SUREAU. SAM BU CCS
Calice à cinq dents. Corolle en roue, à cinq lobes. Cinq étamines alternes avec les divisions de la corolle. Trois stigmates. Baie arrondie, polysperme. Semences rugueuses, attachées vers l’axe du fruit.
SUREAU YÈBLE. S AM BU CVS EBULUS .
Sambucns cbulus. Linn. Spec. 385. DC. FL Fr. 3404.
(Planche 76.)
Sa tige est droite, verte , un peu rameuse , cannelée , pleine de moelle, et d’une hauteur médiocre. Les feuilles sont opposées , ailées, formées de sept ou neuf folioles étroites, lancéolées, dentées en scie, glabres et d’un vert sombre. Les fleurs sont blanches , un peu rougeâtres en dehors , terminales , disposées en cime ou en manière d’ombelle. Les fruits qui leur succèdent sont des baies globuleuses , noires , remplies d’un suc d’un pourpre foncé. Cette plante croît abondamment en Europe. O11 la trouve dans les lieux incultes, sur le bord des chemins et des fossés humides.
Ce petit sureau répand une odeur fétide , nauséabonde. Le suc exprimé de la racine, des jeunes pouces et des feuilles, est un violent hydragogue. L’infusion et la décoction de l’écorce intérieure de la tige purgent également avec énergie.
Le sureau noir ( sambucus nigra ), beaucoup plus élevé que l’espèce précédente, si commun dans les bois , dans les baies , dans les jardins , remarquable par son feuillage d’un vert foncé , par ses fleurs blanches , odorantes , et disposées en larges parasols ; le sureau à grappes ( sambucus raceniosa), dont les baies, teintes d’un rouge vif, contribuent à l’ornement de nos bosquets, ont des propriétés analogues, et produisent des effets semblables. La médecine populaire a souvent abusé de ces plantes pour exciter des évacuations dans les cas d’hydropisie , d’anasarque , d’ascite , et autres affections œdémateuses. De même que les substances drastiques, elles peuvent produire des inflammations viscérales ou des superpurgations dangereuses ; néanmoins on a des exemples de leur etïicacité dans quelques hydropisies rebelles. On administre le suc exprimé de la racine et des tiges depuis plusieurs gros jusqu’à une ou deux onces , suivant la force et la constitution du malade ; et on réitère cette dose pendant plusieurs jours de suite. On prescrit l’écorce moyenne des tiges à la dose d’une ou deux onces, qu’on fait bouillir légèrement dans une livre d’eau. On partage cette décoction en deux doses, à prendre à une demi-heure d’intervalle. On peut y ajouter un peu de lait , afin de tempérer sa saveur âcre et amère. Ce remède agit parfois comme un diurétique très-actif.
PH YTOGRAPHIE
A l’exemple de Sydenham, qui en fait un grand éloge, je m’en suis servi dans plusieurs circonstances, et j’en ai obtenu des effets merveilleux. Mais ces effets ne se réalisent que lorsqu’il y a de fortes et abondantes évacuations.
M. Martin Solon et M. Bonnet ( Bulletin de thérapeutique) 5 M. Birdt, deSiegburg (Gazette médicale), ont prescrit avec succès le suc de la racine de sureau contre diverses hydropisies.
Madame W. devint hydropique, en i8i3, sans cause appréciable. L’ascite et la leucophlegmatie étaient trèsconsidérables. La malade chercha en vain du secours auprès de plusieurs médecins. Son état s’aggravant de plus en plus , on lui conseilla le suc de la racine de sureau. Elle en prit environ deux onces pendant trois jours, et l’effet en fut si prompt que l’hydropisie disparut en peu de temps.
M. le docteur Birdt rapporte qu’une autre dame fut guérie en quatorze jours , par le même remède, d’une hydropisie générale.
M. Bonnet, médecin à Graulhet (Tarn), traitait d’une ascite une demoiselle, âgée de vingt-un ans. Après avoir vainement employé tous les moyens usités dans cette maladie , il voulut essayer le suc de la racine de sureau. La malade en prit d’abord deux onces , trois jours après trois onces, et cette dernière dose trois jours après. Des selles extrêmement abondantes et séreuses , et des vomissemens nombreux de même nature, furent chaque fois le résultat de cette médication. Après chacune de ces secousses , le ventre perdit de son volume et de sa dureté , et le dixième jour, il était tout-
à-fait revenu à son état naturel. Cette guérison inespérée ne s’est point démentie.
M. Birdt prépare ainsi ce remède. On arrache les racines de sureau encore jeunes, on les lave et on enlève l’écorce noire ; puis on sépare du bois de la racine l’enveloppe épaisse et molle qui vient après , et qui forme l’agent médicamenteux. On lave encore cette écorce , et on l’exprime dans un linge. Le suc abondant qui en découle a une couleur foncée , un goût amer, terreux, nauséabond. On en fait prendre une, deux et même trois tasses par jour. M. Birdt n’a pas osé en donner davantage , parce qu’il excite du dégoût et des nausées. Nous estimons que ces doses sont trop fortes pour nos malades; un Français ne saurait être traité comme un Allemand. Dans les hydropisies anciennes , liées à des désorganisations profondes, le suc de sureau ne sera sans doute pas plus efficace que d’autres ; mais il soulage souvent , et c’est beaucoup dans certains cas.
Les fleurs de tes arbrisseaux répandent une odeur pénétrante, volatile; on les emploie fréquemment en infusion théiforme, pour provoquer l’exhalation cutanée dans les affections rhumatismales , les catarrhes , les exanthèmes. Cette infusion est plus efficace si l’on y ajoute un peu d’oxymel simple. On se sert aussi extérieurement des mêmes fleurs , sous la forme de lotions , de fumigations , de cataplasmes , dans les contusions , les ecchymoses , les ophthalmies , les érysipèles, et autres phlegmasies de la peau.
La pharmacie nous offre une espèce de conserve préparée avec les fruits , qui porte le nom de roob de su-
veau. Pris à haute dose , ce roob a , selon Bergius , une vertu laxative et sudorifique. Quarin assure également qu’il dispose le corps aux évacuations par les selles , les urines et la transpiration. C’est, dit-il, un remède puissant contre les affections rhumatiques -, mais il faut en prendre trois ou quatre onces par jour.