SCENE VIL
M'"^ DE VILLARCEAUX, M"-" SCAROX.
M'"*" DE VILLAnCEALX.
Est-il bien vrai, madame? Est-ce à votie secours Qu'en cette extrémité, je dois avoir recours?
M'"= SCARON
Hélas! non. Vous pouvez en croire ma parole, S'il sullisait de rompre une inli-igue frivole Pour rendre à votre amour un époux inconstant, Je n'hésiterais pas, madame, \\n seul instant. Mais je n'ai pas sur lui l'ascendant qu'on me prèle. Et c'est toujours Xin.on qui loin île vous Tarréte. Il est vrai que depuis quelques jours, je le vois Plus tendre à mon égard «ju'il n'était autrefois: Cependant, je le dis sans fausse pruderie. Nous en sommes restés sur la galanterie, Et présentement, plus que jamais, j'aurai soin D'emi)èciier qu'il ne cliciohe à s'avancer plus loin. Mais ce n'est point assez, et je veux davantage; Je veux de son penchant tirer quelque avantage, I;t j'emploirai le peu de crédit (|ue j'aurai A ramener vers vous cet époux adoré.
M"'' DK VILLAUCEAIX.
Combien je vous sais gré d'un intérêt si tendre. Madame; mais hélas! que pouvons-nous prélendre?
M""' SCARON
J'y songerai.
M""' DE VII.I.AnCF.AlX.
Je crois que le meilleur moyen.
C'est d'aller le trouver cl
M"^ SCARON
Gardez-vous en bien.
Pour lui votre présence aurait l'air d'un reproche. Il foulque par degrés de vous on le ra|)prochc; Laissez-moi ce plaisir.
M"* DE VILLARCEALX.
J'accepte avec transport.
M"" SCAROM.
Ou plutôt, agissons de concert. Et d'abord, Pour ne point hasarder de démarche incongrue, Venez ce soir chez moi : madame Scaron, rue St. -Louis, au Marais; ^ous saurez jour par jour Tout ce que je ferai pour hâter son retour ; J'empêcherai par là que votre inquiétude Ne renverse mes plans par trop de promplitiide.
M""^ DE VILLARCEALX.
Ne craignez point cela : que font quelques instants. Madame? voilà plus de deux ans que j'attends.
M""' SCARON
A la bonne heure. Il va venir; je vous renvoie.
M'"<= DE VII.LARCEALX.
Il va venir'.
M""^ SCARON
Adieu.
M'"'' DE YILLARCEAUX.
SoiilTrez que je le voie.
M'"'= SCARON
Nous perdriez tout.
>» M""" DE VILLARCE.VL'X.
^■'' Non.
M""" SCARON
Que font (niehiucs ins(anls.
-Madame? voilà plus de deux ans que j'attends. Hestcz encore un peu dans cette alternative, ^ Jilt laissez-moi d'abord faire une tentative
Pour vous le ramener par un détour adroit.
M'"" DE VILLARCEAl'X.
Avez-vous quelque espoir?...
>!•"'= SCARON
Sans doute! Le bon droit Est de noire c{)té.
M'"*" DE VILLARCEAL'X.
C'est juste.
Et puis, en somme.
Quand nous ne l'aurions pas, deux femmes contre un homme (^est au moins quatre fois plus qu'il n'en faut. Adieu !
M"»' de Villarccaux sort.