‹ Phytographie médicale (volume 3)Chapitre 21 sur 75 · CENTAURÉE CHARDON-BÉNI. CENTAUREA BENEDICTA · texte numérisé non relu

CENTAURÉE CHARDON-BÉNI. CENTAUREA BENEDICTA

Cenlaurea benedicta. Linn. Spec. 1296. DC. Fl. Fr. 3058.

Cette espèce pousse des tiges rougeâtres , laineuses , branchues, hautes d’environ un pied et demi. Les feuilles

PIIYTOGRAPHIE

sont oblongues , dentées, velues, d’un vert clair, traversées par une nervure blanche , et à peine demi-décurrentes; les inférieures sont sinuées et presque ailées. Les fleurs sont jaunes , terminales , entourées de bractées , et remarquables par leur involucre , dont les épines sont rameuses et jaunâtres.

Elle est originaire des provinces méridionales ; on la cultive dans les jardins pour les usages médicinaux.

Ainsi que l’espèce précédente, le chardon-béni est imprégné de principes amers qui rendent son usage recommandable dans les mêmes circonstances. Sa puissance médicamenteuse se rapproche de celle des gentianes et du trèfle d’eau. On peut donc l'employer pour relever le ton des voies digestives, pour dissiper les lièvres intermittentes qui ne tiennent pas à une lésion profonde du système nerveux. Nous nous garderons bien de répéter ici les éloges outrés qu’on trouve dans nos vieux livres, touchantlesvertusde celte plante dans la pleurésie , la pneumonie , les fièvres malignes, et autres maladies graves. Qui ne sait que les amers et les toniques sont presque toujours nuisibles dans ces affections diverses ? La médecine domestique , qui a si long-temps abusé et qui abuse encore de ce genre de médicamens , a grandement besoin d’être réformée.

On administre le cliardon-béni en poudre , en extrait, en infusion aqueuse et vineuse. Ces préparations, et surtout l’infusion des sommités fleuries , produisent d’abord un effet émétique. Il est nécessaire de débuter par de faibles doses.

5 III. CORYMBIFÈRES. CORYMBIFERÆ.

VERGERETTE. ERIGERON.

lnvolucre oblong, imbriqué. Fleurs radiées; fleurons hermaphrodites; demi-fleurons femelles, nombreux, linéaires. Aigrette simple.

VERGERETTE ACRE. ERIGERON ACRE.

Erigeron acre. Linn. Spec. 1211. DC. Fl. Fr. 3131.

Sa racine, dure et ligneuse, pousse des tiges droites, fermes , garnies de poils rudes , rameuses , hautes de huit à dix pouces. Les feuilles sont éparses, sessiles , oblongues , lancéolées , hispides comme les tiges. Les fleurs sont nombreuses , bleues ou rougeâtres , portées sur des pédoncules feuillés , ordinairement uniflores. Les graines sont couronnées par une aigrette rude , de couleur rousse.

Cette plante est commune dans les lieux arides et rocailleux; elle fleurit en juillet. Les fleurs contiennent un principe amer et irritant. Quelques médecins naturalistes , qui ont une sorte de prédilection pour les remèdes simples, les prescrivent dans les affections catarrhales du poumon.

La vergerette du Canada (. erigeron cnnadense ) , espèce si commune dans les terrains sablonneux, qu’on reconnaît à sa tige pyramidale hérissée de poils , à ses petites grappes de fleurs axillaires d’un jaunedoré, possède les mêmes vertus. Ses fleurs sont même préférables; car, outre une saveur légèrement amère , elles laissent dans

PH YTOGRAPHIE

la bouche une sensation de fraîcheur analogue à celle de l’éther ou de la menthe poivrée. On les fait sécher, et on les donne en infusion théiforme dans quelques cas d’hypochondrie et d’hystérie. Cette infusion, sucrée comme le thé , a un goût fort agréable.

Nous observerons néanmoins que deux autres espèces ont été signalées comme dangereuses : ce sont la vergerette fétide ( erigeron graveolens) et la vergerette visqueuse ( erigeron viscoswri) ; elles ont l’une et l’autre des feuilles hispides et gluantes qui répandent une odeur forte quand on les froisse. D’après Puinh , ces deux plantes sont âcres, narcotiques, et font périr les chèvres qui s’en nourrissent.

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