LIVRE DEUXIEME
Pour mieux comprendre jusqu’où allait le mal dans la prison de Vilvorde et combien radraini.stration devait y être défectueuse, il suffira do citer ce que la mortalité y a été depuis cette époque. Je donnerai en même temps la mortalité des deux autres grandes prisons de la Belgique (i).
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On peut juger maintenant si l’honimc, abandonné à luiniéme et se livrant aux excès les plus grands, peut, dan.s quelque état que ce soit de la société, aggraver plus sa mortalité que ne le fait, dans certaines circonstances, une administration négligente et peu éclairée. Jamais les hommes, dans les pestes les plus affreuses, jamais les soldats, dans les guerres les plus destructives, n’ont été exposés à une mortalité pareille à celle des prisonniers de Vilvorde pendant les premières années de ce siècle.
Le mal était'loin d’être aussi grand, vers la même époque, dans la maison do force do Garni; on ne comptait
(1) Rapport mr l'état actuel des prisoas lièlgique, etc., par M Kd. Ducpétiaux.
en effet qu’un décès sur 20,4 prisonniers, en 1801 ; et qu’un sur 25,8, en 1789. D’après M. Villermé, la mortalité annuelle, dons les prisons du département de la Seine, a été, pendant les années 1815, 1816, 1817 et 1818, comme suit :
A la grande Force 1 sur 40,88 détenus.
Aux MadelonnetteH •• 38,03 »
A 1a Conciergerie « 32,06 •
A la petite Force ■ 26,63
A Saint-Lazare •• 24,48
A Bicôtre •• 18,75 -
A Sainte-Pélagie " 17,92
Au dépôt de mendicité établi à Saint-Denis . . * 3,97 •
On voit que, dans le département de la Seine, la mortalité du dépôt de mendicité est aussi plus grande que celle des prisons, et elle paraît également avoir ses germes dans la constitution souvent détériorée des pauvres, par les privations, par les misères qui ont précédé l’entrée dans la prison, et par l’impossibilité où ils se trouvent de s'y procurer quelques commodités de la vie (i).
Les prisons, dans quelques départements de la France, étaient généralement loin de présenter des résultats aussi favorables que celles du département de la Seine ; la mortalité était en effet, dans les maisons centrales et les maisons de justice et de correction :
A Montpellier, 1822 1 »ur 9,33
Riom, 1821 à 1827 9,87
Beanlien, préi Caen, 1814 à 1825 >11.59
Melun, 1817 à 1823 - 14,81
Gaillon, 1817 à 1825 - 11,86
Meta, 1801 - 18,43
Toulouae, 1822 à 1824 Î3,07 (2)
(1) Mortalité dans les prismxs, page 5.
(2) En 1814, année d'encombrement et de miaère, il mourut 1 prieonnier •ur 7,95.