CAMOMILLE ROMAINE. ANTHEMIS NODILIS
Anthémis nobilis. Linn. Spec. 1260. DC. Fl. Fr. 3259.
Chev. Fl. Par. 3. 575.
Sa racine ligneuse et un peu rampante pousse des liges hautes de huit à neuf pouces , rameuses , faibles et un peu couchées. Les feuilles sont pinnatifides , à découpures linéaires , un peu courtes et aiguës , recouvertes d un léger duvet et d’un vert pâle. Les fleurs sont terminales et solitaires; le disque est jaune, le
rayon d’un blanc argenté. La variété qu’on cultive a des fleurs doubles et tout-à-fait blanches.
Celte plante croît dans les pâturages secs; on la trouve sur les pelouses des bois à Meudon, à Versailles, à Ville -d’Avray, etc. Ses fleurs, d’une saveur chaude et amère, exhalent une odeur forte, aromatique, pénétrante; elles fournissent une huile essentielle de couleur bleue , du camphre , un principe résineux et du tannin. On a tort d’employer les fleurs doubles , qui sont moins aromatiques.
Il n’est pas de médicament simple qui soit d’un usage aussi vulgaire que la camomille. Hypochondrie , hystérie , céphalalgie, accès fébriles , indigestions , inappétence , faiblesse d’estomac , aigreurs , flatuosités , refroidissement , diarrhée , choléra , tous ces maux de nature et de causes si diverses ont été tour à tour attaqués avec cette herbe aromatique. Certes , nous ne saurions blâmer l’usage de la camomille , lorsque les organes se trouvent dans un véritable état de langueur, comme cela a lieu assez souvent chez les femmes délicates et hystériques, chez les hommes livrés à des méditations profondes, sujets à des spasmes, à des migraines provenant de digestions laborieuses et incomplètes; l’indication de ce remède nous paraît alors assez précise, et son emploi peut être suivi d’un soulagement immédiat, ainsi que tous les médecins ont pu l’observer. Quelques tasses d’une infusion légère de ces fleurs remettent alors le malade, le raniment, font cesser ces bâillemens, ces flatuosités si incommodes; calment ce malaise, ces oppressions qui le tourmentent. Ce que nous blâmons , c’est l’abus qu’on