‹ Phytographie médicale (volume 2)Chapitre 54 sur 64 · PROMENADE A SAINT-CLOUD · texte numérisé non relu

PROMENADE A SAINT-CLOUD

Par une belle matinée, j’avais gagné le plateau de Saint-Cloud. C’était vers la mi-avril , saison d’espérance et d’amour. Une chaleur bienfaisante était répandue dans l’air , la terre souriait , l’aubépine commençait à

fleurir, l’anémone Sylvie se balançait avec grâce sur la pelouse , la violette embaumait les buissons , et la primevère inclinait cà et là sa corolle d’or encore humide des pleurs du matin.

Les coteaux qui bordent la Seine resplendissaient des feux du soleil. A travers la cime à peine colorée des arbres , on voyait le fleuve se dessiner au loin comme un lac 5 et ses ondes, paisibles, presque immobiles, semblaient s’éloigner à regret de la terre classique des arts.

Délivrée du joug des vanités de la terre, plongée dans une vague rêverie , mon âme goûtait ce calme , cette paix si délicieuse des bois , au milieu du frémissement des feuilles naissantes , du parfum des fleurs et de la mélodie des oiseaux.

Charmant asile , témoin muet des plus étranges métamorphoses , tu as vu passer comme un songe des consuls , des empereurs , des rois ; mais au milieu de tous ces débris des grandeurs humaines, tu as du moins conservé tes ombrages. Ah ! puissé-je, sous leur abri tutélaire, me livrer encore aux études que j’aime, admirer cette divine harmonie qui préside à la création , rapproche et unit par des liens naturels tous les êtres qui peuplent l’univers , et bénir l’auteur suprême de tant de merveilles !

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