RENONCULE. RANUNCULUS
Calice à cinq folioles. Corolles à cinq pétales, munis d’une petite écaille à la base. Capsules nombreuses, comprimées, réunies en tête, terminées par une petite pointe.
Quel beau temps ! quelle saison délicieuse ! Le soleil se montre avec son globe de feu sur la hauteur des collines , chassant devant lui quelques légers nuages tout brillans d’or et d’azur. Les champs , les prés , les ruisseaux , les rochers mêmes , sont tapissés de plantes qui saluent en souriant le dieu de la lumière , et semblent tressaillir de volupté sur leurs tiges. Un réseau de fleurs enlace la terre, la rajeunit, lui donne une nouvelle vie.
Me voici sous un antique chêne dont le vaste ombrage couvre un buisson tout riant de verdure , paré de guirlandes de chèvrefeuille , dont la senteur se mêle au souille des vents; un papillon aux ailes diaprées s’enivre de leur miel : il est immobile, on dirait qu’il sommeille. A côté de ces guirlandes si fraîches, un rustique arbrisseau ose montrer ses petits bouquets de fleurs verdâtres, taillées en étoiles : c’est l’évonyme
d’Europe. Un nid se balance au milieu de ses légers rameaux ; il porte l’oiseau du printemps et toute sa postérité.
Dans le lointain apparaît le château de Vanvres, retraite fondée par la médecine et la philosophie. La prairie étale à mes yeux une moisson de renoncules et de trèfles : c’est comme une tapisserie semée d’or, de pourpre et d’émeraudes. Comme elles sont jolies, ces renoncules avec leurs corolles si fraîches où la rosée du matin a laissé ses perles transparentes ! Ah ! méfiez-vous de cette fleur hypocrite : un feu dévorant est caché au fond de sa coupe qui vous paraît si séduisante. Voyez ce pauvre agneau qui bondissait , il n’y a qu’un instant , sur la pelouse , à côté de sa mère. Comme il souffre! comme tout son corps est en convulsions ! En vain elle le caresse, le réchauffe, lui présente sa mamelle pleine de nectar 5 il pousse à peine quelques cris plaintifs , il meurt empoisonné par des renoncules.