LIVRE I
— Eh bieni Ludovic, soyez mon amil
— Non, non, répéta le geôlier, cela ne se peut pas, eccellenza.W faut tout prévoir, pour faire toujours, demain comme aujourd'hui, son métier en conscience. Si vous étiez mon ami et que vous cherchiez à nous fausser compagnie, aurais-je donc encore le courage de crier à la sentinelle : Tirez I Non, je suis votre gardien, votre geôlier, et divotissimo servo.
Après le départ de Ludovic , Charney réfléchit, et songea combien, avec tous ses avantages personnels, il était resté au-dessous de cet homme grossier, dans les rapports établis entre eux. Quels misérables subterfuges il avait entassés pour surprendre le cœur de cet être si simple et si bienveillant I II n'avait pas rougi de descendre jusqu'au mensonge !
Qu'il lui savait gré des soins secrets prodigués à sa plante I Quoi ! ce geôlier, supposé capable d'un refus quand il ne s'agissait que de s'abstenir d'une méchante action, il l'a prévenu dans ses vœux ! il l'a épié, non pour se railler de sa faiblesse, mais pour le favoriser dans ses plaisirs ; et son désintéressement a forcé le noble comte de se reconnaître son obligé !
L'heure de la promenade étant arrivée, il n'oublia