‹ Pic de la Mirandole en France (1485-1488)Chapitre 30 sur 47 · Lettres des nonces. Appendice V · texte numérisé non relu

Lettres des nonces. Appendice V

2. Voir le curieux portrait que les nonces traçaient de l'archevêque de Bordeaux, dans notre volume, Djem-SuUan, pp. 187-188, et note 2 ; et l'étude de M. A. Péricaud, dans la Revue du Lyonnais, t. VIII, (1854), Notice sui' André d'Espinay... ., pp. 2i-3g.

poursuiic de Pic, pour l'aiicindrc cl s'emparer de sa personne. Ils espéraient qu'alors le seigneur de Bresse ne mettrait pas obstacle à ce que Pic fût envoyé prisonnier dans son château, au siège de son gouvernement, ou dans une de ses dépendances '. Que se passa-t-il? Les lacunes de la correspondance des nonces ne nous permettent pas de le dire : nous apprenons seulement par une lettre du 19 février que Pic était détenu au donjon de Vinccnnes % qu'il invoquait de

1. Lettre des nonces au pape, 3 février 1488. Appendice V, 2.

2. Cf. notre article dans le journal La Republique française, n" du 26 décembre i8g3, Pic de la Mi- 1-andole au donjon de Vincennes. Bien qu'Enguerrand de Marigny, le ministre de Philippe le Bel, ait été incarcéré au donjon de Vincennes, ce n'est vraiment que sous le règne de Louis XI que la tour du donjon reçut des prisonniers d'Etat, comme en fait foi un compte de réparations de l'année 1472. Poncet de la Grave, Mémoires intéressans pour servir à l'histoire de France, ou tableau historique, chronologique, ecclésiastique, civil et militaire des Maisons Royales, Châteaux et Parcs des Rois de France, avec fig. en taille douce, Paris, 1788- 1789, in-12, t. I, pp. 6 et sqq. et 2 19. Sous Charles VIII, le Conseil

nombreuses excuses en sa faveur, qu'il était prêt à abjurer de nouveau ses conclusions à l'Université de Paris ' et qu'il promettait de se soumettre à la décision du Souverain Pontife. Mais les nonces furent inflexibles, et ils écrivaient au Saint Père qu'ils feraient en sorte, auprès de l'Université et de la Faculté de théologie, et surtout auprès du confesseur du roi, Jean de Rély, et de Monsieur de Meaux qui jouissait à la Faculté d'une grande influence, que satisfaction

tint plusieurs fois ses séances au château de Vincennes ; v. Bernier, Procès-verbaux des séances du Conseil de Régence du roi Charles VIII, Paris, i836, in-4°, pp. 81,86,88,98, etc. — Aprèsl'entrée de Charles VIII à Paris, le 5 juillet 1484, la cour résida, pendant deux mois, tantôt à Paris, tantôt à Vincennes. Yoy.ï^élicicr, Essai sur le Gouvernement de la Dame de Beaujeu, p. 83. Voir également les procès-verbaux du Conseil rq)'a/ (mars-juillet 1484). Ibidem, pp. 2 3o et sqq.

I. Dans sa lettre du 27 août 14S9 à Laurent de Médicis, Pic fait allusion à l'offre adressée aux nonces, à Paris, et plusieurs fois renouvelée, de déclarer se conformer, quant à ses thèses, au jugement du Souverain-Pontife. Lettre publiée par Berti, Rivista contemporanea, Turin, 1859, p. 52.

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entière fût obtenue, « car il s'agissait d'un relaps ' ».

Toutefois, le chancelier et d'autres personnes du parti des nonces, étaient d'avis que Pic fût conduit hors du royaume: aussi ces derniers s'efforçaient-ils de le faire remettre au seigneur de Bresse, qui l'enverrait sous bonne escorte dans un château appartenant au frère du protonotaire Orioli et placé sous la dépendance du même seigneur de Bresse, et d'où l'on pourrait ensuite l'envoyer à Rome. Interrogé, soit avant son départ, soit à son arrivée, le procès-verbal de son interrogatoire serait aussitôt transmis au souverain Pontife \

L'affaire n'allait pourtant pas aussi vite que l'eussent souhaité les nonces. L'obstacle venait-il de l'orateur de Milan qui, mettant à exécution son intention d'en appeler à la Cour de Parlement ^ où Pic comptait de

1. Lettre des nonces au pape, Paris, 19 février 1488, Bibl. Marciana, lat. IX, 12g, fol. 34-48. Appendice V, 3.

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