PIN SAUVAGE. P INUS SYLVESTRIS
Pinus sylvestris. Poir. Dict. Encycl. 5. 335. DC. Fl. Fr.
2054. Duham. Ed. Nov. 5. t. 66. — Pinus sylvestris.
Linn. Spec. 1418.
Dans les forets , cet arbre s’élève à une belle hauteur ; son tronc est nu , droit , élancé , rameux vers son sommet. Lorsqu’il croit solitaire et en plein air, il s’élance moins , et il pousse des branches nombreuses à la partie inférieure du tronc. Ses jeunes pousses sont verdâtres ; ses feuilles dures , longues d’environ deux pouces, étroites, courbées en gouttière, pointues, d’un vert un peu
bleuâtre, renfermées deux à deux dans une gaine courte et cylindrique , munies d’une écaille roussâtre à leur base. Les cônes sont courts, coniques, pointus, pendans vers la terre ; leurs écailles sont épaisses, d’un gris cendré , obtuses , ligneuses , amincies à leur base , terminées en massue , quadrangulaires , ombiliquées à leur sommet.
On le nomme pin commun , pin de Russie > pin de Genève , pinéastre. Il forme, dans une grande partie de la France , de vastes forets , surtout dans les hautes montagnes. On le trouve également en Suisse , en Allemagne , en Suède , en Norvège , et jusque dans la Laponie. Il s’accommode de tous les climats; il croît dans les plus mauvais terrains , et on peut le cultiver dans des lieux qui semblaient être condamnés à une aridité éternelle.
Miller regarde le pin rouge ou pin d’Écosse ( pmus rubra ) comme une variété du pin sauvage. Ses jeunes rameaux sont rougeâtres , inclinés , garnis de feuilles courtes, menues, piquantes et d’un vert glauque. Les cônes sontpendans, presque coniques, pointus, réunis par bouquets de deux , trois ou quatre autour des branches. Ce pin croît dans les Alpes et dans le Nord ; il est commun en Écosse et en Russie. Son bois est rougeâtre et très-résineux ; on en fait des mâts de navire.
PHYTOGR APHIE
PIN MUGHO. PINÜS MUGHO.
Pinus mugho. Poir. Dict. Encycl. 5. 336. DC. Fl. Fr. 2056.
Lapeyr. Hist. Plant. Pyr. 2. 587. Duham. Ed. Noy. 5. 233.
Son aspect est sombre , et sa hauteur presque égale à celle du pin sauvage. Son tronc se divise en branches étalées , d’un pourpre noirâtre, et dont les plus jeunes sont un peu pendantes ; le bois nouvellement coupé est roussâtre et très-résineux. Les feuilles sortent deux à deux , et souvent trois à trois , d’une gaine commune ; elles sont étroites , terminées en pointe, longues d’environ deux pouces , et d’un vert prononcé. Le chaton mâle est composé d’une cinquantaine de petites grappes très-serrées, arrondies. Les fleurs femelles naissent sur des branches différentes où elles forment des cônes ovales, très-pointus, d’un rouge de cannelle vif; l’extrémité des écailles est saillante, ordinairement en forme de pyramide à quatre pans réguliers.
Ce pin se reproduit sous plusieurs variétés ; il croît dans le Nord , dans les montagnes de la Suisse et du Dauphiné. On le nomme vulgairement mugho , torchepin , pin d Haguenau. Ses feuilles exhalent une forte odeur de térébenthine; ses branches donnent une résine claire et abondante. Dans les montagnes, on fait avec le bois des torches qui brillent fort bien.