‹ Phytographie médicaleChapitre 35 sur 116 · COPAIER. COP AI FER A · texte numérisé non relu

COPAIER. COP AI FER A

Périanthe simple , ealicinal , à quatre divisions ouvertes. Dix étamines; anthères pendantes. Un ovaire, un style, un stigmate. Légume ovoïde, à deux valves. Une graine entourée d’un arille pulpeux .

COPAIER OFFICINAL. COPAJFERA OFFICINALIS.

Copaifera officinalis. Linn. Spec. 557. Jacq. Stirp. Americ.

Hist. 133. t. 86.

(Planche 129.)

C’est un arbre élevé, dont les petits rameaux sont fléchis en zigzag et recouverts d’une écorce d’un brun grisâtre. Ses feuilles sont ailées, à trois ou quatre paires de folioles ovales, lancéolées, entières, d’un vert luisant, plus étroites d’un côté que de l’autre, et alternes, excepté les terminales. Les fleurs sont blanches , disposées en grappes axillaires au sommet des rameaux. Le fruit est une capsule ovale , pointue , bivalve , dans laquelle est renfermée une semence ovoïde , munie d’une enveloppe pulpeuse.

Le copaier croît dans les forets épaisses du Brésil et dans les Antilles. Pendant les chaleurs de l’été , on pratique sur le tronc et sur les branches des incisions profondes , d’où découle une liqueur résineuse, d’abord limpide , ensuite plus épaisse , et d’un jaune pâle. Cette espèce de résine , connue sous le nom de baume de copahu , se fait remarquer par une odeur très-pénétrante , par une saveur âcre , amère et aromatique -, elle contient une grande proportion d’huile volatile.

PHYTOGR APHIE

La résine de copahu est douée d’une vertu excitante très-marquée , qui agit particulièrement sur les intestins et sur l’appareil urinaire. On a fait un si funeste emploi des corps résineux et balsamiques , qu’on ne saurait trop surveiller l’action de cesmédicamens dans les ulcérations internes. C’est en vain qu’on a préconisé leurs succès dans le traitement de la phthisie , du catarrhe pulmonaire , des affections chroniques des reins et de la vessie ; ces maladies , presque toujours accompagnées de mouvemens fébriles , de chaleur et d’irritation , réclament , dans le plus grand nombre de cas , une méthode douce et tempérante. En effet , que peut-on espérer du baume de copahu dans la phthisie tuberculeuse , lorsque la fièvre est vive , et que les organes de la respiration sont atteints de phlogose ? Cette substance , par sa nature chaude et stimulante , ne doit-elle pas , au contraire , hâter les progrès de la consomption, comme l’a trèsbien prouvé Fothergill dans un excellent mémoire sur l’abus des remèdes balsamiques dans la phthisie pulmonaire ? ( Medical Observations and Liquides , etc., tome 4, page 2 3 1 .) C’est ainsi que le docteur Hoppe , en dissertant sur le baume de copahu , a également reproduit les graves inconvéniens qu’entraîne son usage inconsidéré , tels que la fièvre , la toux , une chaleur générale, des hémorrhagies, etc. Quoiqu’il en soit, nous ne contestons point l’utilité du baume de copahu dans les affections catarrhales dépendantes de la faiblesse du poumon , dans les toux humides , dans les rhumes qui se prolongent chez les individus d’une constitution molle et lymphatique, dans les diarrhées ou les dysenteries chroniques fomentées par l’inertie des intestins , dans

certaines affections des reins et de la vessie , lorsque ces organes sont exempts de douleur et d’irritation ; mais , on ne saurait trop le répéter , il faut surveiller attentivement Faction stimulante de cette résine , la donner à petites doses, la combiner avec quelque substance d’une nature douce, et en discontinuer F usage, si elle provoque une chaleur vive ou quelque autre impression fâcheuse.

Les praticiens qui avaient observé Faction spécifique du baume de copahu sur les membranes muqueuses de l’appareil urinaire l’employaient fréquemment pour détruire les blennorrhagies opiniâtres -, mais ils s’abstenaient de ce médicament lorsque l’urètre était encore enflammé ou vivement irrité. Cependant M. le docteur Ribes a prouvé , par des faits recueillis en grand nombre depuis 1804 jusqu’à ce jour, que le baume de copahu peut être administré avec un rare avantage , non-seulement vers la fin de la gonorrhée , mais encore lorsque l’écoulement est dans toute sa vigueur. Il veut surtout qu’on l’administre à haute dose , depuis trois ou quatre gros jusqu’à une once par jour, et même davantage , si le malade est assez bien disposé pour vaincre le dégoût qu’excite sa saveur résineuse. Il l’a également prescrit , avec non moins de succès , contre l’engorgement du testicule, contre l’ophthalmie et autres accidens produits par la suppression spontanée du flux gonorrhoïque. A l’exemple de M. Ribes , qui m’avait souvent entretenu de la grande efficacité de ce médicament, j’en ai fait l’heureuse épreuve dans toutes les périodes de la gonorrhée. M. Ansiaux , professeur de clinique chirurgicale à l’université de Liège , M. le professeur Delpech , M. le

baron Larrey , et autres praticiens distingués , Font également employé à fortes doses dès le début de cette maladie. On ne peut néanmoins se dissimuler cpie, chez certains individus qui ont les, entrailles très-sensibles , ce remède produit quelquefois une irritation vive , et même des déjections sanguinolentes $ en sorte qu’il serait dangereux d’en continuer l’usage.

On prescrit le baume de copahu à la dose de trente ou quarante gouttes , qu’on suspend dans un mélange d’eau de menthe et de sirop de gomme arabique. On peut également l’administrer sous la forme d’électuaire , en le triturant avec suffisante quantité de sucre et de jaune d’œuf.

Électuaire balsamique contre la blennorrhagie. Prenez , baume de copahu , sucre pulvérisé , de chaque , deux onces; teinture de succin, deux gros. Mêlez et triturez exactement. Par l’addition du succin , on corrige la saveur forte et désagréable du baume de copahu. Cet électuaire , dont on peut d’ailleurs élever les doses suivant la disposition et le tempérament du sujet * triomphe ordinairement des gonorrhées les plus rebelles. Il n’est pas moins efficace contre les flux invétérés connus sous le nom de fleurs blanches . En le donnant avec persévérance et à des doses modérées, je suis parvenu à tarir ces écoulemens, qui énervent le système des forces, et produisent peu à peu chez les femmes nerveuses et débiles une consomption incurable. Je fais prendre immédiatement après chaque dose d’électuaire une tasse de thé. Je ne parle point de cette espèce de leucorrhée symptomatique d’une inflammation sourde ou plus ou moins aiguë de l’utérus ; on sent bien qu’elle exige d’autres moyens thérapeutiques.

Nous mentionnerons , en passant , le baume du Pérou , provenant d’un arbre qui croît dans les forêts de l’Amérique méridionale , et que les botanistes désignent sous le nom de mjroxilon peruiferum. Ce baume, d’un rouge-brun, d’une consistance sirupeuse, d’une odeur suave , aromatique , d’une saveur chaude , un peu âcre , est un remède stimulant qu’on emploie dans quelques affections chroniques du poumon et des voies urinaires. Werlhof le combine avec l’extrait mou de quinquina et le miel rosat. Il est inutile d’insister sur l’abus qu’on a fait de préparations analogues dans les catarrhes pulmonaires.

Mixture diurétique de De Haen. Prenez, baume du Pérou , un gros et demi -, sirop de réglisse , trois onces; jaunes d’œufs, nu 2. Mêlez et incorporez. La dose est d’une cuillerée à café toutes les trois heures. On boit immédiatement après chaque dose une tasse d’infusion de semences de lin, légèrement sucrée. De Haen donnait cette mixture pour exciter d’une manière douce le flux des urines , lorsque des coliques ou d’autres symptômes d’irritation ne permettaient pas l’emploi de diurétiques plus actifs. Une femme qui avait subi l’opération de la paracenthèse en éprouva les plus heureux effets.

PHOTOGRAPHIE

POLYGALÉES. POLYGALEÆ.

Poligalece. Juss. Ann. du Mus.

POLYGALA. POLYGALA.

Calice à cinq folioles persistantes, dont deux intérieures plus grandes et en forme d’ailes. Corolle irrégulière de trois à cinq pétales unis aux filets des étamines, et formant deux lèvres, la supérieure à deux lobes , l’inférieure concave bifide. Huit étamines réunies en deux faisceaux ; anthères à une loge. Un style. Capsule comprimée , ovale ou en forme de cœur renversé , biloculaire , semences pubescentes.

POLYGALA VULGAIRE. POLYGALA VULGAR1S.

Polygala vulgaris. Linn. Spec. 986. DC. Fl. Fr. 2382. Vaill. Bot. t. 32. f. 1. FL Dan. t. 516.

Cette petite plante a plusieurs tiges grêles , étalées , re^ dressées , ordinairement simples et un peu anguleuses. Ses feuilles sont étroites , lancéolées , pointues , glabres , éparses. Chaque tige se termine par un épi de fleurs violettes , bl eues ou roses , assez grandes , et toutes tournées d’un seul côté. La capsule est glabre, sessile, ovale, cordiforme , plus courte que les ailes du calice ; celles-ci sont de même couleur que la corolle , et ont trois nervures.

On rencontre ce polygala , en été , au bord des bois

et des pâturages secs 5 il est très-commun aux environs de Versailles , dans le parc de la Cour-Roland , dans les vallées de Jouy, de Chevreuse , deDampierre, etc. Les fleurs varient en rose plus ou moins vif, en bleu , en violet-, on en trouve aussi de blanches.

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