QUINQUINA. CHS CHOIX A
Calice turbiaé à cinq dents . Corolle tubulée , à cinq divisions plus ou moins étroites , souvent plus courtes que le tube , la plupart velues à leur sommet. Etamines ordinairement au nombre de cinq, à filamens très-courts, insérés vers le milieu du tube de la corolle ; anthères allongées , tantôt saillantes , plus souvent renfermées dans la corolle. Ovaire presque ovale , surmonté d’un style de la longueur de la corolle , et terminé par un stigmate épais, oblong, simple ou légèrement bifide. Capsule oblongue , Couronnée par le calice, à deux valves courbées en dedans à leurs bords, se séparant, à l’époque de la maturité, en deux parties ou comme en deux capsules. Semences oblongues , comprimées, à rebords membraneux , attachées à un réceptacle central.
QUINQUINA CONDAMINÉ. CINCHONa
CONDAMINEA.
Cinchona condaminea. Humb. etBoNPL. Plant, œquin. 1. 33. t. 10. — Cinchona ojfficinalis . Linn. Sjst. veg. ed. 10. p. 929.
(Planche 70.)
C’est un arbre cl’un port élégant , qui croît au Pérou, sur la pente des montagnes, près de Loxa et d’Ayavaca. Ses rameaux sont opposés, recouverts d’une écorce d’un gris verdâtre , et marqués de cicatrice après la chute des feuilles ; les inférieurs ont
une disposition horizontale; les autres se relèvent à leur extrémité. Ses feuilles sont ovales, lancéolées, munies de glandes , d’un vert luisant en - dessus , marquées en-dessous de plusieurs nervures , dont la principale et la plus saillante est ordinairement d’une belle couleur rouge. On remarque dans chacune de ces nervures un très-petit enfoncement qui renferme une liqueur cristalline très-astringente. Les pétioles sont courts , aplatis d’un côté , convexes de l’autre , avec deux stipules aiguës et caduques à leur base.
Les fleurs , teintes de rose et d’une odeur suave , forment une panicule terminale, étalée, à ramifications ordinairement trichotomes. Les pédoncules, légèrement pubescens , offrent à leur base et vers leur milieu de petites bractées opposées , aiguës. Le calice est presque pentagone , un peu hérissé , à cinq dents ovales, acuminées, ouvertes. La corolle est infundibuliforme, à tube rouge, garni de poils soyeux, à limbe divisé en cinq découpures aiguës plus courtes que le tube , ciliées au sommet et aux bords. Les étamines sont courtes , à filets égaux , attachés au fond du tube ; les anthères linéaires deux fois plus longues que la partie libre des filets. L’ovaire est rond, un peu déprimé , rougeâtre , adhérent au calice. Le style , droit, épais, un peu plus long que le tube, se termine par un stigmate légèrement bifide. La capsule est ovale , oblongue , couronnée par le calice , marquée longitudinalement de deux sutures opposées , à deux valves et à deux loges, renfermant un grand nombre de semences de forme lenticulaire , bordées d’une membrane Jaciniée.
Cette espèce de quinquina est connue sous Je nom de quinquina gris ou quinquina loxa. L’écorce fraîche est d’un gris cendré, remplie d’un suc jaunâtre qui en découle aussitôt qu’on la blesse. L’écorce sèche est mince, cylindrique, bien roulée, recouverte de petites crevasses transverses, d’une couleur grisâtre en dehors , d’nn rouge pâle intérieurement. Sa cassure est nette , son odeur peu sensible , sa saveur astringente et amère. Le quinquina loxa, devenu très-rare, est regardé en Espagne comme le plus énergique et le plus efficace contre les fièvres intermittentes.
Le cinchona scrobiculata de MM. de Humboldt et Bonpland a beaucoup d’analogie avec le cinchona condaminea ; il en diffère par le tronc, qui est plus élevé ; par les feuilles , d’une plus grande dimension ; et par les anthères , toujours plus courtes que la partie libre des filets. Les écorces de cette plante sont trèsestimées , et l’on en fait un grand commerce sous le nom de quina Jina.