‹ Physique sociale, ouChapitre 217 sur 238 · T FAT* BB UU.LB · texte numérisé non relu

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Ces résultats, pour le commencement de ce siècle, pouvaient être en quelque sorte prévus ; cependant ils surprennent au premier abord : on no s’attend pas à trouver une différence aussi grande entre les nombres de la France, de la Belgique et de la Suède, et ceux de l’Irlande et des États-Unis. Dans les premiers pays, la population adulte est double de l’autre; tandis que, dans les seconds, elle ne 1 excède que d’un quart environ. Au reste, je

ne cite ces résultats , déjà anciens , qu’avec défiance : l’épreuve faite sur les nombres actuels donnerait des résultats différents. Les Etats-Unis surtout paraissent être ici dans des conditions extrêmement défavorables, puisque, de tous les pays que nous considérons, c’est celui qui offre le moins d’adultes dans sa population. Mais, comme nous l’avons fait observer, dans cet État si jeune et déjà si puissant, les documents statistiques, malgré tous les efforts de la science, étaient encore peu connus et l’on peut dire mal interprétés (i).

La grande disproportion qui vient d’être signalée tient surtout à l’accroissement rapide de population qu’ont pris l’Angleterre et les États-Unis dans ces derniers temps; la plupart des individus provenant de ce grand développement de fécondité, sont encore peu avancés dans la carrière de la vie, de sorte qu’il doit en résulter un nombre proportionnel plus grand d’individus non adultes. Le prodigieux accroissement de population que l’on remarque aux États-Unis, date d'un peu plus de 30 ans; aussi l’on voit que le nombre des individus qui ont moins que cet âge, est comparativement supérieur à celui des autres pays. Il en est de même pour l’Angleterre, en remontant de 30 à 40 ans {2) ; la Suède, la France et la Belgique, au contraire, présentent des populations qui ont offert des

(1) Depuis U première publication de cet ouvrage, l'ètat de la population a beaucoup changé dans les États-Unis, malgré la guerre qui a sévi dans ces derniers temps. M. Samuel Brown a rendu compte tout récemment de l'état de la mortalité dans ce pays, d’après les relevés de 1860, dans le Xlll* volume de l'Institut des actuaires de Londres. — Voyez aussi l'ouvrage de M. J. Kennedy : Population of the Vnited-States in 1830. 1 vol. iu-4”. 'Washington, 1864.

(2) En prenant les tables récentes de population publiées, on ne trouve plus ces résultats en apparence si défavorables à l'Angleterre. Les tables de M. Farr, par exemple, montrent combien, en tenant compte de ses accroissements, la population s’est développée avec avantage.

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