LIVRE DEUXIÈME
à peu près le lucmc que dans tout le royaume. Voici un relevé de la mortalité dans les principaux hôpitaux de l’Europe (i) ; on pourra le comparer aux données précédentes.
MorUliié.
1 nir
Berlin, hôpital de la Charité, de 1796 à 1817. ... 6 environ.
Vienne, grand hôpital 6 «•
Peeth, en Hongrie, hôpital civil, 1826 6 ••
Dresde, hôpital de la ville, 1816 7 •*
Munich, le nouvel hôpital, 1819 9 ••
Saint-Pétersboug, hôpital iiupérial, 1817 '2j. ... 4,5 »
Genève, hôpital, 1823 1 »
Bruxelles, hôpital Saint-Pierre, 1823 9
Amsterdam, hôpital Saînt'Pierre, 1798 à 1817. . . 8 •*
Turin et Gênes, 1821 7 ••
Milan, grand hôpital, 1812 à 1814 6
Pavie, San-Matheo délia Pietà, 1823 ,3) 10,7
Bologne, clinique de Tommaaini, 1816 à 1819 . . . 7,7 »
Livourne, 1818 & 1825 7,3
Palerme, grand hôpital, 1823 8,2
Il paraîtrait, d’après tous ces documents, que la mortalité dans les principaux hôpitaux du continent était, avant 1833, généralement plus grande que dans ceux d'Angleterre. On peut s’étonner, du reste, qu’en comparant les principaux États de l’Europe, on ne trouve pas de discordances plus considérables, surtout si l’on considère combien les locaux et les ressources dont les hôpitaux peuvent disposer doivent avoir d’influence, sansparler des différents systèmes médicaux que l’on y suit. M. Hawkinsa fait, sous ce dernier rapport, une remarque assez curieuse. « On doit rarement attribuer la mortalité, dit-il, à l’influence d’un mauvais traitement, qui peu fréquemment détruit la vie. Un ami prit des notes particulières sur la mortalité comparative
(1) Eleme^Us of medical Statistics.
(2) A l'égard des hôpitaux généraux de la Russie, en 1811, la mortalité, dans les établissements qui contenaient plus de 30 malades, était de 1 sur 0; et de 1 sur 10, dans ceux qui argent moina de 30 malades-
(3) On y reçoit les femmes pour faire leurs couches.
SOUS trois médecins, dans un même liêpital. L’ùu était éclectique, le second penchait pour le S3'stéme expectant, et le troisième pour le régime tonique. La mortalité était la même, mais la durée de l’indisposition, le caractère de la convalescence et les chances de rechute étaient bien différents. «
Ce n’est point ici le lieu de parler des hospices pour l’aliénation mentale, sur la mortalité desquels nous avons encore peu de données sûres; j’aurai d’ailleurs occasion d’en parler plus lard quand il s’agira du développement des facultés morales et intellectuelles de l’homme et des maladies auxquelles ces facultés sont sujettes. Je ne m’arrêterai pas non plus à examiner la mortalité dans les dépôts de mendicité, ces établissements étant peu répandus en Europe, et établis dans des formes trop différentes pour permettre des comparaisons. Néanmoins je ne dois pas négliger de faire cormaître la grande mortalité qu’on a remarquée dans ceux de l’ancien royaume des Pays- Bas : elle est bien propre à mettre on évidence la condition misérable du pauvre. Dans les sept dépôts qui étaient distribués sur différents points du royaume, et pendant les années de 1811 à 1822, il mourait annuellement 1 individu sur 8,9 de la population moyenne, c’est-à-dire autant que dans les hôpitaux ; tandis que pour tout le royaume le rapport s’élevait environ à 1 sur 43,8. “ La mortalité dans les dépôts de mendicité est en effet d’autant plus effrayante, que la population de ces établissements exclut do son sein les premiers âges de la vie. 11 faut ne pas perdre de vue qu’une grande quantité de vieillards et d'infirmes de toute espèce peuplent ces maisons, et que l’état d’exténuation absolue auquel ils se trouvent le plus souvent réduits, en y arrivant, porte déjà le germe avancé d’une dissolution prochaine, et doit sans contredit être