galles, en 1700 et ITôO, les nombres 5,475,000 et 6,467,000 et pour les décés 132,728 et 154,686. Les autres rapports sont puisés dans le dernier ouvrage de M. Rickman.

(2) Eléments of medical SiatisHcSt by F. Bisset Hawkins, page 16.

(3) Eléments of medical Statistics^ page 18.

avantages ont été obtenus surtout depuis 50 à 60 ans, depuis que la ville a augmenté avec tant de rapidité sa population et ses limites. En remontant aux siècles précédents, on ne peut juger qu'avec les plus grands doutes sur les chiffres de population des villes et des campagnes, même dans les pays les plus avancés pour la civilisation.

Les villes de Manchester, de Liverpool et de Birmingham ont présenté à peu près le même décroissement de mortalité que Londres. Il est difficile de croire cependant qu'il ne se soit pas glissé quelque erreur dans de pareilles estimations.

La France a éprouvé, comme l'Angleterre, une diminution de mortalité, si l'on peut s'en rapporter aux documents anciens (i). Selon M. Villermé, on comptait, en 1781, 1 décès sur 29 habitants; en 1802, 1 sur 30; et actuellement, on en compte 1 sur 40 (2).

En Suède, de 1755 à 1775, il y avait 1 décès sur 35 habitants; de 1775 à 1795, 1 sur 37; et, en 1823, 1 sur 48.

De même, à Berlin, de 1747 à 1755, la mortalité annuelle était de 1 sur 28; et, de 1816 à 1822, dans un rapport un peu moindre que 1 sur 34.

M. Moreau de Jonnès, dans une notice sur la mortalité en Europe, a présenté le tableau suivant, qui tend également à prouver l'influence de la civilisation sur le nombre

(1) M. Finlayson a réussi A se procurer les registres des tontiniers, tant en France sous Loue XIV qu'en Angleterre sous Guillaume III, et il s'est assuré que la vie desitontiniers français était alors plus longue que celle des tontiniers anglais. (Voyez A ce sujet les observations de sir F. D'Ivernois, Bibliothèque universelle de Oettèce, octobre 1833, p. 146.)

[2) Il est bon de prévenir néanmoins que la mortalité calculée pour le commencement de ce siècle est extrêmement douteuse. On peut voir A cet égard les Judicieuses observations do sir F. D'ivemois dans la Bibliothèque universelle de Oenève, 1833.

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