‹ Phytographie médicale (volume 3)Chapitre 31 sur 75 · QUINQUINA A FEUILLES LANCÉOLÉES · texte numérisé non relu

QUINQUINA A FEUILLES LANCÉOLÉES

CINCHONA LANCIFOLIA.

Cinchona lancifolia. Mutis. Périod. Santa-Fé. 465. — Cinchona angustifolia. Ruiz. Quinol. Suppl, p. 21. — Cinchona nitida. R. et Pav. Fl. Peruv. 2. t. 191.

(Planche 71.)

Cette espèce , toujours solitaire sur les pentes escarpées des Andes, s’élève à la hauteur de trente à

quarante-cinq pieds. Ses rameaux sont couverts d’une écorce d’un brun pourpre , lisse , ou creusée de fentes transversales et obliques , souvent marquée de cicatrices provenant de la chute des feuilles. Celles-ci sont opposées, pétiolées, ovales, en forme de lance, longues d’environ deux pouces , veinées , d’un vert pâle, toujours lisses, sans scrobicules et sans glandes. Ses fleurs sont rougeâtres , disposées au sommet des rameaux en panicule ouverte et trichotome , avec des pédoncules parsemés d’un léger duvet. La corolle est divisée à son limbe en cinq découpures aiguës , tomenteuses en dedans, plus courtes que le tube. La capsule est oblongue , glabre , parsemée de stries peu apparentes.

L’écorce que fournit cet arbre porte le nom de quinquina orangé ; elle est roulée en tubes gros et épais , d’une substance compacte et dure , d’une cassure fibreuse. Sa surface est brune , rugueuse , fendillée transversalement, couverte de lichens grisâtres. La couleur intérieure de l’écorce est d’un jaune foncé, presque fauve ; son odeur est légèrement aromatique , sa saveur très-amère, mais peu astringente. Ce quinquina est fort rare ; il recèle , d’après Mutis , la vertu fébrifuge par excellence. Son principe aromatique le fait employer de préférence dans le traitement des fièvres accompagnées de symptômes nerveux. D’après l’opinion de Zea, de M. de Humboldt, et autres célèbres naturalistes, le cinchona nitida,\e cinchona lanceolata , et le cinchona rosea de la Flore péruvienne , ne sont que des variétés du cinchona lancifolia.

Le cinchonanitida, découvert par Ruiz en 1780, a un tronc stolonifère , et des pédoncules multiflores. Son écorce est regardée comme un excellent fébrifuge ; elle ressemble à celle du lancifolia de Mutis.

Le cinchona lanceolata a une ample panicule et des fleurs disposées presqu’en corymbe , avec un calice pourpré, une corolle d’un rose vif, à limbe velu, et des anthères hispides à leur base. Ses feuilles sont oblongues, lancéolées, glabres, traversées par des veines pourpres. Son écorce, brune, chagrinée, parsemée de cryptogames grisâtres, porte le nom de cascarilla amarilla, de Mugna ; elle est jaunâtre intérieurement et d’une saveur très-amère.

Le cinchona rosea, décrit par Ruiz etPavon, croît dans les forêts des Andes, aux environs de San-Antonio de Playa-Grande. C’est un arbre peu élevé, dont les rameaux quadrangulaires sont garnis de feuilles oblongues , acuminées , glabres et luisantes , avec des stipules purpurines situées à la base des pétioles. Ses fleurs forment une panicule droite, terminale; les pédoncules sont étalés , comprimés et pubescens. Le calice est de couleur purpurine ; la corolle rosée , d’environ quatre lignes de longueur. Le tube court, légèrement courbé , glabre à son orifice , s’évase en un limbe tomenteux à cinq divisions ovales. Les étamines sont velues à leur base , les anthères bifides et un peu saillantes. Son écorce est brune , lisse , de couleur chocolat intérieurement, d’une saveur ligneuse, styptique , mais peu amère.

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