‹ Physique sociale, ouChapitre 218 sur 238 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

accroissements moins rapides et qui peuvent assez bien représenter ainsi la proportion des adultes dans des temps ordinaires.

Je ne pense pas que jusqu’à présent, on ait eu suffisamment égard au grand nombre d’enfantsque répand dans un pays un accroissement trop rapide de population, et à la valeur intrinsèque moins grande que cette population en reçoit momentanément; c’est cependant un obstacle trèspuissant à un développement ultérieur. En France, en Belgique et en Suède, par exemple, sur trois habitants il en est au moins deux en état de produire, tandis qu’aux États-Unis, un seul habitant devait produire pour deux.

En résumé, c’est la production qui règle la limite possible des habitants que peut avoir un pays. La civilisation resserre cette limite et tend à augmenter la part des produits qui revient à chaque individu, de manière à augmenter son bien-être en assurant ses moyens d’existence. Quant à la médecine, elle se borne à fermer certaines portes qui conduisent au tombeau, mais pour en élargir d’autres ; car elle ne pourrait augmenter la liste des vivants qu’en faisant vivre les surnuméraires aux dépens de la société. Esculape lui-même ne pourrait, par son art, donner l’immortalité à la moitié des hommes qu’en les condamnant à ne point se reproduire, à moins de doubler la mortalité de l’autre moitié, ou de porter la production au point de fournir aux nouveaux besoins qu’il aurait fait naître.

Ce serait néanmoins méconnaître les immenses services que la médecine a rendus à l’humanité, si l’on voulait nier quelle est parvenue à allonger la vie moyenne des hommes; mais cette belle conquête, due aux progrès des lumières, ne peut être maintenue que par la prévoyance des hommes et en prévenant par le célibat de nouvelles

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naissances et une nouvelle pâture à la mort (i). Quand il ne survient pas de changement brusque, la nature prélève annueUemeiit sur nous un môme tribut de décès, auquel chacun de nous cherche le plus possible A se soustraire ; chacun veut être du nombre des privilégiés ; mais cette espèce de fraude a moins pour effet de diminuer l’impôt que de le faire porter sur des voisins peu favorisés par leur position sociale.

La vie moyenne, si l’on pouvait toujours l’obtenir avec exactitude, donnerait donc une mesure de la prévoyance et de l’état hygiénique d’un pays ; la consommation de l’habitant donnerait celle de la civilisation et des exigences du climat; et le nombre proportionnel des habitants, en tenant compte de cette dernière influence, donnerait colle qui représente la production.

(I) Ea allongeant la vie moyenne, les sciences médicales substituent des années utiles & des années improductives. L'homme fait a une carrière plus longue, produit davantage et la société doit alimenter moins d’enfants; de sorte que les sciences médicales, sous ce rapport, augmentent véritablement la production et rendent un nouveau service.

FIN DU PRKMIBR VOLÜMR.

APPENDICE

En traçant cet aperçu d'une Phytique sociale, j'ai dû fréquemment jeter les yeux sur les grands chiffres des nations, et principalement sur ceux de la population, des naissances, des décôs et des mariages qu'ils ont présentés pendant ces derniers temps. Ce n’est qu’en terminant ce premier volume que J'ai senti la nécessité de ne pas séparer ces données fondamentales, dans les régions au moins qui n'ont pas souffert de variations par suite des crises politiques. Mais, sans aucun doute, le congrès international des différentes nations ne tardera pas & réunir ces principaux documents et les publiera, mieux que je ne puis le faire ici.

J'ai trouvé, dans le 29* rapport du registre général des naissances, décès et mariages de l'Angleterre, abstracts of 18Ô6, Londres, 1868, in-8°, les documents relatifs à ce royaume, à l'Angleterre unie avec le pays de Galles, à l'Écosse, à l'Irlande, les documents de la France et de l'Autriche (donnés par MM. Legoyt et le D' Ficker (1); de même que le pen de renseignementsqu'apu recueillir pour l'Italie, depuis son organisation, M. le D'Maestri, chef du département statistique. D'autres documents m'ont été donnés également avec bienveillance par M. le D** Engel pour la Prusse, M. de Baumhaner pour les Pays-Bas, M. E. Wappâus pour le Hanovre, M. le conseiller Berg pour la Suède, et par le vénérable conseiller de Hermann, presque au moment même où la mort est venue l’enlever & la profonde estime de ses amis. Les documents du Danemark, donnés par mon excellent collègue,M. David, ont été pris dans le volume de la«S’fafûftçt4e inter ■ nationale, in-4*, publié à Bruxelles en 1865.

(I) M. Lrfnn. dir«<wr «la barpao d« lUtictiqoe tl<^ Fr»c«>,Q*a «rommuaiqoë ta Kefiitrar çenenU qtif Ias doraniPBU «le Fraoop pour Ira aaeécH I85S-IS6I eC pour l'tonëe IMS. I4 popoUtioa di't tnuée* prdcëdontee ■ été priée daoi U Slalûtif er internati9noit, ptf« ttS.

H. le Dr. Ficker, rbe( do buretu de autiitiqae d'Autriche, t t-oinnuuiqoc au Rtgittrar geuerot le« «locumeoti de l'Autriche. La population meotioautie plut loin comprtrod cetl«ü« de la Hnnsrie, de la Croatie. Je ta SltTooieet de U TraDt^lvanie; c«*||e de* lîtata de l'Itali** en e«t exclue.

POPULATION

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