Ibidem
les nonces lui dépêchaient, le 3o janvier, un courrier porteur des lettres royaux, du dossier du procès et d'une lettre personnelle par eux écrite à cette fin qu'il renvoyât Pic en Bresse, où il serait détenu par ordre du pape : la chose était possible, parce que le roi avait abandonné Pic à la discrétion du gouverneur de Dauphiné, sur les terres de qui il avait été arrêté. Les nonces eussent préféré de beaucoup qu'il en fût ainsi, pour éviter les discussions qu'ils prévoyaient avec certains membres du Parlement et les amis de Pic ; que si, malgré toute la diligence qu'ils avaient mise, il était trop tard, le mieux était de faire ce qui, légitimement, devait être fait.
Les nonces accusaient le chancelier de Philippe de Savoie d'être la cause de tous ces contretemps; leur intention toutefois était, s'ils arrivaient au but de leurs efforts, de profiter de l'immunité dont jouissait le siège épiscopal de Grenoble pour y faire retenir prisonnier le comte de La Mirandole '.