BOULEAU BLANC. BETULA A LBA
Betula alba. Linn. Spec. 1393. DC. Fl. Fr. 2106.
Jacq. Hort. Yind. t. 122.
Arbre remarquable par son port, et par la couleur argentée de sa tige. Il croît dans toute sorte de terrains, dans les marécages , sur les montagnes , sur les collines arides, sablonneuses, et jusque dans la fente
des rochers: mais il se plaît davantage dans les lieux humides. Son tronc, revêtu d’une écorce d’un blanc de neige, se divise en rameaux nombreux, étalés, flexibles, garnis de feuilles alternes, pétiolées, deltoïdes, dentées en scie, d’un joli vert en dessus , d’une teinte plus pâle en dessous. Les chatons mâles sont terminaux , géminés ; les chatons femelles sont solitaires , latéraux , à écailles en forme de trèfle.
Le bouleau est un arbre charmant , surtout dans les lieux solitaires , sur le penchant des collines rocailleuses. J’aime son feuillage léger, la blancheur éclatante de sa tige , l’abandon et la grâce de ses rameaux. Il donne, au printemps, une sève abondante et sucrée dont on fait, parla fermentation, une liqueur vineuse fort agréable.
Pour obtenir la sève, on perce le tronc du bouleau, ou bien on coupe l’extrémité des branches , et on laisse couler la liqueur dans des vase destinés à la recevoir. Cette opération se pratique toujours au commencement du printemps , et l’arbre donne d’autant plus de sève que l’hiver a été plus rigoureux. Les bouleaux de moyen âge , et ceux qui croissent dans les lieux élevés, en produisent une plus grande quantité. C’est vers l’heure de midi qu’elle coule en plus grande abondance. On préfère comme plus sapide et plus aigrelet le suc des rameaux supérieurs.
Lorsqu’on a rassemblé une assez grande quantité de sève , on en fait du vin en y ajoutant du miel ou des raisins secs et quelques aromates. On laisse fermenter ce mélange dans un tonneau bien fermé pendant trois ou quatre semaines. Alors on soutire la liqueur, et on
PHYTOGRAPH1E
la met dans des bouteilles. Cette liqueur est pétillante, apéritive et d’une saveur légèrement acide ; c’est presque du vin de Champagne.
Les vieux médecins ont donné de grands éloges au suc du bouleau dans le traitement du calcul. C’est un médicament doux, rafraîchissant, mucilagineux , qui convient surtout à la suite de l’inflammation de la vessie, et qui a le précieux avantage de tenir le ventre libre lorsqu’on en prend une quantité suffisante. Van Helmont l’employait souvent pour calmer les douleurs causées par la gravelle; il en donnait trois’ou quatre onces deux ou trois fois par jour.
L’écorce intérieure des rameaux est légèrement amère et fébrifuge , qualité dévolue à l’écorce de plusieurs amentacées. On l’emploie en décoction, ainsi que les feuilles, pourdéterger les vieux ulcères.
On retrouve les mêmes propriétés dans la plupart des amentacées. L’aune commun ( betula alnus. Linn.), le coudrier, le chêne, contiennent dans leur écorce une matière extractive, amère, astringente et plus ou moins fébrifuge.
L’écorce du chêne rouvre ( c/uercus robur . Linn.) contient beaucoup de tannin , et on la substitue assez souvent au quinquina pour l’usage extérieur. Cette écorce , mêlée avec le muriate d’ammoniaque , est un puissant remède contre le sphacèle.
Dans quelques genres , l’écorce renferme une matière balsamique ou gommo-résineuse qui a de l’analogie avec le suc des térébinthacées. C’est ainsi que le liquidantbar d’Amérique (liquidambar styraciflua. Linn.) donne une résine fluide, transparente, d’une odeur
suave , d’une saveur aromatique. Ce suc résineux , qui suinte des blessures qu’on a faites à l’écorce des rameaux , jouit de la propriété stimulante des baumes et des résines.
CONIFÈRES. CONIFERÆ.
Coniferœ. Linn. Juss. DC.
PIN. P INUS.
Fleurs monoïques. Chatons mâles disposés en grappes compactes et terminales , composés d’écailles staminifères au sommet ; deux anthères à une loge. Chatons femelles simples, composés d’écailles imbriquées, pointues, colorées; deux ovaires astigmates glanduleux; cônes formés d’écailles oblongues, ligneuses, élargies au sommet; deux noix osseuses ou testacées, monospermes, recouvertes d’une membrane qui se prolonge en forme d’aile. Feuilles persistantes, réunies deux à deux ou en plus grand nombre dans une même gaine.