‹ Physique sociale, ouChapitre 6 sur 238 · ISSU 1U · texte numérisé non relu

ISSU 1U

lUâU

IUi29ilU50

Meurtres en général

Fusil et pistolet

Siibre, épée, »t)irl, poignard, etc. . .

til

Couteau

béton, canne, etc

Pierre*

Instrument* tnmehaol», piquants et con* tondants

Slraiigulaliont

En prccipilaol et noyant

ti

Coups de pied et de poing

Le feu

Inconnu

Voyez page 43 de mes Recherches statistigues, etc., 1829; page 178 du tome V de la Correspondance mathématique ; page 214 du mémtt recueil, dans dea observationfl 5ur la constance qu'on observe dans le nombre des crimes qui se commettent ; pâge 80 des Recherches sur le penchant au crime, etc.

LIVRK l'RKMIKR.

pu dire, peut-être avec plus d’exactitude : Il est un tribut que l’homme acquitte avec plus de régularité que celiû qu’il doit à la nature ou au trésor de l’Etat, c’est celui qu’il paye aucrime ! — Triste condition de l’espèce humaine ! Nous pouvons énumérer d’avance combien d’individus souilleront leurs mains du sjing de leurs semblables, coinbieti seront faussaires, combien seront empoisonneurs; à peu prés comme on peut énumérer d’avance les naissances et les décès qui doivent se succéder.

La société renferme en elle les germes de tous les crimes qui vont se commettre. C'est elle, en quelq^ue sorte, qm les pnipare^ et k coupable n’est que l’instrument qui les exf'cute. Tout étfit social suppose donc un certain nombre et un certain ordre de crimes qui résultent, comme conséquence nécessaire, de son organisation. Cette observation, qui peut paraître décourageante au premier abord, devient consolante au contraire quand on l’examine de près, puisqu’elle montre la possibilité d’améliorer les hommes, en modifiant leurs institutions, leurs habitudes, l’état de leurs lumières et, en général, tout ce qui influe sur leur manière «l’être. Elle ne nous présente au fond que l’extension d’une loi déjà bien connue de tous les philosophes qui se sont occupés de la société sous le rapport physique : c'est que tant que les mêmes causes subsistent, on doit s’attendre au retour des mêmes effets. Ce qui pouvait faire croire qu’il n’en était pas ainsi des phénomènes moraux, c’est l’influence trop grande qu’on avait g<inéralement supposée à l’homme dans tout ce i[ui se rapporte à ses actions.

C’est un fait remarquable dans l’histoire des sciences, que, plus les lumières se sont développées, plus on a vu se restreindre la puissance qu’on attribuait à l’homme. Ce globe, dont il était l’orgueilleux possesseur, n’est devenu.

9« l'HYSiyt’E .SOCIALE.

aux yeux de rastronome, qu'un grain de poussière liottaiit inaperçu dans l’espace ; un tremlilement de ferre, une tempête, une inondation, sutiiseiit pour foire disparaître, en un instant, un peuple entier ou détruire l’ouvrage de vingt siècles. D’une autre part, quoique l’honime semble livré à ses propres actions, nous le voyons, tous les ans, j(^ payer à la nature un tribut régulier de naissances et de décès. Dans la régularité avec laquelle il reproduit le crime, nous vo3'ons aujourd’hui se rétrécir de nouveau le champ dans lequel s’exerce son activité individuelle. Mais si chaque pas dans la carrière des sciences semble lui enlever une partie de son importance, il donne aussi une idée plus grande de sa puis.sancc intellectuelle, qui a su pénétrer des lois qui semblaient devoir rester à jamais inaperçues ; et, sous ce rapport, son orgueil a tout lieu d’être satisfait.

Ainsi, les phénomènes moraux, quand on observe les masses, rentreraient en quelque sorte dans l’ordre des phénomènes phj’siques; nous serions conduits à admettre comme principe fondamental dans les recherches de cette nature, que p/«s le nombre des individus que l'on observe est grand, plus les particularités individuelles, soit physiques, soit morales, soit intellectuelles, s'effacent et laissent prédominer la série des faits généraux en vertu desquels la société existe et se conserve. 11 n’est donné qu’à peu d’hommes, doués d’une puissance de génie supérieure, d’imprimer une action sensible au sv'stème social ; et encore cette action exige-t-elle souvent un temps considérable pour transmettre pleinement son effet.

Si l’action modificative des hommes se communiquait immédiatement au système social-, toute espèce de prévision deviendrait impossible, et l’on chercherait vainement dans le passé des leçons pour l’avenir. Mais il n’en est pas

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