RENONCULE AGRE. RANUNCULUS ACRIS
Ranunc.ulus acris. Linn. Spec. 779. DC. Fl. Fr. 4643.
Curt. Bot. Mag. t. 215.
( Planche 86.)
Les tiges sont droites, fistuleuses , rameuses, presque nues, hautes d’un à deux pieds. Les feuilles radicales sont pétiolées , un peu velues , quelquefois maculées , palmées, anguleuses, découpées en lobes pointus et incisés -, les supérieures sont sessiles, à trois ou cinq divisions linéaires , entières. Les fleurs sont assez grandes, d’un jaune luisant, portées sur de longs pédoncules à l’extrémité des tiges et des rameaux. Le calice est ouvert et velu. Cette plante abonde dans les
pâturages , les prés humides. On la cultive dans les parterres sous le nom de bouton d’or.
PROPRIÉTÉS DÉLÉTÈRES
Elle s’adoucit par la culture, mais, dans son lieu natal , elle est presque aussi dangereuse que l’espèce précédente. Toutes ses parties , et particulièrement les fruits, sont très-caustiques. Les racines, les lèuilles et les tiges produisent sur la peau une douleur brûlante , suivie de gonflement, d’inflammation et de phlyctènes. On les employait anciennement à la place des cantharides, après les avoir réduites en une espèce de pulpe, contre les maladies goutteuses invétérées , la névralgie sciatique , les vieux rhumatismes , les céphalalgies opiniâtres. On appliquait aussi ce topique sur le carpe , pour supprimer les accès des fièvres intermittentes : la chaleur qui s’ensuivait était quelquefois si intense, que le froid fébrile n’avait point lieu. Ces moyens perturbateurs bien dirigés ont eu sans doute d’heureux résultats dans plusieurs circonstances : on pourrait même substituer avec avantage aux cantharides la plupart des renoncules, lorsqu’on craint l’action irritante des épispastiques ordinaires sur les reins -, mais les charlatans ont quelquefois abusé de ces plantes d’une manière déplorable. Plusieurs faits prouvent qu’elles ont produit la fièvre, le délire, des douleurs atroces, des ulcérations profondes , et même le sphacèle.