‹ Pic de la Mirandole en France (1485-1488)Chapitre 32 sur 47 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

3. « De Joanne Mirandulano de quo in ipso brevi fit mentio pluribus litteris scripsimus ad Sanctitatem Vestram iam eum ex hoc regno ignominiose

Parmi les grands personnages qui s'employèrent avec le plus de dévouement pour

pulsum esse. » Lettre des nonces au pape, Mehunsur-Loirc, 21 avril 1488. Bibl. Marciana, lat. IX, 12g, fol. 64. Le bref auquel il est fait allusion ici, avait été remis fortuitement aux nonces le 16 avril, le protonotaire Orioli étant parti le même jour de Tours, afin de se rendre à Rome. Les nonces auraient bien désiré qu'il reculât son départ de vingt-quatre heures pour qu'il pût assister à la remise, entre leurs mains, des évèqucsrcbcllesjc'étaitaussi ledésir de la cour, mais Orioli refusa d'y accéder et partit ce même jour. Le bref en question se trouvait dans un paquet de lettres à lui adressées et qui allait être remis, en son absence, au chancelier de Paris, Ambroise de Cambray. Les nonces faisaient remarquer au pape l'inconvénient qu'il y avait à ne pas faire porter par courrier spécial des documents de cette importance. « Ce chancelier de Paris est à considérer pour qu'il ne nuise pas, disaient-ils, mais il ne faut nullement s'y fier. Libenter enim diiabus sellis sedere solet. » Ibidem. (Sur ce proverbe, voir Erasme, Adagiorum Chiliadis primœ centuria VII, Bâle, i536, in-fol., p. 233.) Ce jugement concorde assez bien avec ce que nous savons du personnage. Voir Gaguin, Compendium, in vita Ludovici XI {éd'xx. de i5ii et i328), fol. cclxxii r°, et sa biographie dans Launoy, Regii Navarrœ Gymnasii parisiensis historia, t. II, pp. 952-955. Le protonotaire Orioli était tenu en suspicion à la

sa délivrance, figure au premier rang le comte dauphin, Gilbert de Montpensier ',

cour, et le chancelier du royaume, Guillaume de Rochefort, n'hésitait pas à dire aux nonces qu'il ferait bien de ne plus revenir en France. Lettre de Chieregato au pape, Tours, 29 avril 1488, dans Ljubié, Z)zs;?<3ccf,... p. 53. — La Bibliothèque nationale possède un autographe d'Ambroise de Cambray : c'est son ex libi-is, manuscrit placé à la fin du commentaire de Robert Holkot sur le Maître des sentences. Ms. lat. 15884 (anc. fonds de Sorbonne). Il est ainsi conçu : « Est Ambrosii de Cambray jiiris utriusque doctor Cancellarius ecclesie et universitatis parisiensis die seciinda Julii 148/. A. de Cambray. » Fol. 94 V. Sur le plat du volume, Holkot super sententias (fin du xv° ou commencement du xvi<^ siècle). — On trouvera de précieux documents biographiques sur Ambroise de Cambray dans le journal autographe de son décanat in facultate decretorum. Mémorial de la Faculté de droit (Arch. II), t. 2, du fol. x au fol. lxxvij. (9 novembre 1475-28 octobre 1481.) Cf. également la préface qu'il adressa à Pierre Doriole, chancelier de France, in Alani Quadrigarii libellum wora/em. Bibl. nat., ms. lat. 5870, fol. 5o ro-55 r°.

I. Le comte dauphin, Gilbert de Montpensier, avait séjourné à Rome en 1.4.85. Il y entrait le 9 février à la tête de l'ambassade d'obédience envoyée par le roi de France [Burchardi diarium, t. I, pp. i38 et sqq.). Il prêtait serment au nom de

que les prières et rintorvcntion de sa femme, en dehors de ses sympathies personnelles, avaient favorablement disposé pour lui ; de nombreuses lettres lui arrivaient également d'Italie, où il comptait beaucoup d'amis, tant à la Cour de Milan qu'à celle de Rome, le priant d'user de la grande influence qu'il exerçait sur le roi pour le rendre favorable à la cause du jeune comte de LaMirandole'. Quant à ce dernier, il avait promis, muni de ce puissant viatique qu'étaient les lettres du roi très chrétien, de se rendre à Rome. Le bruit courait qu'il avait fait route par l'Allemagne pour éviter la Savoie et leDauphiné et dans la crainte d'être dépouillé de ses bagages par le gouverneur Philippe de Bresse. Peut-être redoutait-il quelque piège ; c'était du moins l'opinion des nonces à qui il s'était ouvert de son désir d'aller en Alle-

Charlcs VIII le 12 du même mois (/èi'tfem, p. i38). Le 20 mars, le pape lui remettait la rose d'or {Ibidem, p. 142). Il avait fait route avec Balue qui retournait en Italie, et s'était arrête à Milan (Bibliothèque nationale, Fr. 2916, fol. 4, orig. sur pap., lettre de Baluc à Charles VIII). Cf. supra, p. 46, note i. 1. Appendice V, 4.

magne, particulièrement pour voir la bibliothèque du cardinal de Cusa et pour acheter des livres. Et les nonces d'ajouter, avec une insistance qui montre combien amer était leur ressentiment : « Toutefois, en ce royaume il a été atteint et dans son honneur et dans sa bourse, grâce à ce que nous avons opéré à Lyon et à Paris, et avec ignominie il en a été chassé '. »

Suivant eux, Pic devait se rendre soit à Rome, soit en une ville d'où il demanderait sa grâce au pape. Et ils ajoutaient : « Nous avons appris que dès qu'il se sentit prisonnier du comte de Bresse, il brûla tous les livres et tous les papiers qui auraient pu le compromettre, si bien qu'il fut inutile de faire l'examen des livres et autres documents qu'il avait gardés par devers lui \ »

1. Appendice V, 4. — Cf. l'étude et le catalogue publiés dans le Serapeum (Leipzig, 1864, in-8°), t. XXV et XXVI, par Fr. Xav. Kraus : Die Handschriftensammlting des Cardinals Nicolaus von Cusa. D'après Kraus, les manuscrits du cardinal étaient au nombre de trois cent sept, dont quatre manuscrits grecs et cinq manuscrits hébreux.

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