‹ Physique sociale, ouChapitre 57 sur 238 · LIVRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME

un nombre annuel de naissances plus faible. Je pense le contraire, et je crois que je pourrai en donner la preuve plus tard.

Ce qui rend si souvent les résultats statistiques difliciles à interpréter, c’est que l’on prend pour simples des faits qui sont complexes de leur nature. Ainsi, il me paraît impossible de rien statuer sur la fécondité des femmes d’un pays, par le seul rapport des mariages et des naissances légitimes : il faut nécessairement avoir égard à la mortalité des pays que l’on examine et tenir compte des mariages en secondes et troisièmes noces. Je regrette que M. Benoiston de Châteauneuf, dans son travail si intéressant sur la fécojidité en Europe, n’ait pas eu égard à cet élément; je crois qu’il aurait pu vaincre plusieurs des difficultés que lui présentait son sujet, qui était extrêmement complexe, et s’expliquer quelques anomalie» apparentes.

Il faudra aussi que, désormais, dans toutes les recherches sur la fécondité, on ait égard à l’âge auquel on se marie dans les différentes localités. Il est évident, par exemple, que si dans les campagnes on ne se marie pas au même âge que dans les villes, on pourra s’attendre à y trouver, toutes choses égales, des chiffres différents pour la fécondité des mariages. Il en sera de même quand on comparera certains Etats du Nord où l’on se marie trèstard, à des pays méridionaux où les mariages sont extrêmement précoces. Je le répète, plus on étudie les phénomènes relatifs à la population, plus on les trouve complexes ; mais on a en même temps l’espoir de réussir, par une analyse conduite avec sagacité, et en faisant usage de bons matériaux, à reconnaître les causes dont ils dépendent et â estimer le degré d’influence de chacune de ces causes.

Page 1