VILL.^RCEAUX, à M™': Scaron
Madame, je comprends qu'un tel aveu vous coûte ; .Mais daignez par pitié me laisser espérer, Ou vos yeux sur-le-champ me verront expirer.
jr"^ SCAROX.
Ne mourez pas, marquis.
__ is —
VILLARCEAtX.
Il se pourrait!...
Silence!
COLIGNV, il Ninon.
No tenez pas mon cœur plus longtemps en balance.
VILLARCEAL'X.
Répondez à l'ardeur que mon âme ressent.
NIISO.X, ù Coligny.
Que vous êtes pressé !
M""' SCARON, à Villarceaux.
Que vous êtes pressant !
NINON, haut.
Revenez dans une heure; et, libres de contrainte, Seule à seul, nous pourrons nous expliquer sans crainte.
COLIGNY
Permettez qu'à vos pieds je vous dise merci.
I! so met h genou\.
VILLARCEAUX
Par un seul mot au moins que je sois éclairci.
.M""' SCARON, bas.
Dans une heure, marquis, veuillez ici vous rendre, Et sans déguisement je me ferai comprendre.
VILLARCEALX.
Ail ! madame, merci; souffrez qu'à vos genoux
NINON
(Avec colère.) Elle éclate de rire.
Villarceaux à ses pieds !.. Ha ! ha ! ha !
COI.IGNY
Qu'avez-voiis?
— ly —
M""^ SCARON
Ha! ha! ha!
VILLARCEALX.
Qu'est-ce donc?
NINON
Je ne puis voir sans riii" Villarceaux à genoux.
M""= SCARON
Coligny qui soupire !
NINON
Le charmant dos à dos!
M'"^ SCARON
Le plaisant vis-à-vis!
VILLARCEALX, ii Coligny.
On se moque de nous.
COLIGNY
Ce n'est pas mon avis.
Ninon est en gaité, voih'i tout; c'est bon signe.
Messieurs, vous oubliez, je crois, votre consigne : Pour le lever du roi n'èles-vous pas requis?
COLIGNY
C'est juste.
VILLARCEALX.
Allons-nous-en.
NINON, à Coligny.
Au revoir, cher marquis.
COLIGNY
Au revoir.
VILLARCEAUX, a M^o Scaron.
A bientôt. D'un entrelien si tendre
Combien l'espoir m'est doux!
MNON.
Vous vous faites attendre, .Alarquis, et vos adieux me semblent un peu longs.
VILLARCEAUX, saluant Ninon.
Madame
MNON.
Adieu, monsieur.
COLIGNY
Allons, marquis.
VILLARCEAUX
Allons.
(Ils sortent.;