‹ Pic, repic et capot, comédie en deux actes, en versChapitre 11 sur 19 · NINON, COLIGNY · texte numérisé non relu

NINON, COLIGNY

NINON

N'est-ce pas Villarccaux qui vous quitte ?

COLIGNY

Lui-même; et je lui sais bien gré de son départ, Puisque enfin, giâce au ciel, je puis vous faire par( ..

NINON

Est-ce (îonc mon abord qui l'éloigné si vite, .\Iarqui^?Et savez-vous si c'est moi qu'il évile?

COLIGNY

Il m'a (lit qu'une affaire urgente l'appelait. Mais b.M^sons de côté Villarceaux s'il vous plaît, Et peiiiietlez qu'enfin

NINON

Marquis, un mot de grâce Villarccîux s'esf-il plaint à vous de sa disgrike? Ou d'aptes ses discours n'avez-vous pas compris?...

COLIGNY

Ah ça, Ninon, c'est donc chez vous un parti pris De me jeter toujours Villaiceaux à la télc?

NINON

Plus qu'une question, mar(iuis, et je suis prèle A vous entendre.

Soit.

MNON.

Quand il vous a (|uiat-.

Scmblail-il inquiet?

COLIGNY

Non.

NINON

Triste, dépité?

COLIGNY

,Non; de son cœui', l'ivresse au contraire s"évade Avec mille transports.

NINON

J'entends; pui-e bravade!

COLIGNY

Non pas; à la façon dont il se rengorgeait

NINON

Il me semble pourtant qu'il n'en a pas sujet.

COLIGNY

Sans doute ; lorsqu'on perd un cœur comme le voire, ("est un maigre profit que d'en gagner un autre; El, bien que Villarceaux triomphe en ce moment. Je suis loin d'envier

NINON

Il triomphe! comment?

On peut le supposer, sans outrager la belle, Puisqu'il a pour ce soir rendez-vous avec elle.

NINON

La belle! qui cela?

COLIGNY

Qui? madame Scaron.

NINON

Raillez-vous, marquis?

COLIGNY

Non; il n'est pas fanfaron Au point de publier d'avance une vicloire

NINON

Et c'est lui qui vous a conté?...

COLIGNY

Toute l'histoire.

NINON

Est-il possible? quoi! sans avoir combattu, Se rendre en un seul jour, elle dont la vertu Contre tous les assauts veut paraître aguerrie, Elle, elle qui faisait si fort la renchéiie ! C'est ce soir, dites-vous, ce soir qu'elle l'attend ?

COLIGNY

Ce soir.

Je veux qu'elle ait un revers éclatant ; J'irai chez elle, avant qu'elle soit avertie; Vous aussi! vous serez, marquis, de la partie.

COLIGNY

Non pas; non , s'il vous plaît ; allez-y, c'est fort bien. Mais pour moi, je n'ai rien de commun

NINON

N'est-ce rien, N'est-ce rien que de voir la vertu pantelante IJràmer et succomber d'une façon galante? Oui, vous viendrez, marquis; car je prétends du moins, Autour de sa défaite ameuter des témoins, Et fiez-vous à moi, nous aurons du scandale.

COLIGNY

.Mais encore une fois, clans un pareil dédale...

NINON

J'ai besoin de rester seule pour me rasseoir; A tantôt.

COLIGNY

Mais.

NINON

Ce soir ou jamais.

A ce soir

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