ADONIS PRINTANIER. ADONIS FERNALIS
Adonis vemalis. Linn. Spec. 771. DC. FI. Fr. 4622.
Lapeyr. Hist. Plant. Pyr. 1. 312.
(Planche 94.)
Sa racine , épaisse , fibreuse et noirâtre , pousse une tige simple ou peu rameuse , faible , haute d’environ un pied. Les feuilles sont nombreuses , sessiles , à découpures très-menues , très-rapprochées de la tige. Les fleurs sont grandes, terminales, jaunes, composées de douze à quinze pétales, oblongs, finement striés dans leur longueur. Les capsules sont velues et disposées en une tête ovale. Une variété se distingue par ses pétales plus étroits et par les découpures un peu moins fines de son feuillage. Cette jolie plante habite les collines des provinces méridionales de la France ; on la trouve aussi dans les Alpes de la Suisse , d’où elle m’a été envoyée par M. Watt, botaniste trèsdistingué de Délémont. Je possède un échantillon des deux variétés.
On a cru pendant long-temps que cet adonis était l’hellébore noir des anciens 5 Schulze ( Toxicologia veterum) et Vogel ( Fiïstoria maleriœ medicœ) lui attribuent les mêmes propriétés. Ses racines ont une odeur forte , nauséeuse, et une saveur âcre mêlée d’amertume. Lorsqu’elles sont fraîches , elles purgent violemment , et peuvent enflammer les organes gastriques à la manière des hellébores et des renoncules. Dans quelques pays , on les substitue à celles de notre hellébore à fleurs roses Çhelleborus niger. Linn.).
Adonis de l’Apennin , adonis Apennina. C’est une superbe espèce qui ressemble beaucoup à l’adonis printanier 5 mais elle en diffère par sa tige plus élevée , par ses feuilles à découpures moins étroites , à pétioles beaucoup plus longs. Ses fleurs sont grandes , terminales, d’un beau jaune, portées par un pédicule nu et strié. Les capsules sont glabres, anguleuses , pointues, réunies en une tête ovale. Gilibert et Lapeyrouse ont cueilli cet adonis anx Pyrénées, dans la vallée d’Eynes. Tous les bestiaux évitent avec soin ces plantes âcres. Quelques amateurs les cultivent dans les jardins , à une exposition un peu humide.
Voyez , pour la culture des adonis , des anémones et des renoncules, le livre de M. Pirolle, V Horticulteur français ou le Jardinier amateur.
CLÉMATITE. CLEMAT1S.
Calice nul. Corolle à quatre ou cinq pétales. Capsules surmontées d’une longue queue plumeuse.
CLÉMATITE BRULANTE. CLEMAT1S FIT A LBA.
Clemaiis vitalba. Linn. Spec. 766. DC. Fl. Fr. 4590.
Jacq. Fl. Auslr. t. 308.
(Planche 95.)
Cette plante caustique est connue sous le nom vulgaire d 'herbe aux gueux. Ses tiges, anguleuses, un peu ligneuses, grimpantes, montent jusqu’à douze ou quinze pieds lorsqu'elles rencontrent un appui. Ses feuilles sont glabres, ailées, composées ordinairement
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de cinq folioles un peu en cœur, pointues, plus ou moins dentées , marquées de trois nervures ; les pétioles s’accrochent à tous les corps voisins, autour desquels ils se roulent en manière de vrille. Les fleurs sont blanches , un peu odorantes , disposées en grappes latérales sur des pédoncules pubescens, plusieurs fois trifides. Les semences forment , par la réunion de leurs aigrettes, des houppes argentées d’un effet trèsagréable. Ces aigrettes durent une partie de l’année , et font donner à la plante , par les Anglais , le surnom de plaisir des voyageurs.
Cet arbuste croît dans les haies et sur la lisière des bois : on le cultive pour l’ornement des jardins.
PROPRIÉTÉS DÉLÉTÈRES
Toutes ses parties ont une saveur brûlante et caustique. Les feuilles fraîches, ainsi que l’écorce des tiges , appliquées sur la peau , l’enflamment et l’ulcèrent. Les jeunes pousses , les feuilles naissantes, dont les sucs ne sont pas encore bien élaborés, sont beaucoup moins âcres. Dans quelques parties de l’Italie on mange même les bourgeons, cuits à l’eau ou confits dans du vinaigre. Mais lorsque la plante a acquis toute sa force , elle est certainement vénéneuse , et les bestiaux qui la mangent alors dans les pâturages éprouvent des tranchées violentes , des flux dysentériques.
Les feuilles sèches , analysées parle docteur Mueller, ont fourni une huile essentielle, flavescente, d’un goût caustique , surnageant sur l’eau à la distillation ; une huile butyracée , de l’extractif et de la résine. L’eau distillée a une saveur très-âcre.