LIVRE III
reux I et je ne sentirai plus ià , au fond de ma pensée, ce poids qui m'obsédait I Durant ce peu d'instans qui nous restent encore à passer ensemble , nous pourrons parler d'elle, du moins I
Ces derniers mots, il les avait achevés dans les bras de son vieil ami.
L'idée d'une séparation prochaine semblait avoir redoublé la tendresse mutuelle des deux captifs. Toujours ensemble, ils ne se lassaient pas de ces longs et fructueux entretiens du banc des conférences.
Il était certain sujet néanmoins, sujet bien grave, que Girhardi tentait parfois d'aborder, et que Charney, au contraire, évitait. Le vieillard y attachait trop d'importance pour se laisser facilement décourager. Car, après la réussite, il se fût éloigné avec moins de regrets. Un jour, l'occasion d'y revenir se présenta.
— N'admirez-vous pas, lui disait son compagnon, le sort qui nous a réunis ici tous deux, nous qui, séparés l'un de l'autre par les pays qui nous ont vus