‹ Phytographie médicale (volume 3)Chapitre 47 sur 75 · MÉTHODE CURATIVE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

MÉTHODE CURATIVE GÉNÉRALE

Les indications curatives reposent entièrement sur l’état pathologique des organes qui ont ressenti les atteintes du poison. Les faits que nous avons recueillis prouvent d’une manière incontestable que le vomissement, excité dès les premiers momens, peut dissiper les symptômes les plus funestes. Il faut donc le favoriser par des boissons délayantes , par le chatouillement de la gorge ou par les émétiques. Des enfans empoisonnés par la cicutaire aquatique furent sauvés par le vomissement , tandis que cetix qu’on ne put faire vomir périrent. (Voyez les observations de Wepfer, que nous avons rapportées , page 362 de ce volume. ) Mais on préférera le tartre émétique , et on le donnera sans retard, afin de prévenir le resserrement spasmodique des mâchoires. Si l’on n’a point sous la main du tartre stibié ou de l’ipécacuanha , on pourra administrer une infusion légère de tabac à fumer ou en poudre; une pincée suflit pour une petite tasse d’eau. On provoquera ensuite les évacuations intestinales par des lavemens laxatifs, par une solution de manne, de crème de tartre, etc. Les traces d’inflammation et de gangrène qu’on a trouvées dans l’estomac ou dans les

intestins ne doivent, point faire renoncer aux vomitifs. Il y a plus : dans la plupart des empoisonnemens , ils sont la base essentielle de la méthode curative. Administrés dans la première période, ils préviennent la phlogose et les autres accidens consécutifs. Mais, à une certaine époque , il n’est plus permis d’y avoir recours : c’est lorsqu’une violente irritation , des douleurs aiguës , annoncent l’état pldegmasique des viscères. Les fomentations émollientes, les embrocations sédatives , lesbains tièdes , les lavemens , les boissons adoucissantes , l’application des sangsues sur les parties de l’abdomen les plus sensibles, les saignées générales, si la force du pouls le permet , voilà les moyens convenables , les seuls qui puissent encore sauver le malade. Lorsque le danger est dissipé , il faut surtout se tenir en garde contre les purgatifs , car rien n’est plus propre à rallumer l’inflammation gastrique, à peine éteinte. Comme les exemples instruisent mieux que les préceptes, on peut voir, page 3^5 , à quel danger fut réduit un malade qu’on purgea au moment où le calme commençait à renaître.

L’affection spasmodique de l’estomac, les vomissemens opiniâtres , la cardialgie , les crampes et autres accidens nerveux qui survivent à l’emploi des antiphlogistiques, doivent être combattus par l’opium. Ce médicament agit alors d’une manière spécifique , pourvu qu’on en donne des doses suffisantes.

La méthode doit être modifiée , si le poison excite des symptômes de stupeur, d’engourdissement, denarcotisme. Ainsi on donnera, immédiatement après les vomitifs, des boissons acidulées avec le vinaigre ou avec

le suc de citron , une infusion de café , des potions excitantes. La rougeur de la face et des conjonctives, la plénitude et la dureté du pouls , le coma , annoncent une congestion cérébrale qu’il faut combattre non par l’émétique , qui pourrait causer une véritable apoplexie , mais par la saignée , par l’application des sangsues aux tempes ou sur le trajet des jugulaires, par des pédiluves irritans. Dans les cas de trismus avec faiblesse et insensibilité , on cherchera à opérer uné réaction vitale par les rubéfians, par des frictions alcoholiques, par des secousses réitérées. Ces moyens d’excitation, continués avec persévérance pendant plusieurs heures , ont quelquefois produit des effets inattendus. Pendant la convalescence, on donne quelques toniques, du vin, des bouillons restaurans ; mais le régime doit être plus sévère, si le poison a particulièrement affecté les tuniques digestives.

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Ranunculaceœ. Juss. DC.

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