Du Plessis d'Argentré, pp. 3io-3i
2. Pour la suite et l'issue de ce procès, voir Crévier, t. IV, pp. 424-428; Du Boulay, t. V, pp. 771 et sqq. On en vint à un accommodement et deux brefs du pape du 6 et 7 décembre i486 adressés, le premier, à Jean Cossart, vicaire de l'inquisiteur de la foi au-delà des monts, le second, au doyen, régents et maîtres de la Faculté de théologie, étant arrivés après le règlement de cette affaire, ils furent considérés comme non avenus. Dans le bref du 7 décembre, on remarque cette phrase du pape relativement à la foi : « Et quoniam hcec omnia fidem tangiint, estqiie in Ecclesia res prœcipua et unica, intendimus... » Du Plessis, p. 317. Sur ce chapitre, Innocent VIII se montra toujours inflexible. Pic ne
incident ait eu une influence quelconque sur son esprit : Pic avait d'ailleurs foi en son génie et envisageait l'avenir avec confiance. Nous n'avons aucun détail sur son séjour à Paris : nulle allusion dans sa correspondance ou celle de ses amis qui est muette pour toute cette période. Les registres de la Faculté des arts qui auraient pu relater son nom ont disparu ; de même ceux de la Faculté de théologie. Le diarium de la bibliothèque de Sorbonne qui contient la liste des prêts de livres faits depuis 1402 jusque vers l'année i53o avec le nom des emprunteurs est mutilé de la partie correspondant aux dates qui nous occupent ', si bien que tout ce qu'on pourrait dire à son endroit se borne à des hypothèses et n'offrirait, par suite, que peu d'intérêt.
Il ne sera pas excessif, toutefois, d'inférer que Pic dut entrer en relations avec quelques-
devait pas tarder à en faire l'expérience cruelle. Guettée dit à tort qu'on ignore l'issue de ce procès, Hist. de l'Église de France, t. VIII, p. 63.
I. Manuscrit de la bibliothèque Mazarine, n° 576. Voir Delisle, Cabinet des manuscrits, t. II, pp. 191 et sqq.
uns de ses compatriotes fixés ou de passage à Paris, et qu'il visita le collège des Lombards spécialement affecté à Tinstruction et à l'entretien des étudiants italiens sans fortune. Fondé en i333, en TUniversité de Paris, par Andréa Ghini, Florentin, alors évêque d'Arras, qui, dans ce but, avait donné sa maison sise près de Saint-Hilaire, le collège des Lombards comptait onze boursiers, trois proviseurs, et était sous la protection du chancelier de l'Église de Paris et de l'abbé de Saint- Victor. Très florissant au début, ce collège avait l'honneur de compter parmi ses membres Robert de Bardy, qui fut chancelier de l'Université de Paris en i336 '. Les villes de Florence, de
I. Du Boulay, t. V, p. 989. Sur la date de sa nomination, lire l'intéressante discussion de Tiraboschi, Storia délia letteratura ital. (Milan, 1823, in-8°), t. V, pp. 2i5et sqq.; de Sade, Mémoires sur Pétrarque, Paris, 1764, in-4°, t. I, p. 3ii. Voir dans Du Breul, Le théâtre des antiquité:^ de Paris, Paris, 1612, in-4°, la description 0 du Collège des pauvres Escholiers d'Italie, vulgairement dit des Lombards de la charité de la benoiste Vierge », pp. 689-692. Sur l'organisation de ce collège, on trouvera des détails curieux
Pistoie, de Modène et de Plaisance, subventionnaient ce collège, dont l'éclat avait beaucoup pâli au moment où Pic de la Mirandole vint en France. Le jeune philosophe désira certainement connaître le fameux Balbi, de Venise, professeur à l'Université, qui venait de dénoncer la grammaire de Guillaume Tardif, comme entachée d'erreurs qu'il se flattait de démontrer'. Cette querelle dégénéra en une guerre de plume qui atteignit un degré de violence et d'obs-
dans les Statiiti diModena del iSjS, Modène, 1578, in-fol., ch. i", fol. I et sqq. Félibien a donné le vidimiis de la fondation du collège des Lombards dans son Histoire de Paris, t. III, pp. 427-431. Certains princes et grands seigneurs italiens entretenaient à leurs frais des jeunes gens pauvres, leurs compatriotes, à l'Université de Paris. Colle, Storia délia Università di Padova, t. II, p. 173, cité par Coppi, Le Università italiane nel medio evo, Florence, 1886, in-S", p. 282, note i ; Joannis Jov. Pontani. Opéra omnia soluta oratione composita (Venise, i5i8), Jn-4°, t. I, de Liberalitate, fol. 109 r° et v. (Sur les sentiments de haute estime de Pontano envers Pic, dont il différait entièrement d'opinion en astrologie, voir le passage sur son traité De Fortiina, t. I, lib. III, fol. 3oo r°.)