‹ Picciola (volume 4)Chapitre 97 sur 129 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

soif de connaître, n'est-il donc pas un remède certain, et n'en peut-on guérir ?

Dans un mouvement de colère, saisissant l'un après l'autre les livres qu'il avait devant lui, il les lança vivement contre terre. Un petit papier sortit des feuillets de l'un d'eux, et vola dans la cour. Charney le ramassa aussitôt. Il contenait quelques mots, récemment tracés, et d'une écriture de femme. Il lut ce qui suit :

Espérez, et dites à votre voisin d'espérer, car ni lui ni vous, je ne vous oublie .

[Evangile selon saint Matthieu,)

Charney avait lu et relu vingt fois ce billet, dont le sens ne pouvait être douteux, car parmi les femmes une seule avait été pour lui tout cœur et tout dévouement : et cette femme, il Tavait à peine entrevue, pensait-il, il ignorait le son de sa voix; et si tout-àcoup elle se fût présentée devant lui, il ne l'eût pu reconnaître sans doute. Mais par quel moyen, trompant la vigilance de ses argus, a-t-elle pu lui faire parvenir ces lignes ? — Dites à votre voisin d'espérer. Pauvre fille, qui n'osait nommer son père! Pauvre père, à qui il ne pourra même montrer le souvenir de sa fille 1

En songeant à ce bon vieillard, dont il avait comblé le malheur, dont il lui était interdit d'adoucir la

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