‹ Phytographie médicale (volume 2)Chapitre 23 sur 64 · CARTHAME. CA R TH A MUS · texte numérisé non relu

CARTHAME. CA R TH A MUS

Involucre ventru à la base , imbriqué d’écailles épineuses. Fleurons hermaphrodites Réceptacle garni de paillettes Graines dépourvues d’aigrette.

CARTHAME DES TEINTURIERS. CA R T H AMU S TI NC T O RI US.

Carthamus tinctorius. Linn. Spec. 1162. DC. Fl. Fr.

3002. Lam. Illustr. t. 661. f. 3.

Sa tige est droite , cylindrique , blanchâtre , rameuse au sommet, haute d’environ un pied et demi. Les feuilles caulinaires sont éparses, ovales , embrassantes , pointues, veinées, bordées de quelques dents épineuses -, les feuilles radicales sont oblongues , rétrécies à la base. Les fleurs sont terminales, solitaires, d’un rouge de safran , toutes flosculeuses et hermaphrodites : les écailles de l’involucre sont foliacées et épineuses -, les graines dépourvues d’aigrette.

Cette plante tinctoriale et économique est originaire de l’Orient; on la cultive en France, dans nos départemens méridionaux. Ses graines renferment , outre une substance farineuse , un principe amer, âcre et nauséabond qui est un violent purgatif pour l’homme; mais les perroquets les mangent avec avidité et s’en engraissent sans être purgés , ce qui leur a fait donner le nom de graine de perroquets.

ONOPORDQN. ONOPORDUM.

Involucre ventru , composé d’écailles oblongues , épineuses. Réceptacle ponctué. Graines comprimées , rugueuses en travers , couronnées d’une aigrette caduque.

ONOPORDON ACANTHE. ONOPORDUM ACANTH1UM.

Onopordum acanlhium. Linn. Spec. 1158. DC. Fl. Fr.

3005. Fl. Dan. t. 909.

Cette plante , haute de trois à quatre pieds , et recouverte d’un duvet cotonneux d’un blanc de neige , se divise en rameaux épineux et étalés , qui se terminent chacun par une grosse fleur purpurine ou blanche. Les feuilles sont grandes , ovales , sinuées , anguleuses, blanchâtres et garnies d’épines : dans une variété , elles sont vertes et tomenteuses. Elle fleurit en juillet, et croît dans les lieux incultes, au bord des chemins, au milieu des décombres. On l’appelle vulgairement pédane , épine blanche , chardon acanthin. Sa ca- Lathidè est bonne à manger comme celle des artichauts.

Des auteurs graves et dignes de foi attestent la vertu anticancéreuse de cette plante. Stahl a guéri en quatorze jours, avec le suc des feuilles appliqué en topique , un cancer de la face qui avait résisté à bon nombre d’autres remèdes. Borel a guéri également un cancer des narines ; Timmerman un ulcère de même nature , qui avait déjà rongé une partie du visage. Goelick a employé ce topique avec un égal succès, chez une femme qui avait un carcinome à la partie latérale gauche du

cou , et chez un homme affecté de la même maladie à la lèvre supérieure. D’après Eller , deux femmes ont été également guéries d’un ulcère cancroïde de la face. Vater et Mohring citent des faits semblables.

Ces détails sont connus : ils ont été consignés dans divers recueils , et Murray les a reproduits dans son Apparatus médicaminum , mais je doute qu’ils aient été mûrement examinés. C’est assez l’usage de dédaigner les moyens simples et faciles-, mais pourquoi ne pas les essayer dans certains maux dont la chirurgie, armée du fer et du feu, triomphe si rarement?

Au reste, on ne s’est nullement occupé de la composition chimique de cette plante, qui n’est ni âcre ni amère. Par quel principe agit-elle sur le cancer ? Je ne sais $ mais les faits sont là pour tempérer mon scepticisme. On emploie les feuilles pilées , ou leur suc imbibé de charpie. Ce topique doit être renouvelé matin et soir.

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